‹ De la Restauration françaiseChapitre 92 sur 189 · CHAPITRE XLII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLII

Le Inxe a créé la misère, l'Assistance l'achètera.

La misère du peuple viendra de ceux qui veulent l'abolir. Il restait à lui ouvrir cette dernière source. 11 faut parler à l'homme de surcroît d'effort, on ramollit son âme au rêve d'un surcroît de bien-être ^ ! Ces hommes ne prévoient même pas la chute du peuple, par la multiplication des pauvres.

Le premier effet de l'assistance serait de détruire en l'homme le principe de l'activité humaine, et cette précieuse prévoyance de l'avenir que Dieu s'est vu jbrcé de lui imposer pour le tenir au travail. Croyez-vous être plus

* J'eusse dû m'étendre moins à ce sujet : car si l'on en venait à l'Assistance, le résultat serait au but ce qu'une goutte est à la mer. Le malheur est de répandre une idée qui énerve Tesprit si crédule du peuple. Oétournant la doctrine de l'Assistance , j'écris en faveur de l'assistance !

forts que Dieu ? croyez-vous remplacer d'office la nécessité? La question est toute là.

Faites seulement une loi d'après laquelle l'État nourrira les enfants, et puis aussi les femmes ; après, vous verrez ce qu'est l'homme, et de combien Dieu s'est trompé ! En ce moment déjà, ceux qui comptent sur le socialisme, ou sur cette loi d'assistance, ne peuventse remettre au travail. Si vous êtes économistes, calculez ce qu'a eu de ruineux pour le paysan cette simple attente, et osez continuer! — Enfin c'est bien là un fait, que, depuis Février, sur de pareilles espérances, près d'un tiers du travail de vingt mois de la France a été aboli !

L'industrie a commencé la misère, la corruption l'a continuée, il ne fautque.l'Assistance pour l'achever.

A vous écouter, on croirait que vous avez pour les hommes plus d'entradles que n'en a eu notre sainte religion ! Au moins regardez ce qu'elle a fait : deux choses auxquelles pendant quatre mille ans les hommes n'ont même pas songé ; deux choses auxquelles, depuis, vous n'avez pas bien pris garde, à savoir : l'Hôpital, pour les malades ; la Charité, pour les vieillards et les enfants, ô Monde, que vous avez abandonnés! C'est-à-dire qu'elle n'a assisté par une institution que l'homme off'ert pieds et poings liés à la nécessité.

Non, il ne faut pas « transporter le christianisme de l'individu dans la conscience du gouvernement » ; non, il ne faut pas « une loi organique de l'assistance », « une taxe des pauvres », « un ministère des nécessités fraternelles » ; il faut la sainte Église catholique, apostolique et romaine, vivant au milieu de nos cœurs...

Et il nous faut d'autant plus cette sainte Église pour

— il 8 — les convier à la charité, que l'époque devra venir en aide à une misère double, celle qui sort de la corruption, et celle qui résulte du déplacement que l'industrie depuis un siècle a opéré sur les villes*.

Pour améliorer le sort du peuple, prenez le vrai chemin ! Créez du travail , par la vertu ; produisez du capital, par la modération dans les jouissances; protégez les intérêts, par la justice ; donnez la sécurité par la loi et par la foi, afin que la religion ramène la paix entre les hommes, cette paix qui naît de l'humilité et de l'amour. Si ces classes tant à' plaindre redevenaient chrétiennes avec vous, d'abord elles travailleraient et vivraient dans l'économie, ensuite on les verrait s'associer contre le malheur par la Cotisation volontaire.

Les esprits sûrs, ceux que la pratique guide, et je ne parle point pour les cœurs vaporeux, retrouveront au bout de toutes leurs investigations cette pensée :

Assistance individuelle. Oui ; et multipliée, décuplée, s'il se peut, par la religion. Assistance publique. Non. — Fermez vos lois aux abus, et ouvrez tout votre cœur aux pauvres. Les vieux moyens ! Nous n'avons qu'une ennemie : étouffez la corruption, vous détruirez la MISÈRE... au moins autant qu'il est donné ici-bas.

Mais vous dites : L'abolition du vice serait-elle réellement l'abolition de la misère? Vous plaisantez ! Dieu n'aurait pas mis la nature au point suffisant pour que le tra-

* II y a sur nous une dernière misère. La charité dépend autant de la dignité de la main qui reçoit que de celle de la main qui donne. Autrefois, lorsqu'il y avait dans les classes ouvrières une émulation de vertus et d'cfl'orts, on aimait à donner, parce qu'on soulageait le malheur. On sait qu'on soulage aujourd'hui les résultats du vi<je. Cette idée tarit I9 cbarilé. Retournez à Dieu par tous les moyens !

vail et la vertu en pussent tirer du pain ? Votre prévoyance sociale dépasserait peut-être la prévoyance de Dieu !

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