, 142 — CHAPITRE III
Oà est le Gonvememeut.
On ne fait tant de politique que parce que la religion est absente. Si les esprits étaient gouvernés, vous n'auriez pas besoin de tant de gouvernement pour le reste.
Mais votre erreur vous ramènera.
Vous croyez qu'on gouverne la Société du dehors. Rappelez-vous qu'on ne gouverne pas les hommes. Les hommes sont des âmes; on ne les touche pas d'ici-bas.
La Société au contraire se gouverne (c'est-à-dire se meut) du dedans au dehors. Les grands pouvoirs, les plus grands hommes, qui vous semblaient la gouverner, étaient gouvernés par elle. Ils étaient portés sur les croyances , comme le bateau qui flotte «ur le cours (Je l'eau.
Singulière idée vous avez de la Société, c'èst-à-dire de la grande entreprise de Dieu ! des hommes la pourraient conduire î... La Société porte son gouvernement dans sa partie invisible. Restez devant, elle passera sur vous.
Vous ne menez pas les faits, ce sont les idées ; et vous ne menez pas les idées, ce sont les consciences. Vous entrez dans la politique, vous êtes dans le champ stérile.
Les faits provenant des idées, et les idées des consciences, vous n'aurez d'autre pouvoir sur l'homme que celui que vous aurez sur l'âme.
Accroissez-y la religion ; si vous pouvez, usez de phi-
loso{)hie pour faire lumière sous le dogme ; avancez sa vertu pour agrandir son domaine; soyez en un mot un grand génie ou un saint; mais rappelez-vous cette loi :
La Société résulte du rapport où se trouve la conscience avec Dieu.
Maintenant, gouvernez !