De la retroversion uterine pendant la grossesse
Organe de la gestation, appelé par suite même de se évolutions physiologiques à subir des changements notable de situation, de direction, de forme et de volume, l’utérus est à peu près flottant et comme en équilibre dans la cavité du petit bassin où il est situé sur la ligne médiane, audessus du vagin, entre la vessie et le rectum. Son fond répond à peu près au sommet de la vessie et au niveau du détroit supérieur, dont le grand axe se confond sensible ment avec le sien.
L’organe gestateur est plus ou moins solidement fixé par six ligaments, en partie fibreux et dont les parties musculaires se développent surtout pendant la grossesse (Boivin, Deville, Hélie et Chenantais (1), Guyon (2)). Ce sont : les ligaments antérieurs ou vesico-utêrins peu importants,
1. Recherches sur la disposition des fibres musculaires de l'utérus développé par la grossesse , par Th. Hélie, avec Atlas de dix planches par M. Chenantais. Paris, 1864.
2. J. C. F. Guyon. Etude sur les cavités de l'utérus à l'état de vacuité. Paris, 1850, n° 48.
d’après M. Richet (1) et qui, chez certaines femmes, n’existent qu’à l’état rudimentaire ; les ligaments latéraux ou larges qui jouent au contraire un rôle très-important dans l’histoire physiologique et pathologique de la matrice; ils s’opposent efficacement surtout à la déviation latérale de l’utérus et par les ligaments ronds ou sus-pubiens contenus dans leur repli ou aileron antérieur, luttent avantageusement contre le renversement du fond en arrière ; enfin les ligaments, postérieurs utéro-sacrés ou recto-utérins qui, de la portion médiane et postérieure du col, vont, en divergeant, se fixer en arrière, sur les bords latéraux de la région moyenne du sacrum et qui, pour Mme Boivin, « sont non moins propres que les sus-pubiens à conserver au viscère sa situation normale ; car, si ces derniers empêchent le fond de se renverser en arrière, les premiers empêchent le col de se porter trop en avant. ►
Des expériences de M. Richet, il résulte que les ligaments postérieurs ont une action telle qu’il est * souvent impossible de mettre l’utérus en rétroversion complète tant qu’ils sont intacts » même après la section des ligaments larges. D’après Malgaigne (2), ils constitueraient le seul obstacle à l’abaissement de la matrice. En réalité « ils partagent, avec les ligaments larges et le péritoine qui ferme la cavité pelvienne, la fonction de suspendre et de fixer nonseulement l’utérus, mais encore le vagin » (3). Contrairement à M. Richet, M. Bennett considère le vagin comme le principal soutien de la matrice. C’est aussi l’opinion
1. A. Richet. Traité pratique d'anatomie médico-chirurgicale, 4e édit. Paris, 1873.