ET ABLATIONS DES TUMEURS. 37S
Lorsqu'on suppose que la réunion immédiate peut être tentée, il faut éviter tout ce qui peut provoquer l'irritation, l'agacement de la plaie pendant l'opération.
Voilà pourquoi les tissus doivent être tendus sur la tumeur pour éviter des reprises du bistouri et des dissections renouvelées, qui augmentent les douleurs ; voilà pourquoi le bistouri doit être promené sur la surface de la plaie sans hésitation ; voilà pourquoi il est si utile de soulever la tumeur, de l'incliner dans différents sens, afin de savoir si elle est lâchement unie ou adhérente aux parties environnantes; ces inclinaisons permettent de découvrir le siège des vaisseaux et d'en faire la ligature avant de passer outre. Toutefois si les vaisseaux sont petits, je ne partage pas l'opinion des chirurgiens qui veulent qu'on les lie immédiatement : mais il convient alors d'appliquer sur les orifices des vaisseaux les doigts ou de petites éponges. Il ne faut pas agir ainsi lorsque les artères sont grosses, parce qu'on pourrait laisser épuiser le sujet par l'abondance des pertes de sang, et procéder immédiatement à leur ligature ayant de les avoir divisées, quand cela est possible.
Quand on pratique l'extirpation d'une tumeur, on doit dépasser ses plus grands diamètres, par une seule incision, de manière à la découvrir largement et à ne se servir que dans les cas exceptionnels des incisions en V, en T et en X, parce qu'il est plus facile d'adapter les lèvres d'une seule incision, de les affronter dans toute leur surface. . Lors même que le chloroforme a été employé, on ne peut pas se dissimuler que de nombreuses incisions et une dissection prolongée laissent le malade sous l'intluence du traumatisme et d'un mouvement fébrile que l'on peut prévenir en agaçant le moins possible le système nerveux.
Il est indispensable, pour obtenir la réunion après l'ex-
tirpation de la tumeur, de tarir la source du sang et de ne tenter la réunion que lorsqu'on est sûr que le malade est à l'abri de tout suintement sanguin. La plaie doit être réunie exactement aussi bien par le contact de ses lèvres que par le contact des parois entre elles ; s'il existe le moindre espace entre ces parties, il se fera un épancbemenl séro-sanguinolent et la réunion n'aura pas lieu. Dans les cas où il est impossible d'éviter un intervalle, on doit placer entre les lèvres de la plaie une lame d'amadou, pendant peu de temps, pour absorber les liquides, de manière à permettre le rapprochement des parois et des lèvres de la plaie. C'est â la suture entrecoupée qu'il faut avoir recours pour maintenir les surfaces en contact. Si l'on a été forcé de tailler plusieurs lambeaux par deux doubles incisions (incisions cruciales), on les introduira, adossées, dans l'intérieur de la plaie ; la compression suffit pour les maintenir, et il n'est pas nécessaire d'employer la suture. C'est ainsi que je me suis conduit, à différentes reprises, à la suite des trépanations. Le résultat a été complet et les lambeaux se sont agglutinés parfaitement avec la surface des os devenus saignants par le trépan.
Mais dès qu'il est impossible de pratiquer la réunion immédiate ou de réparer la perte de substance par autoplastie, il est de toute nécessité de laisser la plaie suppurer et de modérer le travail inflammatoire.
Les tumeurs mobiles, sans adhérences avec la peau, et les lipomes ou tumeurs hypertrophiques graisseuses ou fibro-plastiques, seront enlevées par l'opération par embrochement. L'enveloppe de la tumeur ayant été largement incisée, celle-ci sort par la plaie, pour ainsi dire, sans dissection ; la réunion immédiate s'obtient toujours à moins de circonstances particulières : quelques points de suture