À08 RHINOPLASTIE PÉRIOSTIQUE ET OSSEUSE
M. Ollier, qui a fait des transplantations «lu périoste et qui lui a accordé des usages variés en thérapeutique, a prétendu pouvoir redonner au nez sa forme par l'ossification du périoste, disséqué avec un lambeau du front, avec les portions d'os recouvertes de cette membrane.
Jusqu'à présent, on avait réparé, restauré, refait des nez, lorsque les cartilages et lorsque le squelette avaient été conservés, en parlie ou en totalité, en empruntant des lambeaux aux joues, au front, aux lèvres, etc., et ils ont été convenablement conformés par une dissection attentive et la confection heureuse de lambeaux de chair. L'expérience a démontré l'importance de cette dernière restauralion, tirée des méthodes indienne, française, etc.; mais on a voulu réparer cet organe, dans les cas où la chose est à peu près impossible, en fournissant des lambeaux revêtus de périoste et en se servant des restes des os en leur faisant éprouver un déplacement dans un sens ou dans un autre pour lui donner la meilleure forme possible, lorsque les cartilages, les os et la cavité nasale avaient été détruits.
Pour restaurer cet organe, lorsqu'il a conservé de ses cartilages, ses os, on peut réussir sans de grandes difficultés; mais lorsque la charpente osseuse, les cartilages sont détruits, lorsqu'il existe une affection dialhésique syphilitique ou scrofuleuse, et qu'il n'existe plus que quelques poin'es osseuses, quelques débris insignifiants de cartilages, il me semble qu'on doit guérir l'affection constitutionnelle et s'occuper peu de redresser une difformité incurable.
Les chirurgiens qui ont passé outre et qui, malgré toutes ces difficultés, ne se sont pas abstenus de pratiquer une opération sérieuse, ont eu des résultats insignifiants.
J'ai vu des dessins, j'ai lu des observations, et ces réparations m'ont singulièrement dégoûté. Il faut s'attendre à
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un résultat négatif ou à une difformité en tout semblable . aux désordres qui existent par le fait de la maladie constitutionnelle et locale.
Pour pratiquer une opération autoplastiquc, on doit espérer du premier coup une réunion par première intention, ou tout au moins une faible suppuration des parties qui doit être bientôt suivie de bourgeons charnus et de réunion secondaire. Et, s'il doit en être autrement, il faut abandonner l'idée d'une pareille opération, qui ne peut qu'exposer le malade et compromettre la chirurgie.
Comme j'ai traité dans un autre ouvrage de l'autoplastie en général et en particulier, je ne reviendrai pas sur ces grandes questions autoplastiques qui prêtent si bien à l'élude physiologique, par leur résultat, en étudiant la marche que suivent les lambeaux dans leur développement relatif à la sensibilité et à la circulation.
Disons que, lorsqu'on fait de l'autoplastie, il faut avoir la croyance que la réunion sera obtenue, simple ou compliquée, chaque fois que le lambeau sera appliqué sur une surface saignante ou bourgeonnante.
L'opinion que je viens d'émettre n'est pas celle de tout le monde, car on a proposé de faire de l'autoplastie dans les cas où il existait un état diathésique qui avait détruit pour toujours les formes de l'organe et même les tissus qui entrent dans sa composition. A quoi peut servir une pareille opération, si ce n'est à laisser l'organe avec les mêmes difformités, c'est-à-dire une surface aplatie, irrégulière, couverte de cicatrices, etc., mille fois plus difforme qu'une prothèse nasale artificielle?
M. Ollier (de Lyon) a décrit, sous le nom d'ostéoplastie périostique et osseuse, la restauration d'un nez qu'il a exécutée d'après ses idées.
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Il conseille de prendre les lambeaux périostiques surtout à la région frontale et aussi aux maxillaires supérieurs.
Quant aux lambeaux osseux, les os propres du nez et les apophyses montantes des maxillaires peuvent seuls les fournir; dans certains cas aussi, la cloison des fosses nasales.
Toujours on devra employer l'orifice du nez à réparer pour former le lobule du nez nouveau. Après l'incision des parties molles, un trait de scie transversalement dirigé permettra de détacher la portion osseuse adhérente aux parties molles, qui ne se nécrosera jamais si l'on sait en prévenir l'inflammation.
Cette arcade pourra servir aussi de point d'appui aux lambeaux périostiques que Ton appliquera ensuite sur l'intervalle qui sépare le nouveau lobule de la racine du nez.
Si, au lieu d'un seul lambeau osseux, on était obligé d'en employer deux latéraux, une partie de la cloison, détachée de haut en bas et renversée en avant à la rencontre de ces deux lambeaux, leur servirait de point d'appui et préviendrait leur affaissement.
On ne doit jamais songer à réparer la sous-cloison qu'après la solidité bien établie de l'ouverture du nez.
Celte méthode peut servir, suivant M. Ollier, à restaurer les pertes de substance et les déviations ou affaissements du nez.
Tous les procédés employés seront bons, à la condition que les lambeaux soient doublés de périoste. De plus, on devra, autant qu'on le pourra, doubler le lambeau cutanéopériostique d'un lambeau culané. La surface périostique n'étant plus alors exposée à l'air, le résultat sera plus certain et meilleur.
Ces restaurations ne doivent être laites que chez des en-
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fants et des adolescents. On ne devra faire aucune tentative dans les cas où l'on redouterait la récidive d'un cancer, ou l'influence encore active de la syphilis ou de la scrofule.
A l'appui de l'avantage que peut offrir celte méihode, M. Ollier rapporte, à la fin de son mémoire, l'observation d'un garçon de vingt ans qui avait eu le nez détruit par une affection scrofuleuse.
Lorsque l'opération fut pratiquée, la pointe du nez se trouvait à 12 millimètres en arrière d'une ligne tirée entre la bosse frontale et le bord libre de la lèvre supérieure. L'ouverture des narines regardait directement en avant et un peu en haut. Les os propres du nez étaient dirigés en bas et en arrière ; la sous-cloison persistait, mais réduite à une languette de peau.
M. Ollier tailla un lambeau triangulaire dont le sommet répondait à A centimètres, au-dessus des sourcils, sur (a ligne médiane. Les bords latéraux passaient à 6 millimètres en dedans du grand angle de l'œil, et arrivaient jusqu'au niveau de l'attache de l'aile du nez, de chaque côté.
Dans la portion frontale, le périoste fut enlevé et laissé adhérent au lambeau, tandis que, au niveau des os du nez et des apophyses montantes du maxillaire, le périoste fut laissé adhérent aux os.
Ceci fait, on reconnut que l'os propre du nez du côté gauche était détruit en majeure partie et incapable de procurer un lambeau osseux.
L'os du côté droit fut détaché en même temps qu'une partie de l'apophyse montante avec laquelle il était fusionné. La séparation fut obtenue à l'aide d'un petit ciseau. Le lambeau osseux n'adhérait plus aux restes de l'os que par un lambeau périostiquc.
Il fut infléchi, en bas et en avant, vers la ligne médiane
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et fixé, à l'aide d'un fil métallique très-fin, à la partie droile de la base du lambeau triangulaire cutané.
Ce lambeau triangulaire fut plissé dans le sens vertical à l'aide d'une épingle traversant le pli vers la partie moyenne et retenue par deux chevilles de diacliylon. De cette façon, on obtint et la saillie du nez et l'application réciproque des deux moitiés verticales de la partie périostique.
Les téguments au pourtour de la plaie furent décollés pour permettre leur glissement et réunis en bas aux bords du lambeau par quinze points de suture métallique, et audessus, d'un côté à l'autre, à l'aide de cinq points de suture.
Une longue épingle, traversant les joues sans traverser le lambeau, permit, à l'aide de chevilles de liège, de rapprocher les joues et d'empêcher le tiraillement des lèvres de la plaie.
Les narines furent tenues dilatées à l'aide de petites spirales de fil de fer étamé.
L'opération fut pratiquée le 17 juillet. La grosse épingle fut retirée le 22, les points de suture le 26.
Le bord droit n'était pas aussi bien réuni que le gauche.
II n'y eut d'autre accident que de l'œdème des paupières et deux petits abcès de l'angle interne des yeux.
Le 28 septembre, quaranlc-deux jours après l'opération, le lambeau osseux était définitivement greffé. Le nez faisait une saillie de 1A millimètres; mais il était un peu dévié à droite et un peu affaissé. A la partie moyenne, on sentait une résistance due à la présence d'un tissu en voie de s'ossifier.
Les figures de cette restauration ont été présentées à l'Académie des sciences; j'avoue quelles ne m'ont pas séduit, car le nez me paraît aussi difforme que lorsque le
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malade n'avait subi aucune opération. Je n'ai rien trouvé dans ces figures qui pût avoir le moindrement le nom de réparation. En lisant l'observation de M. OUier, je n'y ai pas vu non plus les traces d'ossification.
Il faut d'autres opérations que celle-ci pour prouver la nécessité d'une semblable prothèse et pour la faire accepter dans des circonstances exceptionnelles.
Le malade de M. OUier est-il guéri de son état diathésique, et en quelle situation se trouvent les fosses nasales ? On se demande encore si la suppuration qui existait lors de l'opération est tarie.