‹ De la rhétorique ou de la composition oratoire et littéraireChapitre 63 sur 70 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

Dans les ouvrages qui appartiennent au genre tempéré et même au genre simple, le première qualité spéciale est V élégance.

V élégance ajoute aux qualités essentielles l’agrément et la distinction, et elle y parvient par le choix des pensées, des expressions, des tours, des nombres.

L’élégance, dans les choses de sentiment, se nomme la grâce.

L’élégance extrême en certains genres devient le style fleuri.

Les écrivains ingénieux, qui perçoivent rapidement des rapports inaperçus par le vulgaire, ont pour qualités distinctives la finesse et la délicatesse, la première qui vient plutôt de l’esprit, la seconde, du cœur. Le caractère de l’une et de l’autre est de ne point exprimer l'idée tout entière, et d’en laisser deviner une partie.

D’autres auteurs se font remarquer par la naïveté, qui se rapproche du naturel, avec cette différence que le naturel est opposé au recherché, et le naïf au réfléchi. Le naïf est nécessairement spontané, inattendu. L’excès de la naïveté serait la niaiserie.

La dernière qualité accidentelle du style est Y enjouement, qui renferme le comique, le plaisant, le burlesque, le badin. 11 doit être naturel et opportun, car il varie suivant les pays et les siècles, et, en mainte occasion, n’est point admissible.

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