À LA GUÉRISON
D'un grand nombre de difformités et autres cas de pathologie externe.
Dans toutes les sciences comme dans l’industrie, la découverte d’un principe qui offre d’heureuses applications pratiques ne tarde point à acquérir une extension considérable, dont il ne paraissait
même pas susceptible lors de son apparition. C’est sous ce point de vue, que la rhinoplastie peut être considérée au nombre des plus précieuses conquêtes qu’ait faites le génie de l’homme dans l’intérêt de l'humanité. La preuve évidente que le principe sur lequel repose cette opération est bon, et ne saurait plus être répudié, c’est que non content de raccoutrer des nez au moyen de la greffe animale , les chirurgiens restaurent aussi,
l’aide d’un semblable moyen, des pertes de substance d’autres organes non moins importans.
Nous désignerons, sous le nom de Blépharoplastie(x) l'opération par laquelle on régénère pour àinsi dire, plus ou moins complètement, la paupière supérieure ou inférieure, soit que cette organe ait été détruit par une blessure, par une brulüre , ou par une ulcération quelconque; soit qu’il ait été simplement déformé accidentellement, ou par un vice de conformation congéniale. Pour procéder à la réparation de la paupière supérieure , on taille le lambeau aux dépens de la peau du front, un peu en dehors et deux lignes au-dessus de l’arcade sus-orbitaire. On le fixe ensuite par trois ou quatre points de suture dans V emplacement qu’il doit occuper. Quant au lambeau qui doit servir à réparer la paupière infé-
(1) Nom composé de deux racines grecques : b/epharon ( paupière), plattein (former).
rieure on l’emprunte à la partie de la peau qui, recouvre la région malaire, ou mieux encore sur la tempe, ainsi que le pratique M. Blandin, qui a complètement réussi dans deux essais de ce genre. Si l’on néglige de donner une disposition oblique au pédicule, seul moyen d'en éviter la section, on ne doit procéder à ce second temps de l’opération qu’au bout de sept à huit jours. M. Frinke a procédé de la sorte chez un sujet âgé de 63 ans, qu'il à opéré avec un plein succès.
Dans cette opération plastique , plus encore que dans tout autre, il est nécessaire de prendre un :
lambeau très large, parce que ceite portion de RAR À q P peau, faute de pouvoir être fixée dans tous les sens, revient toujours beaucoup sur elle-même.
L'otoplastie (1)a pour objet essentiel de réparer la perte du lobule de l'oreille , et même d’une partie de la conque ou du pavillon de cet organe, au moyen d'un lambeau de peau qu’on emprunter soit en avant sur la tempe, soit en arrière sur la région mastoïdienne , etc. Il est aussi très important dans toutes les restaurations auriculaires de donner au lambeau une étendue de moitié plus considérable que ne l’est la perte de substance à réparer ; il faut en outre faire correspondre sa face cutanée en dehors, afin que la face saignante
(4) De otos (oreille), plattein (former).
qui doit suppurer et se couvrir d’une cicatrice, se trouve correspondre vers la tête.
La Cheïloplastie (1) est destinée à la restauration des lèvres et principalement de l’inférieure qui est plus sujette que la supérieure à être détruite par le cancer. Les procédés opératoires qu’on peut mettre en usage pour guérir cette affreuse difformité, sont très variés, suivant que l’on met en œuvre les portions restantes de la lèvre incomplètement détruite, et dont on régularise les bords ulcérés à l’aide d’une incision en V, soit qu'on emprunte le lambeau réparateur au menton ou au cou. On peut donc faire l’application des procédés rhinoplastiques à la cheiloplastie ainsi que l'ont fait avec succès MM. Dupuytren, Delpech, Lallemand, Dieffenbach et autres, en faisant l'emprunt du lambeau aux parties voisines pour le contourner et le fixer à l’aide des points de suture sur l'emplacement qu’il doit occuper. Une autre méthode dite française par opposition à la précédente , qui est nommée sndienne , consiste dans la dissection, le décollement et l'allongement de la couche musculo-cutanée , qui avoisine la perte de substance.
On pourrait aussi recourir à la méthode tagliacozzienne (2), c’est-à-dire emprunter le flambeau
(1) De keilos (lèvre), plattein (former).
(2) Tagliacozzi assure en effet avoir réussi par sa méthode.
( 3520) aux tégumens du bras, de l’avant-bras, ou de la main.
La Génoplastie (1) ou l’art de restaurer les joues, soit que la perte de substance n’affecte que l’une de ces parties,soit qu’elle s’étende ou nonjusqu’aux lèvres, a été le sujet de nombreuses tentatives opératoires. Le lambeau doit être emprunté à la partie latérale du cou , immédiatement au-dessous de la mâchoire inféricure, et en avant du muscle sterno-cleido-mastoïdien. Le procédé de M. Lallemand d’après lequel on n’est pas obligé de faire la section du pédicule, est préférable à celui de M. Dupuytren qui, dansdes circonstances de cette nature, a appliqué la méthode indienne, telle qu'on l’emploie pour la rhinoplastie, d’après la méthode des Koomas. Il est presque inutile de rappeler que la nécessité de faire la torsion du pédicule et de le diviser plus tard, pour en obtenir secondairement l’agglutination, présente de graves inconvéniens qu'on évite au moyen du procédé opératoire de
M, Lallemand.
La staphyloplaste (2) ne consiste point, comme semblerait l'indiquer son étymologie, dans la restauration exclusive de la luette, mais bien dans l’emploi des divers moyens qu’on met en usage
(1) Du mot latin gena (joue), plattein (former). (2) Staphula (luette), plattein (former).
pour remédier aux divisions avec perte de substance du voile du palais et secondairement de la luette qui n’est qu'une portion de cet organe. Les procédés de MM. Roux et Dieffenbach, consistent dans une disposition particulière à donner aux incisions qu'on pratique sur les parties latérales de la voûte palatine et du voile du palais, ce qui permet de rapprocher les deux bords de la division de cet organe, pour en pratiquer la staphyloraphie (suture du voile du palais). Quant à l’application de la méthode indienne, relativement à ce genre de restauration, elle consiste d’aprèsle procédé de Bonfils, à tailler sur la voûte palatine un lambeau d'’étendue suffisante, qu’on dissèque d’avant en arrière, qu’on renverse pour le tourner sur son pédicule (1) et l'adapter, au moyen de quelques points de suture, aux bords de l’échancrure qui correspondent à la perte de substance du voile du palais.
La Palatoplastie (2) est cette partie dela prothèse chirurgicale qui a pour objet d’obturer au moyen d’un lambeau de là muqueuse, soit une perforation, soit un défaut de soudure inter-maxillaire de Îa voûte palatine. Tel est, par exemple, le procédé
(1) I serait plus simple et tout aussi avantageux d'opérer cette ver— sion ou ce déplacement en arrière, sans tordre le pédicule, disposition vicieuse qui n’est qu'une difficulté de plus ajoutée à l'opération.
(2) Palatum (palais, voûte palatine), et plattein (former).
de M. Krimer. Ce praticien propose de faire à droite et à gauche de l’ouverture et à quelques lignes de ses bords, d’arrière en aŸant, une incision comprenant toute l'épaisseur de la membrane muqueuse qui tapisse le palais. On en détacherait d'une manière convenable deux lambeaux latéraux, qui, disséqués et renversés sur eux-mêmes pour être amenés sur la ligne médiane , y seraient réunis par un nombre suffisant de points de suture, qui , d’après les heureux essais de M. Krimer, ont pu être enlevés au bout du quatrième jour. L’agglutination, dit-il, s’est parfaitement opérée, et la voûte palatine s’est trouvée entièrement restaurée. Quant au procédé Palatoplastique de M. Roux (improprement appelé uranoplaste) qui consiste tout simplement à rapprocher, à l’aide de quelques points de suture, les bords préalablement avivés de la division que présente la muqueuse palatine, conjointement avec la fenie plus ou moins considérable qui existe entre les maxillaires supérieurs, on devrait plutôt lui donner la dénomination de palatoraphie. Cette opération est à la palatoplastie, ce que la rhrnoraphie est à la rinoplastie.
La bronchoplastie (1) a pour but de restaurer les fistules aériennes du larynx et de la trachéeartère, lorsqu'elles sont causées par une perte de substance assez considérable pour que les bords de
rt
(x) Bronchos (gorge), plattein (former).
la solution de continuité ne puissent se rapprocher, soit par un vice de cicatrisation, soit par leur adhérence intime sur les caftiages dk larynx, soit enfin dans les cas de fistule aérienne simple, dans lesquels la réunion ordinaire par points de suture aurait complètement échoué. Nous emprunterons à M. Malgaigne deux passages relatifs à ce genre de raccoutrement bronchoplastique (1).
Dans un cas de fistule située entre l’hyoïde et los hyoïde et le cartilage thyroïde, M. Dupuytren donna à la plaie une forme longitudinale, en disséqua les bords, les réunit par quatre points de suture entorüllée, et échoua. M. Velpeau appliqua le procédé suivant. »
« Vu l'insuffisance de ce moyen, il tailla un lambeau plus long que large sur le devant du Îlarynx, le renversa de bas en haut, ne lui laissant qu’un pédicule de quatre lignes; le roula sur sa face cutanée, qui, par ce moyen, devint centrale ou interne ; en fit enfin un cône tronqué, ou plutôt une portion de cylindre qu'il engagea perpendiculairement jusqu’au fond de la perforation, rafraîchie préalablement, traversa le tout avec deux longues aiguilles et termina par la suture entortillée. La réunion eut lieu presque partout; il ne
(1};On; peut consulter, pour plus de détails sur, cette observation, l'article; bronchoplastique que M. Malgaigne a inséré dans son intéressantiManuel de médecine opératoire, dont nous avons l'intention de publier incessamment l’analyse.
resta qu’une petite fente fistuleuse, qui céda plus tard à un nouveau point de suture entortillée. »
Toutefois, M. Malgaigne pense que le procédé ancien dont s’est servi M. Dupuytren, aurait eu des chances. de succès, si la plaie eût été rapprochée de haut en bas, plutôt que de droite à gauche. Les plis de la peau, dit-il, nuisent dans cette partie à la réunion des plaies longitudinales, comme 1l s’en est assuré dans ses expériences sur les animaux ; aussi est-ce le motif qui l’a engagé à adopter l’incision transversale pour la laryngotomie sous-hyoïdienne. TR
La suture entrecoupée, ajoute-t-il, devrait remplacer alors la suture entortillée ; et peut-être assurerait-on mieux encore la réunion en taillant les deux lèvres de la plaie en biseau , la supérieure aux dépens de son bord externe, l’inférieure aux dépens de son bord interne.
L'oschéoplastie (1) nous trace les principes d’après lesquels le chirurgien peut refaire un scrotum de toute pièce, voir même le fourreau du pénis, en totalité ou en partie, dans les cas où ces enveloppes tégumentaires auraient été profondément altérées par un éléphantiasis, rongées par une ulcération vénérienne ou cancéreuse , soit enfin dans les cas où elles auraient été détruites par la gangrène, etc. Lorsqu'il s’agit de raccoutrer ou
(1) De oskeon (scrotnm), plattein (former).
de refaire un scrotum, l'emprunt du lambeau doit être fait à la faceinterne ct supérieure de la cuisse correspondante pour le premier cas, et aux deux côtés s’il est nécessaire de refaire complètement une enveloppe aux deux testicules entièrement dénudés par une inflammation gangréneuse , suite d'un épanchement urinaire(r). Quant au fourreau à fournir au pénis dans le cas peu supposable de sa destruction complète , ou assez étenduc pour qu'il fût nécessaire de recourir à ure opération plastique, Femprunt du lambeau pourrait être fait sur la ligne médiane de l'hypogastre, immédiatement au-dessus du pubis (2).
L'application des principes oschéoplastiques dans les cas d'énormes tumeurs éléphantiaques du scrotum, qu'on observe parfois en Europe, mais qui sont très fréquens en Orient et surtout en Egypte, présentent des modifications importantes qui n'avaient été qu'imparfailement indiquées
(1) J'ai pratiqué et réussi cette opération chez un jeune homme de 25 ans. Cette observation trouvera place dans le Traité d'autoplastie generale que je me propose de publier.
(2) Les historiens rapportent que, du temps des empereurs romains , les juifs, pour se soustraire aux impôts vexatoires dont ils étaient l’objet, cherchaient à effacer les traces de la circoncision en se soumettant à une opération, espèce de Bosteplastie (de ROSÉ) prépuce), qui avait fo but de leur refaire un prépuce. Celse décrit à ce sujet deux procédés opératoires, dont l’un est applicable à l’absence congéniale du prépuce, et l’autre à celle qui est le résultat de la circoncision. Mais comme il n’est pas probable que personne soit jamais disposé à une opération de ce genre , dans le seul but de corriger une difformité anssi insignifiante, et
jusqu’à ce jour, mais que notre confrère M. Clot- Bey, vient de préciser d’une manière remarquable dans l’histoire détaillée des opérations de ce genre qu’il a pratiquées tant à Alexandrie qu’au Grand-
Caire.
Premier procédé opératoire employé par
M. Clot-Bey.
« Le malade placé horizontalement sur une table couverte d’un matelas et de coussins, l’opérateur armé d'un bistouri convexe, taille trois lambeaux sur la tumeur éléphantiaque. Le premier de forme oblongue d'environ quatre pouces de largeur sur six de longueur, à la partie supérieure antérieure et moyenne, pour servir d’enveloppe à la verge cachée sous ce même lambeau dans la
comme d'autre part les motifs qui pouvaient engager les juifs à s’y soumettre ont cessé, ilest inutile que nous en donnions ici la description. Néanmoins, MM. Roche et Sanson rapportent que J.-L. Petit ayant voulu remédier par l’une de ces opérations à une absence congéniale du prépuce , il n’en résulta qu’une espèce de bourrelet incommode. M. Vel peau prétend que les essais postéplastiques de Dieffcnbach ont suffisamment prouvé que #e dernier auteur, ainsi que Sabatier, ont eu tort de considérer comme inutiles et impossibles ces différentes espèces de restaurations du pénis.« Le prépuce, dit-il, est apte à subir tous lessenres de raccoutrement qui se pratiquent à la face ou sur le nez. « Maïs une circonstance importante que ces Messieurs auraient dû prendre en considération, c’est qu’une seule érection, motivée ou non, détruirait de fond en comble et en un seul instant, les résultats de la posteplastie la mieux opérée ct l'appareil postéplastique le mieux appliqué.
masse de la tumeur, les deux autres latéraux demicirculaires, pour recouvrir les testicules , s’étendant chacun des côtés de la base du premier lambeau au périnée. Une sonde cannelée introduite dans le méat anormal, sert à isoler le pénis. Les testicules qui sont ordinairemeni dans un état sain, doivent être mis à découvert, au moyen d’une incision sur le trajet des cordons, ét séparés de la masse de la tumeur qu’on emporte par quelques coups de bistouri. Lorsque les testiculesse trouvent contenus dans un hydrocèle, la tunique vaginale doit être incisée du sommet du testicule à sa base, afin de laisser librement échapper le liquide qu’elle contient, et de pouvoir être excisée des deux côtés , dans le cas où elle serait trouvée épaissie ou ulcérée. Si les testicules, sont en effet dans l’état normal, on les place dans les deux lambeaux tégumentaires quisont rapprochés et assujettis par des points de suture , pratiqués du périnée à la base de la verge; celle-ci est enveloppée à son tour avec la peau qui lui est réservée, et dont les bords Sont réunis de la même manière le long de l’'urètre. Pendant la dissection, l'opérateur devra conserver une portion du prépuce, afin de la réunir par quelques points de suture à la partie antérieure du flambeau vers la base du gland. »
M. Clot-Bey ajoute, qu'après plusieurs opérations de ce genre, qu'il a toujours pratiquées avec succès, le fourreau du pénis et l’enveloppe scrotale étaient si exactement formés, qu’il failait
( 540 ) avoir assisté à l'opération, pour croire que la chivurgie püt obtenir d’aussi étonnans résul-
tats (1).
Second procédé oschéoplastique mis en usage par
M. Clot-Bey.
Ce procédé diffère du précédent en ce que, au lieu de me servir du lambeau antérieur pour envelopper le pénis, je me suis servi des tégumens propres de cet organe, qui avaient élé renversés sur eux-mêmes et entrainés en bas par le poids de la tumeur, en formant ainsi une sorte de canal artificiel. Cette méthode me paraît préférable , parce que cette peau conserve presque toujours son élat de parfaite intégrité , et qu’elle n’est point, comme celle du pubis, recouverte de poils. Voici de quelle manière doit se pratiquer cette opération , dans le cas où l’on se serait assuré que la peau renversée du pénis est intacte : « Je commencerais par faire deux incisions, à partir du centre du pubis, qui iraient se terminer au périnée , d’où 1l résulterait deux lambeaux demicirculaires. En second lieu , Je Circonscrirais, par deux incisions RAIN PE le contour de
| (x) L'unc de ces opérations fut pratiquée le 27 mars 1830, chez un marabout dont la tumeur éléphantiaque du scrotum pesait 110 livres, non compris une quantité considérable de sérosité qui s'était écoulée pendant et après l’extirpation.
(34) orifice du canal anormal, et après avoir disséqué les lambeaux, dégagé le pénis et les testicules, et abattu le pédicule de la tumeur , les lambeaux seraient rapprochés , et l'angle supérieur des tégumens du pourtour de Forifice urinaire serait placé dans lPangle rentrant , produit par les in- CISIONS SUPÉrIEUTCS. »
Ce procédé , qui est à peu près analogue à celui que le docteur Gaëtant à mis en usage au Grand- Caire , est en effet plus simple et plus rationnel que ceux qu’on avait employés jusqu'à ce jour. G. de Salicet, Imbert de Lones , ct plus tard MM. Larrey, Roux et, Delpech, ont iracé, en France, les principes relatifs à cette opération. Je n'ai fait qu’un exposé très rapide de l’apphcation duprincipe rhinoplastique à l’oschéoplastie, parce queje n’ai eu pour objet que d'indiquer les ressources de l’art dans des circonstances aussi graves. Tous les détails opératoires qui s’y rapportent, ne pouvaient trouver place dans un chapitre qui n’est qu’accessoire à mon travail spécial sur la rhinoplastie.
L'urétroplaste (x).
Ne seraitl pas possible d'étendre lapphication du principe autoplastique à certains cas de fistules
(1) De urethra (urètre), plattein (former).
(542) urinaires incurable, par suite d’une perte de substance très considérable qu’aurait éprouvée la portion spongicuse du canal ?
Après certaines inflammations g gungreneuses qui avaient porté leur action destructive sur une étendue plus ou moins considérable de lurètre, la perte de substance qu’a éprouvée ce canal, est parfois trop considérable pour qu'il soit possible d’opérer le rapprochement des bords de l'ouverture fistaleuse, Le malade seraitdone condamnéà une espèce d’hypospadias (1) exirémement incommode , qui, en outre, le rendrait incapable de procréer, et contre lequel les ressources de l’art seraient impuissuntes, si l’urétroplastie ne fournissait le moyen de réparer cette grande brèche, au moyen d’un lambeau d'emprunt. « Je doute , disait J. Muller, qu'il soit possible de fabriquer un nouvel urètre , par l’application au pénis d’un morceau de la peau de la
(1) On a donné le nom d'hypospadias à un vice de conformation congénial ou accidentel du canal de l’urètre chez l’homme, caractérisé par la sortie de l’urine au travers d’un méat anormai situé dans un des points de la face postérieure du penis. Lorsqre cette ouverture est située près de la racine de cet organe, il coexiste para un défaut de soudure antérieure entre les deux portions du scrotum, qui présente alors sur sa ligne médiane, une espèce de fissure qui siruule l’onverture de la vulve; ce qui à pu, dans certaines circonstances, induire en erreur sur le sexe de l’individa , ou le faire considérer comme un hermaphrodite. On a nommé, par opposition, épispadias, un vice de confornsation qui consiste dans la situation anormale de l'ouverture de l'urêtre sitnée audessus du pénis. Il est facile de comprendre que, dans l'un et L'autre cas, le spermene pouvant être lancé au loin et en ligne droite, ces personnes sont impropres à la génération.
cuisse. Cependant, cette idée mérite d’être prise en considération , moins par rapport à l’hypospadias congénial que peut-être à l'égard de l'accidentel. » En effet, des expériences ultérieures ont démontré que , malgré le peu de succès que Dieffenbach avait rétiré de ses tentatives urétroplasliques, À. Cooper, au contraire, dans une circonstance analogue, est parvenu à guérir une fisitule urétrale, aa moyen du greffement d’un lambeau de peau ; 1l le détacha du scrotum, le rabattit sur l’ouverture fistuleuse où il le fixa avec quatre points de suture et des emplâtres agglutinatifs.
Ne pourrait-on pas aussi, dans certains cas désespérés de destruction énorme du pourtour de Panus, par suite d’une inflammation gangréneuse, tenter d’y remédier, dans les cas où cela paraîtrait utile, par le greffement d’un lainbeàu qu’on emprunterait à la fesse qui correspondrait au côté détruit ? Nous avons lieu d'espérer que, les progrès de la science donnant toujours plus d’extension à l’auloplaste , nous posséderons par suite des travaux importans auxquels se livrent d'habiles opérateurs, des règles précises sur l’urétroplastie ,
la proctoplastie (1), ete., etc. N'a-t-on pas déjà .
publié en Allemagne des essais cranioplastique recommandés par MM. Percy et Maunoir de
(1) De proctos (anus), plattein (former).
Génève , et répétés dernièrement à Paris par M. ÂAmussat? |
Il est certains ulcères cancéreux, scrophuleux, ou autres, dont l’action destructive n'ayant pu être arrêtée qu'après une perte de substance de toute la partie tégumentaire, située entre l’angle interne de l’œil et l'oreille, donnent lieu, par la difficulté ou l’impossibilité du rapprochement des bords, soit à une caric, soit à une nécrose souvent au-dessus des ressources de l’art : il est d’autres cas moins malheureux, où ces ulcères sont suivis d’une cicatrisation difforme qui tiraille violemment en haut et en dehors les paupières de l'œil correspondant , et une partie des traits. Dans une circonstance pareille, j'avais proposé à la malade une opération de cc genre : monintention était d'emprunter le lambeau cutané au-dessus de loreille ; mais la malade s’y étant absolument refusée , la cicatrisation ne put s’établir, le périoste s’enflamma , les os s’exfolièrent, une céphalalgie intense et continue se déclara, et la mort ne tarda point à terminer cette scène de douleurs. |
À la suite d’une carie ou d’une nécrose , par un coup de feu reçu au front, on a vu des personnes chez lesquelles, la balle ayant perforé la tabletantérieure des sinus frontaux. une fistule aérienne aussi incommode que dégoütante avait fini par s'établir. Lorsque la perte de subtance osseuse était un peu considérable , et que les bords de la
à { 345 ) plaie , après avoir longuement suppuré, n’avaient pu, malgré tous les efforts de réunion , contracter adhérence qu'avec les bords plus ou moins irréguliers de l'ouverture fistuleuse , le mal était alors réputé incurable. Dorcnavant, grace à l'autoplastie, ce sera une des lésions dont la guérison pourra être opérée avec une assurance de succès, dontil n’est guère permis de douter, vu la simplicité du procédé opératoire qu’'exigera ce genre de lésion : il suffirait de faire l'emprunt du lambeau à la partie supéricure du front. Je ne balance point à proposer cette opération plastique, parce que j'aiconscience intime des résultats avantageux qu’eile peut procurer, # .
L’autoplastie (1) est, sans contredit, un genre presque tout nouveau de prothèse chirurgicale qui est susceptible de rendre de grands services à l'humanité, et peut acquérir un haut degré de perfectionnement. Les opérations délicates et multipliées qu’elle nécessite, exigent des études spéciales qu’on a trop négligées jusqu’à ce. Jour, mais qui ne tarderont point à fixer l’attention des praticiens et surtout de ceux qui sont chargés de l’enseignement pratique de la chirurgie. Certes, si, en Allemagne, en Italie et en France, on a déjà senti la nécessité de créer dans les écoles de médecine ou les hôpitaux de clinique, une chaire
(1) De autos (soi-même), plaëtein (lormer).
particulière pour les affections oculaires, comme on l’a fait aussi pour les opérations de la lithotritie, nul doute que le gouvernement ne devienne tôt ou tard désireux de compléter l’enseignement médical, en établissant une nouvelle chaire non moins importante, qui serait spécialement consacrée à l’enseignement et aux progrès des opérations aulonlastiques (1).
L'histoire abrégée, ou, pour mieux dire, l’exposition succincte que je viens detracer des difformités et des cas pathologiques qui réclament les secours de l’autoplastie, est loin de compléter le cadre des diverses et multiples lésions qui peuvent en nécessiter l’application. Je n’ai eu que l’intention d’exquisser l'indication sommaire d’un travail spécial, dont je réunis en ce moment les nombreux matériaux, pour en faire l’objet d'une prochaine publication.
(1) Tontes les dénominations grecques que j'ai été obligé d'employer pour désigner chaque série d'opérations plastiques, m'ont paru devoir être adoptées comme moyen facile d'indication, parce que leur étymologie désigne assez bien l'organe qu'il s’agit de réparer.
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