CHAPITRE VII
L’étude des mœurs considère l’individu dans son état normal et habitue], l’étude des passions considère l’espèce dans les accidents identiques qui l’affectent, en se modifiant d'après les circonstances individuelles.
Dans les passions, comme dans les mœurs, l’écrivain doit s’étudier d’abord ; mais comme il n’est pas absolument nécessaire, pour peindre ou inspirer la passion, de l’éprouver ou de l’avoir éprouvée soi-même, et qu’il sulïit de la bien comprendre , il doit l’étudièr aussi dans les autres , dans les assemblées publiques, dans la société intime, enfin, dans les écrivains qui ont su le mieux la traiter.
11 remarquera dans ces écrivains non-seulement l’art de peindre ou d’inspirer la passion, mais aussi ce que nous appellerons le talent de passionner un sujet, c’est-à-dire d’y intéresser le lecteur, en s’y intéressant vivement soi-même.
Presque tous les sujets sont susceptibles de passion, mais il faut savoir préparer la passion, ne pas en abuser et l’éviter là où elle serait déplacée.
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