Cailletet, th. Paris , n
Observation XII (1).
Le 12 décembre 1872, la femme D... entra à la clinique, étant enceinte de trois mois et demi environ. Elle avait été prise, il y avait un mois, de rétention d’urine, et, pendant six jours il lui avait été impossible d’en évacuer une seule goutte. Un médecin avait inutilement ordonné deux grands bains et du chiendent avec du nitrate de potasse. Après le sixième jour, elle commença à perdre involontairement de l’urine au moindre mouvement ; mais malgré ses efforts, quand elle se mettait sur le vase, elle ne parvenait à expulser qu’une très-petite quantité de liquide. Pendant ce temps, le ventre avait pris un développement considérable qui frappa tout le monde quand elle vint à l’hôpital. On trouvait en effet dans l’abdomen une tumeur qui remontait à deux travers de doigt environ au-dessus de l’ombilic. Cette tumeur avait la forme d’un ovoïde dont l’extrémité supérieure était saillante en avant. On y percevait très-nettement la fluctuation, et il ne fut pas douteux un instant qu’on n’eût affaire à une vessie considérablement distendue.
Par le toucher vaginal, on trouvait le fond de la matrice renversé en arrière et occupant toute la concavité du sacrum ; le col, qui avait les caractères d’un col de multipare, était repoussé en haut et appuyait contre la face postérieure de la symphyse pubienne. Le cathétérisme fit immédiatement disparaître la tumeur abdominale et fut pratiqué plusieurs fois par jour jusqu’au 17 ; ce jour on put constater que le col utérin était plus facilement accessible tandis que le fond était manifestement remonte. Le soir même, la malade put vider seule sa vessie, et le lendemain, M. Depaul constata que la matrice avait repris sa situation normale. Cette femme quitta l’hôpital quelques jours après, complètement guérie. On sentait très-bien derrière la paroi abdominale le fond de la matrice, et l’on put même percevoir les battements du cœur fœtal.
Dans la rétroversion à forme subite, la rétention d’urine