ET ABLATIONS DES TUMEURS
entrecoupée suffisent, ain6i qu'une douce compression exercée sur la surface de la poche.
J'ai fait beaucoup de ces opérations et avec un grand succès : j'embrasse la tumeur par sa partie libre avec une main , et je la soulève de manière que j'aperçoive sa base dessinée, ou tout au moins de manière à la reconnaître; c'est alors que j'enfonce un long bistouri, à lame étroite, vers la base, de manière à traverser la peau en deux endroits. Une fois la tumeur fendue dans toute son épaisseur, elle fait saillie entre les lèvres de la plaie ; elle est saisie avec des pinces à dents, et quelques fibres et filaments cellulaires qui la retiennent encore sont divisés avec des ciseaux ; on laisse les téguments s'affaisser sur euxmêmes, on les coud en trois ou quatre points, et une compression douce maintient le tout pendant deux ou trois jours. En enlevant l'appareil, on trouve la réunion complète aussi bien entre les lèvres de la plaie qu'entre les parois de la poche.
On sait que l'on a discuté beaucoup et que l'on discute encore pour savoir si la guérison par suppuration est préférable à la réunion immédiate, ,à la suite de l'extirpation des tumeurs cancéreuses. On est loin d'être d'accord làdessus ; car, les uns pensent que la suppuration élimine ce qu'il peut y avoir de délétère dans les tissus environnants, et il en est d'autres, au contraire, qui croient que la guérison est plus certaine et plus assurée lorsqu'il ne s'établit ni travail inflammatoire ni suppuration.
L'expérience prouve que cette question est loin d'être résolue, et il est certain que nous avons été à même d'observer la récidive dans des cas où la réunion immédiate vait été obtenue ; mais il est prouvé, par des faits, que la récidive a eu lieu après la suppuration, et que, d'un autre