‹ De la Révocation de l'Edit de NantesChapitre 20 sur 43 · LA RÉPONSE DE H. WEISS · texte numérisé non relu

LA RÉPONSE DE H. WEISS

le nombre des fugitifs. C'est à peine si quelques intendants donnent des chiffres précis pour quelques villes. D'autres gardent sur Témigration un silence absolu et peut-être prudent. D'autres enfin, comme Baville, mentent avec une incontestable effronterie. Les registres des Eglises fondées ou accrues par les réfugiés en Suisse, en Allemagne, en Hollande, en Angleterre, sont tellement remplis de noms de familles originaires. du Languedoc, et particulièrement de Nîmes, que le •hifflre de 4,000 donné par ce* gouverneur doit paraître dérisoire. J'ai constaté, par des documents qui sont de Baiure à inspirer confiance^ que le Brandebourg reçut environ 25,000 exilés volontaires, qui fuyaient la persécution ; TAngleterre, 75,000 ; la Hollande, 55,000 ; la Suisse^ plus de 6,000; sans compter ceux qui se dispersèrent en Danemark, en Suède, en**Russie, et jusqu'en Amérique et au cap de Bonne-Espérance. J'aurais pu, si j'avais mis moins de discrétion dans mes recherches, me servir d'une évaluation qui convenait bien mieux à ma thèse : celle de M. Gapefigue, auquel personne^ je crois, n'attribuera des sympathies protestantes bien vives. Selon cet écrivain, l'émigration fut de 225,000 à 230,000 âmes, savoir: 1,580 ministres, 2,300 anciens, 150,000 gentilshommes, et le reste composé de marchands et d'artisans. M. Capefigue affirme qu'il a puisé ces chiffres dans les cartons des généralités. Mais il n'existe ni aux Archives générales dt France, ni aux manuscrits de la Bibliothèque im-

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périale, aucune collection semblable. J'ai donc passé sous silence ce» données, que je ne pouvais vérifier, et vous devez m'en savoir gré.

Vous me rappelez le parti que j'iii tiré des rapports de Miromesnil et de d'Herbigny sur lu Touraine et le Lyonnais. Vous croyez à l'esagéralion des chiffres donnés par le premier. Ce n'est pas ici le lieu de déballre cette question. Vous m'accusez d'avoir réduit les métiers de Lyon de 18 â 13,000, pour échapper à une contradiction qui existe dans les chiffres du second et pour les rendre ainsi plus vraisemblables. J'avoue, Monsieur, que je ne m'étais pas aperçu de celte contradiction, et que j'ai écrit J8,000 et non 13,000, conformément au rapport de d'Herbigny. Vous m'avez lu trop vite et vous vous êtes trompé. Regardez aux pages 44 et lli, et vous reconnaîtrez votre erreur, à laquelle, bien entendu, je n'attache aucune importance. J'arrive à un point plus délicat. Selon Miromesnil, la révocation n'a fait perdre à Tours que 5 ou 600 citoyens, et, selon d'Herbigny, on ne comptait à Lyon, avant l'édit révocatoire, qu'à peu près 1 ,000 personnes de la religion l'éformée. Vous le voyez, Monsieur, JB n'élude pas la vraie difficulté. Ces assertions, je les ai omises, dites-vous, à dessein, parce qu'elles m'auraient fait perdre tout le bénéfice de mes recherches sur ces deux, villes. Mais, de bonne foi. Monsieur, comment vouliez-vous que je les prisse au sérieux, loi'sque je lisais le rapport adressé, en 1686, à l'Elec-

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