CHAPITRE XXII
Les figures de la première classe, consistant en rapprochements d’idées, dérivent toutes de la comparaison.
La comparaison doit être juste et suivie, et autant que possible, neuve, rapide et piquante.
La comparaison abrégée se nomme trope.
Le trope consiste à transporter un mot ou une phrase de son sens propre dans un autre, pour donner plus de valeur au discours.
Le plus important de tous les tropes est la métaphore .
11 y a métaphore, toutes les fois qu'en vertu d’une comparaison mentale, on emploie le signe d’une idée pour exprimer une autre idée, semblable ou analogue à certains égards.
La métaphore, pour être bonne, doit être vraie , lumineuse, noble, naturelle, préparée, soutenue. Elle doit éviter l’anachronisme et l’abus des mots techniques.
La métaphore continuée devient Yallégorie.
L’allégorie qui peut se peindre prend le nom d'emblème.
L 'allusion peut se rapprocher de l’allégorie et de la métaphore.
Elle est réelle ou verbale.
Réelle, à propos d’une idée elle réveille dans l’esprit une autre idée, qui est ordinairement un fait historique, une fiction, une opinion, un passage connu d’un écrivain ; verbale, elle emploie à dessein un mot susceptible d’un sens différent de celui qu’elle lui donne.
On range parmi les allusions verbales la syllepse oratoire, qui consiste à prendre, dans la même phrase, un mot dans les deux sens, au propre et au figuré. Dans l’emploi de ces figures il faut surtout respecter toujours le goût et les convenances.