Chapitre VIII, page
« La différence lu plus marquée dans les mœurs sociales, dit-il, est celle qui distingue les caractères des deux sexes. ^Elle tient d’un côté h la nature, de l'autre à l'institution.
NOTES
« Ce qui dérive de la faiblesse et de l’irritabilité des organes : lu finesse de perception , la délicatesse de sentiment , lu mobilité des idées, la docilité de l'imagination, les caprices de la volonté , la crédulité superstitieuse, les craintes vaines, les fantaisies et tous les vices des enfants ; ce qui dérive du besoin naturel d’apprivoiser un être sauvage, fier et fort, par lequel on est dominé : lu modestie, la candeur, la simple et timide innocence , ou, à leur place, la dissimulation , l'adresse , l’artifice, la souplesse, la complaisance, tous les raffinements de l’art de séduire et d'intéresser ; enfin, ce qui dérive d'un état de dépendance et de contrainte, quand la passion se révolte ctrompt les liens qui l’enchaînent : la violence, l'emportement , et l’audace du désespoir : voilà le fond des mœurs du côté du sexe le plus faible , et par là le plus susceptible de mouvements passionnés.
« Du côté de l’homme, un fond de rudesse, d’âpreté, de férocité meme, vices naturels de la force ; plus de courage habituel , plus d’égalité, de constance ; les premiers mouvements de la franchise et de la droiture , parce que, se sentant plus libre, il est moins craintif et moins dissimulé; un orgueil plus altier, plus impérieux, plus ouvertement despotique, mais un amour-propre moins attentif et moins adroit à ménager ses avantages; un plus grand nombre de passions, et chacune moins violente, parce que, moins captive et moins contrariée , elle n’a point , comme dans les femmes , le ressort que donne la contrainte aux passions qu’elle retient : voilà le fond des mœurs du sexe le plus fort. »
Mabmontel, Éléments de littérature.
Note L.