‹ De la rhétorique ou de la composition oratoire et littéraireChapitre 61 sur 70 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

Enfin , la dernière qualité essentielle du style est l’harmonie.

Il y a deux sortes d’harmonie, l’harmonie générale qui ne considère les sons qu’en eux-mêmes et abstraction faite de l’idée, et l’harmonie spéciale ou imitative qui les considère dans leurs rapports avec les pensées et les sentiments exprimés.

L’harmonie générale dépend, soit de la nature individuelle des sons, c’est ce qu’on nomme euphonie, soit de leur alliance et de leur succession, d’où naît le rhythme.

L’euphonie évite le concours des mauvais sons, par conséquent V hiatus et le bâillement, c’est-à-dire la rencontre de certaines voyelles et des syllabes nasales , et celle des consonnes rudes et sifflantes.

Le rhythme consiste dans la disposition , selon les lois de l’euphonie, de tous les mots d’une phrase, et dans la construction des périodes, dont les anciens rhéteurs distinguaient trois formes principales : la période carrée, la période ronde, et la période croisée.

L’harmonie spéciale ou imitative dépend delà représentation de la pensée, ou par le son même des mots, ce qui constitue l’onomatopée, ou par le mouvement de la phrase.

L’onomatopée, sans être à dédaigner, quand elle se présente naturellement, ne doit pas être recherchée; il faut s’appliquer spécialement à l’espèce d’harmonie imitative qui représente l’idée par le mouvement de la phrase, qui fait de l’expression, en quelque sorte, l’écho du sens, et que tous les grands écrivains ont étudiée.

niisuMÉ.

Page 1