CHAPITRE XXXTI
Liberté limitée de l'Église ■'•'!
Donner la liberté de la presse, c'est donner sur le peuple un droit de propriété.
Il ne faut donner la liberté qu'à la vérité de Dieu. Toute la liberté qui importe à l'homme, c'est celle de la bien accomplir.
Pour que vous sachiez ce que vous êtes, observez que pendant soixante ans vous avez proclamé le contraire.
> « Un hT)mme csl impuissant à se frayer une carrière, fait mal ses affaires, compromet celles d'aulrui : il se met conspirateur. Un autre a un tempérament indompté , des passions dramatiques : il se met conspirateur. Un troisième, bercé par l'orgueil , s'endort des années sur un livre auquel le monde ne prend pas garde : il se met conspirateur. D'autres, enfin, voyant en tout la tyrannie, au lieu de refaire leur caractère, veulent refaire la Société; au lieu de supprimer leurs défauts, veulent supprimer la morale : ils se mettent conspirateurs. » — Par la liberté illimitée de la Presse, vous confiez le peuple à ces gens-là.
Sous ces mots : Empiétement du Clergé, vous retiriez la liberté à l'Église. Sous ceux-ci : Liberté de co7iscieîice, vous donniez toute liberté à l'homme... 0 homines!
Puis, on se plaint du renversement de l'ordre moral. On cherche dans le pouvoir le moyen de le rétablir : oubliant que le pouvoir tient lui-même toute sa racine dans le premier. Maintenant que la Société s'écroule avec le pouvoir, le reconnaissez-vous*?
Lorsque vous voudrez sérieusement rétablir la Société en France, vous rendrez à l'Église une liberté qui n'est, après tout, que celle de faire le bien ; vous lui restituerez une puissance qui n'est, en fin de compte, que celle de vous civdiser.
La loi qui a civilisé le monde semble digne d'être conservée dans le monde; et, puisqu'elle est la source et la vie de ses lois, d'être placée avant l'ensemble de ces lois!
Il est plaisant de voir le siècle traiter avec l'Église de puissance à puissance; et comme s'il s'agissait d'un corps étranger, tôt ou tard à extirper d'une nation. De là, des concordats très-sérieux sur ses empiétements en matière de Foi, d'enseignement et de toute juridiction possible !!.. Tant pis pour vous : le pouvoir laissé à l'Église est juste la vie qui vous reste.
Si l'on ne veut pas arrêter la Civilisation moderne, il
» On faisait croire à la Rcsiauralion, parce qu'on sortait de la Révolution , qu'elle nous devait la liberté illimitée de la Presse ; elle avait la propre bonté de le croire. C'est comme si Ton persuadait à une ville qu'il faut laisser entrer les ennemis pourvu qu'ils cachent leurs armes! On a voulu faire croire à la République qu'elle devait bien autre chose : le droit au capital, à l'assistance, à la retraite, à l'instruction graluilo et à tout! Je crains que, moins crédule, elle ne finisse par reconnaître qu'elle ne doit rien, en vérité, que la justice et la paix.
faut rendre à la religion son cours. Tant que vos avocats auront pour philosophie de découvrir les empiétements de l'Église, ils bâtiront des gouvernements de mort. Tant que les peuples auront le fâcheux instinct de les croire, ils descendront dans leurs maux.
Il faut borner la liberté de l'homme ; il faut la rendre entièrement à l'Église ! je vous parle clairement.