‹ De la rhétorique ou de la composition oratoire et littéraireChapitre 51 sur 70 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Quand on a trouvé toutes ou presque toutes les idées qui doivent entrer dans un sujet, il s’agit de les disposer.

La disposition, qui met dans les idées l’ordre et l’enchainement nécessaires pour que chacune soit à sa place et produise son effet, n’est pas moins indispensable que l’invention.

On se fait d’abord un plan général dans lequel n’entrent que les premières vues et les pensées principales.

La qualité essentielle à donner à ce plan c’est Yunitê.

On distingue plusieurs espèces d’unités : unité d’action, d’intérêt, de mœurs, de ton, enfin unité de dessein, la plus importante, qui consiste à établir dans un écrit un point fixe auquel tout se rapporte, un but unique vers lequel tout se dirige.

L’unité de dessein bien déterminée, on distribue les groupes d’idées, et ensuite les détails de ces groupes, on assigne à chaque idée sa place d’après leur génération et leur dépendance, c’est-à-dire de manière que chacune d’elles amène la suivante, et que celle-ci, conduisant à son tour à une autre, serve en même temps à la précédente d’explication ou de développement.

C’est là ce qui constitue Y enchaînement des idées.

Des résumés et des analyses raisonnées de divers écrits habituent l’élève à reconnaître et à reproduire lui-même cet enchaînement.

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