‹ De la rhétorique ou de la composition oratoire et littéraireChapitre 69 sur 70 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

Enfin on range parmi les figures certaines formes de langage ou tours de phrase qui modifient la manifestation de l’idée, en faisant saisir d’une manière plus vive que les formes simples et positives le mouvement de l’èmc et la vue de l’esprit. Ces dernières figures sont :

V exclamation, espèce d’élan du cœur, qui substitue l'expression d’un sentiment à celle d’une opinion ;

Vépiphonème, qui donne à l’idée une forme sentencieuse ;

L’apostro/>/ie,qui détourne la parole de ceux à qui s’adresse le reste du discours pour la reporter à d’autres ;

DE LA nil^TORIQUE.

La parenthèse, l’ interruption, la réticence, la suspension, qui arrêtent l’expression d’une idée et passent à une autre, soit pour abandonner tout à fait la première, soit pour y revenir plus tard ;

Et en dernier lieu, tout ce qu’on nomme figures de construction ou de syntaxe.

La construction est simple ou naturelle quand elle suit rigoureusement un ordre analytique.

Mais la construction usuelle s’éloigne parfois de cet ordre,

Soit pour flatter l'oreille, et alors elle est euphonique ;

Soit pour obéir à l’ordre chronologique des faits, et alors elle est historique ;

Soit pour rendre plus vivement la passion, et alors elle est pathétique ou figurée.

Les figures qu’elle emploie dans ce cas sont :

Vhyperbate ou inversion et la synchyse ou renversement de la construction ordinaire.

Les figures de syntaxe les plus usitées sont :

Vènallage qui substitue un temps, un mode , un nombre ou une personne à une autre ;

La syllepse grammaticale, où l’esprit rapporte un mot, non plus aux mots précédents, mais à l’idée qui le préoccupe.

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