‹ De la rhétorique, ou, De la composition oratoire et littéraireChapitre 120 sur 147 · Chapitre VI, page · texte numérisé non relu

Chapitre VI, page

Mais quand le peuple est maître, on n'agit qu'en tumulte ; La voix de la raison jamais ne se consulte;

Les honneurs sont vendus aux plus ambitieux.

L'autorité livrée aux plus séditieux ;

Ces petits souverains qu'il fait pour une année,

Voyant d'un temps si court leur puissance bornée.

Des plus heureux desseins font avorter le fruit,

De peur de le laisser à celui qui les suit.

Comme ils ont peu de part aux biens dont ils ordonnent. Dans le champ du public largement ils moissonnent, Assurés que chacun leur pardonne aisément,

Espérant à son tour un pareil traitement.

Le pire des états, c’est l'étal populaire.

CoaitEitia. Cinna, acte III, sc. {'«.

Est-il donc, entre nous, rien de plus despotique Que l'esprit d’un état qui passe en République ?

Vos lois sont vos tyrans, leur barbare rigueur Devient sourde au mérite, au rang, à la faveur.

Le sénat vous opprime et le peuple vous brave ;

Il faut s'en faire craindre ou ramper leur esclave.

Le citoyen de Rome, insolent ou jaloux.

Ou hait votre grandeur, ou marche égal à vous.

Trop d’cclat l’effarouche, il voit d’un oeil sévère,

Dans le bien qu'on lui fait, le mal qu'on peut lui faire.

Et d'un bannissement le décret odieux Devient le prix du sang qu'on a versé pour eux.

VoLixiae. Brutus, acte III, sc. 2.

■NOTES

Note I.

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