‹ De la Révocation de l'Edit de NantesChapitre 6 sur 43 · X AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

X AVANT-PROPOS

ment de la grandeur. Le Roi croyait sa gloire — • ce qu'il appelait sa gloire — intéressée à triompher du souverain Pontife et à amener le vicaire de Jésus-Christ à soumettre les décisions de l'Eglise aux caprices et aux prétendus intérêts de la politique royale.

Comme nous ne discutons pas ces points, ni ne voulons entrer dans le récit et le détail des faits, nous n'ajouterons pas que, malgré la puissance et l'orgueil du Roi, la papauté a eu raison de lui et de ses artifices. Les violences de Louis XIV ont dû s'humilier devant la vérité. Il a fallu abandonner et démentir les fausses maximes où la puissance royale avait cru trouver un ridicule et ûxutile palladium. Il y a là une preuve de la religion de Louis XIV, plus forte même que le témoignage répété d'Innocent XI, et meilleure assurément que les protestations d'attachement et de dévouement, dont on sait bien que tous les persécuteurs de l'Eglise, anciens ou contemporains, ont toujours été prodigues.

Au regard des protestants, tout au contraire,

AVAJIT-PROPOS. XI

la gloire du Roi se trouvait, dans sa pensée, d'accord avec son devoir. On ne peut nier que le devoir des rois ne soit, comme celui des fidèles, d'aimer et de servir Dieu et son Eglise de toute leur âme et de toutes leurs forces. C'est la définition du catéchisme.

Jusqu'où vont les forces d'un roi? Dans cette délimitation précise, consiste le vrai tempérament politique que le souverain doit apporter à l'accomplissement de son devoir. L'Eglise ne demande jamais l'impossible à ses enfants. Ils lui doivent tout le possible. Les lumières de la . raison, les préceptes de la sagesse, les conseils de la conscience, les clartés aussi et les puissances que confère l'onction sainte doivent diriger ceux à qui la Providence a confié le gouvernement des peuples.

Le roi Louis XIV, en voulant remplir son devoir de roi très-chrétien envers les protestants, a-t-il' dépassé les limites du possible, du droit, par conséquent, et delà sagesse? C'est une question délicate peut-être, qui doit être traitée avec beaucoup

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