Dr Basham, Union méd., 1859, t. IY
une rétroversion de l’utérus. On réussit à replacer le fonds de l’utérus dans sa position normale ; aussitôt, il s’écoula par la sonde deux à trois litres de liquide. La malade a recouvré en quelques jours une santé parfaite.
Un fait analogue est rapporté par M. Barnes (i).
Observation XXIX.
Mme M..., âgée de 42 ans, fut reçue le 8 janvier 1872, à l’hôpital Saint-Thomas. On la croyait atteinte d’hydropisie. Elle avait eu précédemment huit fausses couches et n’avait jamais amené un enfant à terme. Les règles avaient cessé d’apparaître depuis cinq mois. Trois semaines auparavant, après avoir dansé, elle avait été prise de douleurs dans le ventre qui, depuis lors, avait pris un développement considérable. Elle urinait souvent, mais très-peu à la fois.
13 janvier. — A un premier examen, on trouva le ventre trèsdéveloppé ; les veines superficielles étaient saillantes ; il y avait une fluctuation très-nette que les changements de position de la malade ne modifiaient pas. Une sonde fut introduite dans la vessie et donna issue à plusieurs litres de liquide. Par le toucher vaginal, le docteur Barnes trouva le col de l'utérus placé très-haut, derrière la symphyse du pubis auquel il était accolé ; tout-à— fait en arrière, on trouvait le corps de l’organe qui présentait le volume d’une orange. M. Barnes diagnostiqua une rétroversion utérine produisant secondairement une rétention d’urine. Des cathétérismes répétés empêchèrent la rétention de se produire et quelques semaines après la malade accoucha d’un enfant vivant.
I/inspection extérieure peut encore faire constater un œdème plus ou moins prononcé des membres inférieurs et des parties génitales, le regorgement de l’urine qui a souillé les linges et excorié les grandes lèvres, la partie interne des cuisses ; dans quelques cas, un écoulement assez abondant,
1. Med. Times and Gazette , 1872, et Revue des Sciences méd . de M. Hayem, t. II, 2e liv. 1873.
suite de l’inflammation de la muqueuse vaginale. Dans un cas cité par Martin (le Jeune) , on a pu voir le col de Pulérus apparaître en dehors de la vulve, et se trouver placé en dessous et en avant du pubis. Dans les cas de Grenser (de Dresde), deMayor (de Lausanne) , la vulve entr’ouverte laissait voir entre ses lèvres le fond utérin faisant une saillie plus ou moins marquée. Parfois l’anus est entr’ouvert, le rectum prolabé, le périnée saillant, comme au passage de la tête fœtale sur le plancher du bassin.
Enfin, la vue peut fournir des renseignements sur une modification de position très-importante du côté du méat urinaire et de l’urèthre.
« Quand le mouvement de bascule est très-prononcé, le col de l’utérus entraînant en haut la paroi antérieure du vagin attire avec elle le méat urinaire qui va se cacher sous l’arcade du pubis et même derrière la symphyse. Il est souvent impossible de le trouver et on n’y parvient qu’en tirant sur le pénil de manière à ramener un peu en dehors la paroi antérieure du vagin. De plus, l’urèthre n’est plus un canal presque droit; il contourne maintenant la symphyse pubienne. Il décrit donc une courbe à concavité antérieure et se dirigeant en haut; il se prête, par conséquent, assez bien à la courburede la sonde d’homme.» (Dehous, de Valenciennes).
Dans certains cas, le canal de l’urèthre est entièrement tordu ; le méat, très-difficile à trouver en général, devient alors inaccessible ; le cathétérisme peut devenir tout-à-fait impossible à effectuer.
Palper , percussion, auscultation.
L’abdomen est en général plus volumineux ue ne
Je ferait supposer l’époque présumée de la grossesse. Par le palper on s’assure qu’il est peu sensible et soulevé par une tumeur peu ou point douloureuse ; on sent cette tumeur immédiatement sous la peau ; elle est globuleuse ou piriforme, à grosse extrémité inférieure et remonte plus ou moins haut dans l’abdomen ; en la pressant, on donne à la malade des envies d’uriner et l’on voit souvent sortir un peu d’urine par Purèthre ; elle donne à la percussion un son mat et présente une fluctuation manifeste sur laquelle les changements de situation de la malade n’exercent aucune influence. M. Depaul, dans ses cliniques, insiste sur la sensations de rénitence et de mollesse, qu’offre en général cette tumeur ; on sent Une poche bien circonscrite, distendue par du liquide, et dont les parois minces se laissent facilement déprimer, sans que la palpation y puisse déceler la présence d’un corps Solide nageant dans un liquide. Ce n’est point là la consistance dure, ferme, de la matrice. Parfois cependant on a vu cette tumeur assez dure dans toute son étendue pour embarrasser un instant le diagnostic, comme dans le cas de MM. Pajot et Tarnier ; elle peut même se durcir, se contracter sous la main, ainsi que le prouve le cas suivant.
Observation XXX (1)
Mme M..., monteuse de parapluies, a eu une fausse couche et quatre enfants à terme, tous extraits par le forceps. Le 27 mai 1851, arrivée sans accident au troisième mois d’un sixième grossesse, elle avait depuis deux jours un peu de constipation et dedysurie, lorsque, après une fatigue, elle fut prise de coliques avec pesanteur dans le