CHAPITRE XXXI
Liberté illimitée de l'bomnic...
Reconnaître à l'homme une liberté illimitée, c'est lui conférer le droit de faire tout ce qu'il lui plaira. La Société est établie pour la solidarité du bien, car là est son avantage, et non pour la solidarité du mal.
Pour se donner la liberté illimitée de la presse, une nation peut-elle répondre de tous ses membres?... La Société a charge d'âmes vis-à-vis du peuple, lequel, n'ayant point le loisir de juger, accepte tout pour doctrine.
Toujours vous prenez l'homme pour bon : et il n'est mis en ce monde que pour le devenir. De là vous avez constamment en la pensée une Société toute parfaite; la Société n'est au contraire qu'un grand système d'éducation. Quand vous en apercevrez-vous? le peuple n'est qu'un enfant.
Allez vers lui, et lui dites : Tu es souverain; il le croit. Tous les hommes sont égaux : il le croit ; associez-vous donc tous ensemble : il le croit ; la propriété, c'est le vol : il le croit ; le capital est à tous : il le croit ; on pourra même s'en passer : il le croit; on va doubler la richesse : il le croit ; on n'a pas besoin d'argent : il le croit; la religion est usée : il le croit; nous t'en donnerons une meilleure : il le croit ; une banque et ses coupons feront tout : il le croit ; la Société reposera sur le crédit : il le croit ; on peut doubler tous les salaires : il le croit; si les hommes ne sont pas heureux, c'est que
les gouvernements l'empêchent : il le croit; c'est toi qui es législateur : il le croit. Oui, tu es beau, tu es magnanime, et tous les peuples te regardent : il le croit! troupier, sabotier ou coutelier, sois nommé représentant et fais les lois : il le croit, part, pose le pied sur la mer, ainsi que le lui a dit son autre Christ... C'est lorsque le pied lui enfonce qu'il désirerait ne plus croire, si l'orgueil
ne l'avait déjà pris dans ses mains
La liberté illimitée de la presse ! ! vous voulez que le peuple appartienne au premier venu*?