CHAPITRE VIII
Du règne politique.
Cette époque est tout simplement le règne de la politique substitué à celui de la religion; autrement dit, le règne de l'homme substitué à celui de Dieu.
L'homme veut que la politique règne : jugez comment elle règne ! Quel appareil immense ! quelle quantité de rouages ! que de gens employés à en réparer les dégâts ! Ce qui est fort a donc besoin de tant d'aides? Louis XIV, lui-même, eut-il cette innombrable armée d'employés de toutes sortes qui, comme un fdet, couvre la France?
Et cependant quelle faiblesse ! Jamais fut-il à )a foi^ çtplus et moins de gouvernepient? Jamais Société çpû^^t-elle plus de force pour être moins fortifiée? La ^pcjété! elle ne repose que sur l'armée; et l'armée, que sur les gendarmes. J'adjure tout homme de conscience de dire s'i^ vit jamais et plus de gouvernement et moins de société !
Vous l'apprendrez, la Société n'est pas en proportion du gouvernement. Aucontraire, elle est en raison inverse. Vos forces politiques sont la mesure de votre faiblesse.
Le moment approche où cette civilisation ne fera p^s ses frais. C'est ainsi que s'arrêtera ce temps de la servi-^ tudedeThommo. Vous vouliez de l'humain, vous saurez ce
quelesmî)yenshumains coûtent! Vousvouliezl'institution à la place de la conscience, vous saurez ce que coûte et produit l'institution ! Payez dix militaires, quatre employés et deux mouchards où il n'y avait qu'à nourrir un prêtre. Je vous en préviens, vous ne ferez pas vos frais.
Ce qui gouverne ne vient pas de l'homme. Même sur la terre, on ne saurait subsister par les moyens humains.