‹ De la rhétorique ou de la composition oratoire et littéraireChapitre 66 sur 70 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

Après avoir distingué parmi les tropes, ceux d’usage ou de la langue qui entrent dans les habitudes communes du discours, et ceux d’invention ou de l’écrivain, qui appartiennent plus spécialement à celui qui les emploie, on peut rattacher à la métaphore :

La métonymie , espèce de métaphore dans laquelle les expressions substituées au mot propre supposent une correspondance préalable entre les objets comparés, la cause pour l’effet, l’effet pour la cause, le contenant pour le contenu, le signe pour la chose signifiée, etc.

La synecdoque qui va plus loin, qui exige entre les deux idées rapprochées, non-seulement une correspondance, mais

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une connexion, une cohésion en un objet unique, le moins pour le plus, le plus pour le moins, une partie pour une autre ou pour le tout, l’abstrait pour le concret, etc.

L’a«tonon?ase, sorte de synecdoque, qui substitue un nom commun h un nom propre, et réciproquement, ou bien un nom propre ou commun à un autre moins expressif;

La métulepse qui emploie l’antécédent, le conséquent, une accessoire quelconque de l’idée pour l’idée elle-même ;

La catachrèse, qui, prenant un mot dans un sens extensif, abusif, l’applique à une idée qui, elle-même, n’a point ou n’a plus de signe propre et exclusif dans la langue ;

L'hyperbole, qui compare, comme la métaphore, une idée à des idées semblables, mais d’une manière exagérée, en allant au delà de la vérité, pour la faire mieux saisir ;

La litote qui, dans la même intention, reste au contraire en deçà de la vérité ;

L’euphémisme et V antiphrase que l’on rapproche de la litote, le premier se contentant d’adoucir l’idée par l’expression, l’autre disant précisément le contraire de ce qu’elle veut dire.

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