‹ De la Restauration françaiseChapitre 180 sur 189 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Le protestantisme sera nn aclicmiuenient vers le Gatholicisme.

Il faut plus souvent réfléchir à la pauvre condition de notre nature, et ne pas trop se récrier contre les faits, contre la pratique de Dieu. Combien l'on admirera les choses du temps, quand on en verra les lois ! A la fin, le monde ne sera rempli que de faits, La sagesse définitive consiste assurément à les comprendre.

Quand on ne les découvre pas, il faut monter plus haut ; mais toujours du côté du Ciel. Le christianisme, voulant un sang nouveau, s'est immédiatement saisi de cette race audacieuse de Japhet, jetée vers le nord, sous les diflîcultés des pôles. Il désira produire immédiatement le grand miracle du monde : l'amour le plus fort dans la plus forte personnalité, c'est-à-dire la sainteté.

Il voulait cette race, il voulait ce sang pour porter le Dieu vivant ! Il fallait une race pratique et non une race uniquement théorique, pour asseoir la religion du cœur. Dans l'Orient, l'abus de l'idée de l'infini dévorait la personnalité sans consistance de ces peuples paresseux, auxquels la nature fournissait tout. Le fatalisme se faisait

sur la nature humaine eftacée. L'inconvénient qu'eût rciiî'ontré le christianisme en Orient, eût été autrement grave que celui qui l'attendait en Occident !

La nature humaine est bien saisie sur la terre dans son milieu le plus favorable ; milieu tel , qu'à la moindre modification on la voit retomber ou en arrière ou en avant. Aidez le moi, voilà l'orgueil ; comprimez-le, voilà les sens. Que la nature favorise l'homme, il reste enfoui sous la matière; qu'elle l'agrandisse par la lutte, il se porte tout dans son moi. Inclinez donc au Midi, les sens reprennent la Foi et la rendent à Y Idolâtrie ; remontez donc un peu au Nord , le moi s'élance dans l'orgueil et donne le Protestantmne^ î Dieu voudrait tout tenter pour élever l'honnne; mais plus il le place haut, plus il l'expose à se briser...

Or le sang du Christ a d'abord exalté le moi,oet la liberté s'est levée la première à ce contact inouï. De là le Protestantisme : en lui ne voyez que la nature humaine, ne voyez que Japhet. Patience! le fier Sicambre peut courber lui-même la tête sous la parole du Sacre ; et la fdle aînée de l'Église, après l'avoir reniée comme Pierre, recevra peut-être le serment !

De ce point de vue de notre malheureuse nature humaine, le protestantisme ne serait autre chose qu'un acheminement vers le catholicisme, quoiqu'il en soit tombé... La réunion s'opérera dans la mesure où, ici-bas, le bien est appelé à triompher. Le bon sens des protes-

* Cette pnissanle loi a dérouté bien des regards... Des philosophes accordent a» Climat la jtroduclion des Doctrines et des civilisations humaines ; ils démontrent que c'est le site qui a créé les lîelit;ions ! Précieux philosophes, bien faits pour élever des lapins...

lânts en sérâ la cause; eeâ derniers événements répandront tant de lumière t

Si cette révolution ne nous emporte, elle sera la plus grande Révolution religieuse qu'on ait vue. Les consciences vont faire maintenant le chemin. Toutes ces Foi poussées sur l'homme viendront se fondre dans la grande et souveraine tradition : toujours si la civilisation est sauvée ! . .

Il est désormais trop visible que le monde périt parce que l'autorité s'éteint. Ceux qui Tout attaquée dans l'ordre spirituel, voient maintenant le coup retentir jusqu'à l'extrémité de l'ordre temporel. On discutera encore quelque peu, parce que l'esprit ne saurait s'humilier le premier; mais quand on en viendra à la pratique, la question sera vidée. Le protestantisme, le libéralisme, le socialisme ne sont que les trois crans de la même pensée. Quand toutes ces poUtiques seront discréditées, la religion qui les a produites tombera sous elles.

Il en fut de ces politiques à l'égard de la réalité, absohmient comme du protestantisme à l'égard du catholicisme. Le premier s'empare des livres saints, prélève la fleur de la théorie, il déduit, il déduit; celui-ci met tous ses soins sur ce qui nous est praticable. Manquer les Sacrements, c'est manquer l'homme ; comme manquer l'autorité, c'est manquer la politique.

Le protestantisme fait germer la nature de l'homme, mais ne sait l'élever à ses fins. Quel beau printemps que Werther ! Ces cœurs-là, au moyen âge, se fussent épanouis dans la sainteté. Mais le moi, comme un insecte, se pique de son dard quand il est pris. Werther, Werther, tes jardins d'outre-Pihin, et même des bords de la

Tamise, de la Néwa et de la Seine portent encore ta douce plante. Ne sachant où se rafraîchir, le siècle vient cueillir la perle des nuits sur cette fleur du matin... Car le siècle voit bien éclore quelques Heurs; mais il ne cueille plus de fruits...

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