‹ De la révocation de l'Edit de NantesChapitre 15 sur 18 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

Il fait eu cela preuve de bou g-oût. Le goût et la foi sout deux choses distinctes. Que croire ?

En attendant que tombe le voile qui l'enveloppe, et peut-être en essayant de le tirer, M. Bersier n'est-il pas allé chercher l'union et la communion, au milieu des négations et des divisions des orthodoxes et des libéraux? Le lieu est bien choisi. Il ne faut pas reprocher ce choix au pauvre pasteur. C'est cette recher-che aux abois qui peut le rendre intéressant et sympathique.

Les quêtes en Angleterre, les établissements du quartier de l'Etoile, les'succès comme prédicateur avaient fait de M. Bersier, nous l'avons dit, un personnage. Une feuille protestante qui applaudit à son entrée dans l'Eglise officielle, faisait remarquer que cet indépendant apportait à ses frères dès longtemps soumis au joug de l'Etat, outre sa morale, six cent mille francs d'immeubles et une liturgie. L'Eglise ofiBcielle a pris tout : la morale, le pasteur, les immeubles, la liturgie. M. de Pressensé demeure quinaud.

En se liant au budget de l'Etat et en obtenant au sein de l'Eglise officielle droit de bourgeoisie pour sa liturgie, qui reste toujours la liturgie de M. Eugène Bersier, quelle place a pu prendre le pasteur au sein de cette Eglise partagée? Est il

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orthodoxe ou libéral ? Orthodoxes et libéraux, depuis le synode surtout, ne s'entendent pas ; ils se disent et veulent être, les uns et les autres, membres de l'Eglise officielle. Les orthodoxes semblent tenir le gros bout, et ils prétendent exclure les libéraux, qui font bien du tapage, de leur côté, mais qui, après tout, se bornent à demander le partage du gâteau. Le gâteau, ce sont les avantages matériels inscrits au budget au profit de l'Eglise réformée, ce qu'elle appelle aujourd'hui les avantages concordataires. Les libéraux qui, dans cette lice, se bornent à souhaiter le partage, sont-ils donc les modérés? On sait qu'ils réclament le droit de nier la divinité de Jésus- Christ, l'existence de Dieu, et même celle de l'âme. Ce droit de nier, qui découle du principe delà liberté d'interprétation, est, nous l'avons dit, chez plusieurs d'entre eux, et on l'a vu à leur Synode, l'impuissance de rien croire. La Réforme a mené dans les ténèbres les âmes qui se sont fiées à elle : leur bonne foi consiste à déclarer qu'elles y sont. Cette déclaration serait féconde si elle les amenait à désirer sortir de ces ignorances et de ces obscurités.

Ce désir, qu'on n'aime pas à s'avouer, ne pourrait-il pas se reconnaître dans les diverses évolu-

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