‹ De la révolution actuelle de l'EspagneChapitre 17 sur 17 · POST SCRIPTUM · texte numérisé non relu

POST SCRIPTUM

La révolution d’Espagne a fait éclore mille bruits et conjectures plus absurdes les uns que les autres; elle en fera propager encore davantage, on doit s’y attendre; cette révolution contrarie tant de vœux, renverse tant de projets et détruit tant d’espérances ! il ne faut pas envier aux vaincus leurs dernières consolations. Tout dans ce pays s’est passé d’après la nature même des choses... Un mouvement général a renversé le gouvernement abattu, un mouvement général consolide le gouvernement régénéré. L’Espagne voulait s’affranchir d’un mal et s’assurer de la possession d’un bien, l’un et l’autre sont obtenus; il n’y a plus lieu à aucun mouvement. Le roi a embrassé le nouvel ordre; le ministère, la junte, la totalité des autorités sont dans le sens de cet ordre; à qui pourrait-il être donné de le troubler, puisqu’il est de plus soutenu par la nation? Quiroga et son corps d’armée n’ont eu de force que par leur conformité avec l’esprit de la nation ;

aujourd hui s il s en séparait y i] n’en aurait aucune; c est ce < jiii explique ce qui est arrivé a O donne].... Cet équivoque personnage a ti oulile pendant quarante-huit heures la vue ordinairement si pénétrante des salons de Pans. Certes 1 Espagne devait au moins aux quatre frères O’donnel de faire la guerre civile pour eux.... Maintenant c’est dans un

club de Madrid qu’il faut aller découvrir cet *

important personnage; il est devenu doux comme ces moutons qu’il embarquait au mois de juillet.... De son côté Mina devait tout dévorer : malheur à Ferdinand s’il fût tombé entre ses mains... et voilà que ce guerrier honoré de la confiance de son roi, revêtu par lui d’un titre éclatant , répond à ses faveurs en maintenant l’ordre dans l’étendue de son commandement, en justifiant son souverain et en désignant à l’Espagne les auteurs des maux passes. A la voix de nos Cadmus, qui prenaient v raisemblablement leurs rêveries pour des dents de dragon, des armées innombrables se formaient sur tous les points de l’Espagne, et à l’apparition d’un simple ordre du gouvernement, tout cet appareil a disparu comme la rosée fond aux premiers rayons du soleil : ainsi

se sont évanouies à la fois les craintes et les espérances. Il n’y a eu qu’un malheur, que l’Histoire placera à côté d’un acte trop malheureusement célèbre, et qu’elle appellera la St.-Bcu tlièlemi de Cadix ’ acte détestable, et lait pour tenir en garde contre la barbarie également atroce et absurde de chefs militaires qui dressent dessoldats à assassiner leurs concitoyens, et qui trouvent qu’il n’y rien de plus spirituel de plus joli que de fusiller, dans un guet-apens , une population entière : scélérats impre** voyans, qui, en commettant le crime, oublient qu’il y a un lendemain qui appartient a la justice et au courroux d’une nation.

Maintenant , on peut être tranquille sur la marche de la révolution d’Espagne : elle sera solide et calme. Les principes des troubles qui ont appelé tant du) rages sur la révolution française n’existent point pour celle d’Espagne. La famille royale n’est point partagée entre deux systèmes , comme elle le fut en France. La moitié ne sera pas en Espagne et l’autre en Allemagne. La moitié de la noblesse et du clergé en dedans et en dehors du pays, et celle-ci appelant l’autre , et la rendant suspecte d’intelligences avec elle. 11 n’y aura ni

Pilmtz, ni manifeste du duc de Brunswick contre l’Espagne , ni une guerre de vingt ans dont les opposans pourront dire que c’est une guerre de contre-révolution que l’on veut, lout est donc différent entre les révolutions des deux pays : le roi, la cour, le gouvernement, les autorités, en Espagne, sont conformistes . En Fiance, ellesetaient dissidentes^^? moitié; de là sont venus les combats et les catastrophes. La révolution d’Espagne a déjà rendu au monde l’immense service de réduire à Vabsurcle 1 appel des soldats étrangers dans les divisions qui s’élèvent entre les princes et les nations. On ne hasardera plus de pareils envois : on peut le faire , si l’on veut , et tant qu’on voudra; on verra contre qui cela tournera , et si les hommes envoyés soldats ne reviendront pas hommes philosophes . Que les princes gardent leurs soldats pour défendre leurs frontières, c’est là leur place, et ils ne doivent pas craindre de ne point les y trouver toujours : hors de là, il y aurait à décompter.

Le dernier espoir sur l’Espagne porte sur le clergé, fasse le ciel que les hautes vertus du haut-clergé d’Espagne aient assez d’empire sur le clergé inférieur pour le détourner de céder

à des incitations funestes, et pour le contenir dans les seules fonctions de son ministère. Le clergé, en Espagne, a plusieurs choses à se faire pardonner par la nation depuis 1814 ; il manquerait à son caractère en se mêlant d’un mouvement politique qui est hors de ses attributions , il courrait risque d’empirer son sort, et de compromettre le grand intérêt dont il est chargé , la religion , qui n’a rien à faire dans ces débats.

Quelques papiers ont annoncé pompeusement que MM... avaient déclaré ne pouvoir accepter les emplois conférés par un prince qu’ils déclarent contraint ... Cela est vraiment bien malheureux , mais n’empêchera pas l’Espagne de marcher.

Quand à l’occupation de Cadix par les Anglais, les romanciers, pères de ces ingénieuses fictions auraient bien dû commencer par montrer les flottes et les troupes mises en mouvement par l’Angleterre , et dire depuis quand les Espagnols avaient contracté l’habitude d’appeler les étrangers 7 et de leur livrer leurs places.La vue d’un seul étranger réunirait toute l’Espagne. Si l’on veut faire du mal au roi Ferdinand, on n’a qu’à mêler les étrangers

dans les affaires de l’Espagne. C’est insulter au bon sens des lecteurs cpie de leur présenter sérieusement de pareilles fictions.

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