XII AVANT-PROPOS
d'application et de recherches, mais de la solution de laquelle il faut écarter absolument les exagérations et les diatribes huguenotes que l'histoire, les académies et les journalistes ont voulu jusqu'ici écouter uniquement. Je crois ce point solidement établi par le petit livre que je donne aujourd'hui au public; et dans ce sens, cette nouvelle édition d'une ancienne polémique de l' Uni- "oers paraîtra avoir encore quelque opportunité.
Il est ridicule de croire à toutes les atrocités que les huguenots ont prêtées aux dragons et aux intendants de Louis XIV. Le concours que Fénelon leur a donné, celui qu'il a réclamé des uns et des autres suffit à démontrer qull ne s'agissait point de brûler les protestants à petit feu ni de les traquer comme des bêtes féroces, a La main toujours levée > que demandait Fénelon pour appuyer son ministère apostolique, cette main n'était pas levée pour -de si efeoyables excès. Est-il nécessaire de le prouver? Est-il nécessaire d'insister sur les sacrilèges où l'on aurait contraint les nouveaux catholiques ?... Toute la correspondance des intendants
AYANT-PROPOS. XHI
les plus décriés s'élève contre rabomination d'une telle pensée, dont les historiens d'aujourd'hui n'ont pas vergogne d'accuser le roi, les évêques de France et Fénelon tout personnellement.
Il y aurait donc un récit nouveau et important à construire des causes et des résultats de la révocation de l'édit de Nantes, Mais si nous n'avons pu nous mettre à cette œuvre depuis vingt-cinq ans, quand le pourrons-nous?... En attendant, les assertions des huguenots se répètent et se propagent. Le travail de M. de Sacy, que nous iprétendons bien avoir réfuté dans ses parties essentielles, est entré, nous l'avons dit, dans des volumes que font lire le nom et le style de l'académicien. Le livre de M, C. Weiss, dont nous sommes assurés d'avoir, sur le point culminant de cette histoire, démontré et rendu évidente la feusseté tellement flagrante d'ailleurs, si absolue et si effrontée qu'on la dirait inepte (l) et qu'on n'aurait pu l'imaginer; le livre de M. C. Weiss, grâce aux distinctions aca-
(1) Je ne dis ici rien de trop. Qu*on voie les autorités qae M. Weiss invoquait, ce qu*il leur fait dire et ce qu*elles disent réellement. C*est inouï !