CHAPITRE VIII
L'étude générale des réunions réclame l'examen de la réunion dans les diverses régions du corps.
Mais avant de procéder à l'étude des régions en particulier, je me propose de parler de la réunion des parties similaires, et ce ne sera qu'après celte élude que je m'occu-
pcrai de la réunion dans les diverses localités du corps. Ainsi je passerai en revue le mode de réunion dans les tissus qui se régénèrent par un produit en tout semblable au tissu normal, remettant l'examen des réunions des parties qui se réparent à la fin de la description des divers modes de réunion qui ont lieu dans les tendons, les os, etc.
La réunion immédiate dans ces parties similaires est loin de se faire de la même manière dans tous les organes, et cola est si vrai, qu'elle est lente dans certains, et rapides dans d'autres ; enfin, il est des tendons qui ne se réunissent pas, des cartilages, des fibro-cartilages qui ne subissent aucun changement apparent ou latent de réunion immédiate entre leurs lèv res affrontées.
Les muqueuses ne se réunissent jamais lorsqu'elles sont mises en contact, et cela en raison de leur organisation complexe, des nombreux éléments, si disparates et si dissemblables et de leurs fonctions.
Aussi n'est-ce pas la un organe similaire, puisqu'il y a sécrétion et exhalation : deux conditions qui se contrarient et qui ne permettent pas de tenter avec avantage la réunion immédiate des muqueuses. La réunion ne s'opère dans les organes revêtus de muqueuse, qu'à la condition que celleci soit détruite ou désorganisée.
Comme parties similaires qui se réunissent merveilleusement, parce qu'elles exhalent une lymphe en abondance, ou du sang très-plastique, nous trouvons les membranes séreuses, les tendons.
Malgré la facilité avec laquelle ces membranes fournissent un liquide plastique, il serait impossible d'obtenir la
réunion immédiate, en les niellant en contact par chacun de leurs bords minces, parcela même que celle excessive minceur ne permet pas l'accolement direct. 11 y a donc une condition nécessaire pour que le liquide plastique, déposé sous l'influence d'un frottement, d'une irritation, serve à établir la réunion des séreuses. Il est évident que le problème se résout d'une manière simple, en réfléchissant à ce qui se passe, lorsque, dans les expériences sur les animaux, on voit celles-ci adhérer si rapidement, en les mettant en rapport dans une certaine étendue. Il suffit de les adosser dans l'étendue d'une ligne ou d'une demi-ligne pour que le grand phénomène de la réunion s'obtienne. Sans adossement des séreuses ou inflexion de ces membranes, la réunion immédiate n'est pas possible.
Réunion du Os su cellulaire.
Tonte membrane cellulaire qui entoure les organes creux est susceptible d'exhaler un liquide plastique, lequel sert à la cicatrisation immédiate toutes les fois qu'on a adossé ces diverses parties entre elles.
Soit qu'on ait adossé les séreuses, soit qu'on ait infléchi les parois d'un organe enveloppé de lissu cellulaire, le résultat de l'adossementest l'exhalation d'un liquide plastique qui, après avoir subi certaines métamorphoses, se confond si intimement avec le tissu des membranes séreuses ou celui de la gaine cellulaire, qu'il est impossible de distinguer le tissu primitif du tissu secondaire.
Les autres organes similaires, c'est-à-dire les tendons et les os, n'offrent certainement pas la simplicité de structure des membranes séreuses et du tissu cellulaire; aussi n'estce pas tout à fait sous ce point de vue que je m'en occupe
ici, mais bien parce que les uns sont plus ordinairement entourés d'une gaîneséro-cellulaire, et parce que les autres sont enveloppés d'une partie régénératrice (périoste), qui produitaussi facilement un liquide réparateur que les membranes séreuses.