CHAPITRE ÏV
On se ticul la Société,
Il faut répéter cette vérité ilaSociété résulte toujours du rapport où se trouve la conscience avec Dieu.
La justice et la charité, c'est-à-dire ce qui fait la mesure de votre état politique et de votre état moral, résultent de ce rapport.
L'homme n'a pas deux consciences : tel le degré de sa délicatesse en elle-même, c'est-à-dire vis-à-vis de Dieu, tel le degré où elle se trouve vis-à-vis des hommes.
L'état de la civilisation est juste celui delà conscience. Or l'état politique, c'est- à-dire l'état des lois préventives et répressives, devient juste celui de la civilisation. Travaillez sur vos codes, sur vos constitutions, sur l'État, vous faites de l'ouvrage de singe*. Rien ne dépasse la conscience. Vous sentez que l'homme a sa force quelque part, contre laquelle on ne peut rien.
Dans la nature, quelle compression arrêterait une loi? la gelée fait fendre la pierre. Le xviii'' siècle entier ne
1 Le moment vient où les journaux tomberont. L'homme s'apercevra où réside la puissance.
fut-il pas élevé chez les jésuites? C'était trop tard ; une autre loi tenait déjà les consciences. Pénétrez les consciences d'un fait; devant cette force, aucune force.
Il n'en est plus de la conscience comme de notre esprit. On dit qu'heureusement , dans la pratique , l'homme ne se conduit jamais pleinement d'après la théorie dont il peut se trouver imbu. De la conscience vient précisément ce bon sens qui accourt se placer impersonnellement, souvent imperceptiblement , au moment de la pratique.
L'homme est fixé quelque part, c'est à sa conscience. Il s'agitera plus ou moins autour, comme l'oiseau pris, dans le chaînon qui le retient. Mais en définitive, et vers le total, l'homme retombe toujours de ce côté, comme un corps sur son point le plus lourd *.
Vous sentez bien que l'homme, la Société, l'état du monde ne peut dépasser l'état de la conscience ! Ne soyez donc plus comme des enfants, qui ne regardent qu'au dehors.
Avancez d'un pas la conscience, le système entier de la civilisation aura avancé d'un pas. Il faut répéter cette vérité, que notre époque surtout devra se rappeler :
La Société résultera toujours du rapport où se trouve la conscience avec Dieu.
> La force n'est que dans le dogme. Pendant Pintervalle on fera bouger le genre humain, mais il retombera sur sa place.