Guyon, loc. cit., p
même l'invasion par le pus d’un abcès voisin qui vient s'ouvrir à son intérieur, ce n’est pas là une règle générale.
Il reste très possible d’ailleurs que ces urines ren- ferment en grande quantité des éléments pathogènes tout en demeurant indifférentes à un organe sain, le lèsent au contraire quand celui-ci présente des altéralions anciennes même légères et ne s'étant auparavaut manifestées d’aucune façon.
Comme le fait justement remarquer le professeur Bouchard (1), le bacille typhique traverse le tube digestif de beaucoup de Parisiens, sans les infecter. L'infection a besoin d’être préparée par une prédisposition spéciale du tube digestif. Quelle que soit la cause de cette prédisposition, qu’elle résulte de la dilatation de l’estomac ne sécrétant plus qu’un suc gastrique pauvre en Hcl, ne parvenant plus à détruire suffisamment les germes infectieux qui ont pénétré, ou qu’elle dépende d’autres facteurs encore, la remarque n’en persiste pas moins.
Une dernière cause de la fréquence de ces phénomènes, de la dysurie, du spasme urétral, de la rétention vésicale, nous paraît devoir être signalée. On sait la fréquence de ces manifestations dans les
1. Bouchard. « Moyens de défenses de l'organisme contre les microbes. Thérapeutique des maladiesin fectieuses. Paris, 1889, p. 91.
Re
affections du rectum. surtout dans les affections douloureuses. Une fissure à l’anus, une ulcération rectale inflammatoire ou cancéreuse, un corps étranger amènent très souvent des retentissements sur la miction analogues à ceux que nous venons d’énumérer. Pourquoi, dans la fièvre typhoïde, une ulcération, comme on en trouve assez souvent dans le rectum même, ne serait-elle pas suffisante à produire cette irritation à distance. Cette interprétation demanderait à être vérifiée par de nombreuses autopsies. Cliniquement il nous semble en avoir observé un cas non douteux. La malade de l'observation XII, eut en effet des douleurs anales et rectales horriblement vives pendant quelques jours. Pendant ce même temps, elle eut des mictions très fréquentes et excessivement douloureuses. Au ténesme rectal répondait le ténesme vésical. Or, dans ce cas, pas de fissure anale. quelques hémorroïdes insignifiantes seulement. Il paraît logique dans ce cas de faire intervenir l’explication que nous venons de donner.
Nous ne saurions insister sur ce chapitre de pathogénie qui ne peut être ici qu'une simple esquisse. Il nous paraît cependant plausible que la raison de ces manifestations de contracture et de paralysie urétro-vésicales, doit être recherchée d’abord dans les antécédents personnels pathologiques du sujet, qui mettent la vessie en état de moindre résistance et qui permettent à la toxine typhique de se porter plus facilement sur ce terrain ainsi disposé.
Les cystites, les lésions d’hémorragie ou de gan-