‹ De la Restauration françaiseChapitre 181 sur 189 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

D'un antre poiut de vue important pour voir la marche des cli09ei>,

La création n'est qu'une avance, et il faut que l'homme se forme. Ceux qui ne comprennent pas ce point, n'auront jamais la notion de la liberté. Dès lors toutes leurs idées sur ce monde seront fausses.

La question, telle qu'elle a été offerte à Adam, l'est de nos jours à la Société. On l'a aidée, jusqu'à présent, à se former à l'abri de la force. A la faveur de ce moyen étranger, la nature humaine s'est commencée.

Mai^, nous quittons les langes de l'autorité. Je parle en thèse générale, et non relativement à nous; car ii faudra brusquement les reprendre si l'orgueil reste sur nous...

L'arbre du pouvoir du bien et du mal vient d'être off'ert à la Société. Combien durera cette seconde époque? Rappelez-vous le temps et les guerres qu'il a falhi, seulement pour établir la Société avec l'aide de l'autorité ! La chose humaine est autrement difficile . Cependant si l'humaine nature veut s'élever à cette seconde gloire d'arriver aune Société de vertu, c'est-à-dire de liberté, au lieu d'être d'autorité, l'époque de fondation sera courte. La liberté a constamment le mal à deux pas. L'extrême

danger la guidera. Ah! comme tout avancerait sans l'orgueil, c'est-à-dire, si l'homme ne prenait pour lui les progrès qu'il fait pour Dieu !

Or voici le fait : il faut que la liberté aille elle-même au-devant de h loi, et qu'elle s'identifie avec la loi; au lieu d'identifier la loi en elle et de la dévorer.

Il ne s'agit plus d'établir l'ordre dans la liberté ; mais la liberté dans l'ordre ! Ces dix-huit siècles de christianisme ont fait d'avance ce qu'ils ont pu dans la nature humaine. En ce jour elle n'agira qu'en vertu des forces qu'elle a su puiser.

L'autorité se retire ; de plus en plus la Société moderne ne dépendra que d'elle-même; le temps de la préservation s'achève. Si nous avons recueilli dans le christianisme assez de vie, nous nous sauverons. Si nous n'en avons pas assez recueilli , nous périrons sous cette épreuve, que Dieu avait offerte d'abord à Adam, qu'il offre aujourd'hui à la Société humaine, toute sortie de lui. ..

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