I.e son doit nous sembler l’écho de la pensée
Pors, h'uay on crilicism, part. II.
tons aussi quelquefois des bruits; mais c’est un avantage que nous avons si rarement qu’il ne paraît être qu’un hasard. » Condillac est dans l’erreur. Les onomatopées sont presque aussi fréquentes et aussi faciles en français qu’ailleurs, quand on s’impose le labeur puéril de les chercher. Ronsard, du Bartas et bien d’autres poètes du xvi° siècle en sont pleins ; et au xvm", le chevalier de Piis, écrivain assez médiocre, a publié un poème sur la matière, où elles sont tellement prodiguées que dans le chant troisième, par exemple, il n’y a guère de vers qui n’en soit une.
A cette imitation toute matérielle préférons une harmonie plus intelligente, en quelque sorte, celle que produisent l’emploi des nombres, la marche du rhythme, le mouvement de la phrase. Les grands écrivains rencontrent parfois la première ; mais celle-ci, ils l’ont travaillée longtemps et l’étudient sans cesse. Chose singulière ! deux écrivains qui assurément n’ont pas suivi la même route, la Fontaine et Bossuet, y excellent.
Légère et court vêtue, elle allait à grands pas,
Ayant mis ce jour-là, pour être plus agile,
Cotillon simple et souliers plats :
Est-il rien qui fasse mieux comprendre la coquette assurance de la laitière Perrette que l’allure leste et dégagée de ces vers? Rapprochez tout de suite cette phrase de Bossuet; « Semblable, dans ses sauts hardis et dans sa légère démarche, à ces animaux vigoureux et bondissants, il ne s’avance que par vives et impétueuses saillies, et n’est arrêté ni par montagnes ni par précipices. »
Observez au contraire dans le Coche et la Mouche lerhythme brisé, haletant, laborieux du début :
Dans un chemin montant, sablonneux, malaise,
El de tous les côtes au soleil expose,
Six forts chevaux tiraient un coche.
Femmes, moines, vieillards, tout était descendu,
L'attelage suait, souillait, était rendu...