SYMPTOMES GÉNÉRAUX
Ces symptômes n’apparaissent pas d’habitude au début de la rétroversion ; parfois, ils sont peu marqués et peuvent ne pas exister. Ils sont, en effet, le plus souvent, secondaires et en rapport avec les lésions qu’amène Eenclavement de l’utérus gravide rétroversé, avec l’inflammation de la vessie, des intestins, de l’utérus et surtout du péritoine ; ils sont quelquefois amenés par l’excès des douleurs, la métrorrhagie, l’affaissement nerveux qui suit un ensemble de désordres aussi formidables. On comprend qu’ils soient souvent fort légers ou n’existent pas dans les cas de
terminaison favorable, dans les cas de réduction spontanée. On peut donc noter, à un degré plus ou moins marqué, suivant la gravité des cas, un mouvement fébrile plus ou moins intense, de l’agitation, une anxiété continuelle ; la soif est vive, la langue desséchée.... Dans les cas défavorables, les phénomènes s’accentuent, on observe les accidents qui, dans le cours d’une péritonite, annoncent une fin prochaine : lèvres fuligineuses, délire, hoquet... . La mort survient au milieu des symptômes ataxiques et adynamiques.
Observation XXII
Claudine Bourget, 38 ans, entra à l’Hôtel-Dieu de Lyon le 9 février 1811. Elle était au cinquième mois de sa cinquième grossesse et éprouvait depuis le deuxième, des accidents qui avaient commencé par de vives douleurs dans la région hypogastrique. A son entrée à l’hôpital, le ventre était proéminent et tendu jusqu’au dessus de l’ombilic; le plus léger contact produisait de vives douleurs. Les urines et les selles étaient supprimées ; la malade éprouvait dans les cuisses et dans les jambes une anxiété continuelle qui l’excitait h les agiter sans cesse. Elle avait une fièvre continue avee des redoublements irréguliers, accompagnés de délire ; faiblesse extrême ; faciès hippocratique. Viricel reconnut une rétroversion complète de l’utérus, qu’il essaya vainement de réduire. L’état fâcheux de la femme l’engagea à cesser toute manœuvre ; 36 heures après, elle était morte.
A l’autopsie, on trouva la vessie extraordinairement développée : elle occupait, de l’un et de l’autre côté du ventre, l’intervalle compris „ entre la crête et le rebord des os iliaques, et s’élevait à quatre travers de doigt au-dessus de l’ombilic ; sa paroi antérieure adhérait à l’abdomen ; sa muqueuse était pblogosée ; l’urine qu’elle contenait, était brunâtre, fétide, chargée de mucosités. Le canal de l’urèthre, trèsallongé, se recourbait sur la tumeur que faisait la matrice rétroversée. Ce dernier organe, développé comme à cinq mois, était sain tant à
l’inlérieur qu’à l’extérieur : il contenait un fœtus dont un pied répondait à l’orifice utérin. Cet orifice, placé très-haut, était dilaté; sa lèvre antérieure était confondue avec la portion voisine du vagin; la postérieure était distincte, mais très-amincie. Les membranes amniotiques étaient rompues, et une grande partie des eaux s était écoulée. Le fond de la matrice pressait sur le périnée, et se trouvait au niveau de l’ouverture anale. Les ovaires et les trompes étaient sains (Martin, de Lyon).
Observation XXIII (1).
Une femme de 26 ans, très-forte, mariée depuis quelques mois, occupée à des travaux pénibles, éprouvait depuis quelque temps des douleurs dans les lombes et à l'hypogastre, quelquefois de la constipation et de la douleur en urinant , lorsque le 14 mars 1813, enceinte de trois mois environ, ayant sur le dos un sac très-pesant, elle fit une chute. Dans le même moment, douleur vive à l’épigastre avec un sentiment de déchirement dans les lombes ; elle fut conduite chez elle. Depuis ce temps jusqu’au 17 du même mois qu’on l’amena à l’hôpital, elle avait beaucoup souffert: constipation opiniâtre, impossibilité d’uriner, sentiment d’un poids insupportable au fondement, fièvre continue. Ventre généralement douloureux, surtout en bas, tendu, rénitent, douleur atroce au fondement et vers les pubis, impossibilité d’uriner et d’aller à la selle, sentiment de chaleur interne et cuissons douloureuses dans l’intérieur des parties génitales, avec gonflement considérable des grandes lèvres et des environs de la vulve ; pouls vif, fréquent, très-serré; chaleur de la peau très-intense; respiration fréquente, pénible, naussées... On crut à une péritonite aiguë. Le toucher est impossible à cause des douleurs atroces qu’il occasionne. Le méat urinaire est difficile à trouver dans les parties engorgées et la sonde ne peut être introduite quelque direction qu’on lui donne.
Le 18, hoquet, continuation de la rétention de l’urine et des fèces. En voulant de nouveau sonder, on trouve un corps dur dans le vagin et on croit à une chute de matrice.