DANS LA TRÉPANATION. M
Pour obtenir la réunion immédiate et pour Fermer l'entrée de l'air et empêcher son action sur la séreuse crânienne et les parois de l'os, je propose le moyen de réunion que j'ai employé sur un chasseur qui avait reçu une balle au-devant du front et sur les côtés de la ligne médiane. Son observation est rapportée dans cet ouvrage pour prouver que les os se réunissent parfaitement avec les surfaces saignantes des parties molles, sans nécrose et sans exfoliation. Voici ce procédé : la peau ayant été ménagée et divisée en croix pour obtenir quatre lambeaux, ceux-ci sont renversés jusque dans la profondeur de la plaie osseuse, et ainsi les surfaces saignantes des lambeaux se trouvent en contact avec les surfaces saignantes des parois osseuses qui résultent de la trépanation ; les lambeaux se regardent par leur surface chevelue. Il suffit d'établir une légère compression à l'aide d'une compresse trempée dans de l'eau froide pour les maintenir dans leur position nouvelle.
La réunion se fait rapidement entre ces surfaces, et l'on peut voir qu'il n'y a qu'une suppuration insensible sur un seul point de la dure-mère. La peau se réunit donc avec les os, et elle est adossée par sa surface externe, à la manière d'un doigt de gant renversé. t
La réunion entre les os et les téguments a donc lieu aussi rapidement que pour les autres parties du corps.
Les lambeaux adhèrent au fond de la plaie sur la duremère, d'où il suinte du pus en faible quantité. Le liquide purulent, sous forme de gouttelettes, est soulevé par les battements du cerveau. Un tout petit intervalle existe, par conséquent, au milieu, comme un infundibùlum, qui se rend jusqu'au cerveau.
Ainsi, sur ce blessé chez qui j'ai extrait une balle de gros calibre, j'ai pu suivre les changements qui se sont
passés depuis le 23 février 1857, jour de l'opération, jusqu'au mois de mars 1863. Lorsqu'à cette époque je le visitai, on ne sentait plus les battements du cerveau, et l'on n'apercevait plus de soulèvement; le trou était comblé par la réflection de la peau dans le cylindre osseux.
L'observation de ce malade a été rapportée dans la Gazelle des hôpitaux, année 1857, et j'en ai parlé à l'Académie de médecine en 1861.
On obtient donc, par le renversement des lambeaux, l'oblitération du trou pratiqué par le trépan à l'aide de lambeaux qui adhèrent fortement aux parois osseuses et à la dure-mère; on protège, de la sorte, le cerveau du contact des corps extérieurs, et l'on prévient l'entrée de l'air sur les surfaces.
Réunion de l'ouverture par bourgeonnement.
Lorsque la réunion par première intention, si désirable, a échoué, il ne faut plus compter sur elle; mais on peut êlre certain que les lambeaux serviront à la cicatrisation par le développement de bourgeons qui viennent ensuite se confondre avec ceux qui naissent du pourtour de l'ouverture externe, des parois osseuses et de la dure-mère.
En conséquence, le déplacement de la peau et sa conservation sont très-uliles, lors même que l'agglutination primitive ne se fait pas.
Autrefois, les anciens chirurgiens enlevaient douloureusement les lambeaux et exposaient les blessés à des nécroses étendues, à des inflammations graves et à l'érysipèle.
Si la perte de substance résultant de l'application d'une couronne de trépan est peu considérable, les bourgeons