DANS L'A TRÉPANATION
1° dans un cas de fracture; 2° en détruisant un trajet flstuleux qui traversait l'épaisseur des parois du crâne ; et enfin 3° en extrayant un corps étranger, une balle qui avait pénétré au-devant du front; ce dernier était affecté d'attaques d'épilepsie : c'était un soldat blessé en Crimée. Les deux autres portaient des foyers de pus circonscrits, ouverts â l'extérieur du crâne par des fistules. Dans tous ces cas, les lésions étaient limitées.
Mais lorsque la lésion était diffuse dans le crâne et qu'il existait un affaiblissement général, les malades ont succombé quelques jours après l'opération, et ma conviction est que le trépan a, par le contact de l'air sur les membranes, eu des effets fâcheux.
Puisqu'il est démontré que le contact de l'air a une influence très-grande sur les membranes du cerveau, il me semble qu'il faut prévenir son contact en bouchant l'ouverture accidentelle.
On a conseillé de fermer l'ouverture avec la portion d'os retirée avec le trépan. C'est en Allemagne qu'on a recommandé cette pratique.
Immédiatement après la trépanation, on avait pensé aussi à prendre sur un animal une portion des os du crâne pour la placer dans l'ouverture pratiquée sur l'homme; il parait que ce mode opératoire est imité de l'extraction d'une dent replacée dans son alvéole après son avulsion.
Faut-il donc, une fois l'ouverture pratiquée au crâne, lorsqu'on a donné issue au liquide ou extrait le corps étranger, la boucher avec une portion d'os réséqué?
Jusqu'à présent, on a vu des portions d'os, des esquilles, conserver la vie lorsqu'elles tenaient encore par le périoste ou des membranes vasculaires; mais je ne crois pas qu'il soit possible d'espérer la réunion d'une portion d'os séparée
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complètement des parties environnantes et entièrement isolée de toutes parts, et d'en obtenir la fusion avec l'os dont elle a été retirée.
Sans m'élever tout à fait contre la réunion d'une portion d'os replacée dans le même endroit et sans repousser ce fait d'une dent extraite et qui a repris racine dans le même lieu, je n'en persiste pas moins à penser qu'on ne peut compter sur une réussite que d'une manière fortuite et qu'en admettant des portions membraneuses adhérentes à l'os.
On ne peut, suivant moi, fermer cette Ouverture ou l'oblitérer qu'en utilisant la peau.
A Montpellier, dans une thèse de concours que M. Maunoir soutint en 1812, il parla de la réunion après l'opération du trépan. Chez l'homme comme chez l'animal que l'on a trépané, le meilleur bouchon de l'ouverture du crâne est la peau , « qu'il importe tant de ménager. » 11 veut même qu'on ne s'inquiète pas de l'épanchement de sang qui pourrait se faire au fond de la plaie, car il pense que bientôt il serait résorbé. Il est même d'avis qu'on se serve du même bouchon dans les cas où du pus s'est écoulé après l'opération.
Je ne peux accepter la manière de voir de M. Maunoir (de Genève), et je crois que, dans le cas où du sang ou du pus s'accumuleraient au fond de l'espèce de puits qui représente la perte de substance, la réunion ne pourrait être obtenue, et l'on serait alors dans l'obligation de faire une ouverture pour évacuer le liquide.
D'ailleurs, personne n'a fait l'application de l'idée de M. Maunoir, et je crois que la suture n'amènerait guère la réunion des lèvres de la plaie, à cause de leur forme et du tiraillement qu'éprouveraient les lambeaux sur des points différents.