‹ De la rhinoplastie, art de restaurer ou de refaire complètement le nezChapitre 21 sur 36 · PLANCHE HUITIÈME · texte numérisé non relu

PLANCHE HUITIÈME

Les trois premières figures représentent le portrait d’un jeune garçon, âgé de douze ans, qui a été opéré et guéri par M. Delpech, d’une difformité congéniale, qui mettait toute la cavilé nasale gauche à découvert.

Représente l’état de cet enfant avant l'opéra- Uon. On voit une fente qui s'élève jusque dans l'angle interne de l’œil, et qui a isolé l’aileron gauche du nez. L’'os carré et l’apophyse nasale de l'os maxillaire de ce côté manquaient totalement. Le côté gauche du nez n’a pas acquis le développement normal dans le sens de la longueur, et l'aile du nez se trouve suspendue bien au-dessus de 5a situation naturelle. Il manque la moitié interne de la paupière inférieure; on voit la conjonctive à nu, et une membrane muqueuse continue, d'une part avec la conjonctive, d'autre part avec la membrane interne du nez, tapisse une sorte de rigole ou gouttière large et superficielle, sur laquelle les larmes s’écoulaient sans cesse, et d’où elles se répandaient sur la joue. Dans le fonds de cette goutlière et sous les parties molles qui la formaient, on ne sentait pas de parties dures; ce qui porle à croire que non-seulement l'os carré

gauche, l’apophyse nasale de l'os maxillaire correspondant manquent, mais encore l’os unguis, le côté correspondant de l’ethmoïde, et peut-être une portion des parois du sinus maxillaire, À travers la fente du côté gauche du nez on voit deux éminences ou surfaces convexes recouvertes de la membrane muqueuse des fosses nasales : elles sont fixées sur la cloison; leur face interne est concave; enfin tout cela indique une disposition renversée des cornets moyen et inférieur. Il est vraisemblable que ce sont en effet ces mêmes cornets séparés de la paroi externe et rapprochés de la paroi interne.

KReprésente l’opération rhinoplastique pratiquée par M. Delpech pour guérir la -difformité indiquée dans le en précédent.

aaa. Forme de la plaie qui a été faite pour obtenir le lambeau réparateur.

bb. Lambeau renversé, tordu et ajusté aux deux côtés de la fosse nasale.

c. Un pli que l’on a formé dans le bord interne, devenu externe du lambeau, par l'effet de la torsion et parilequel on a cherché à simuler la paroi gauche du nez.

dd. Le bord interne de la fente congéniale, que l’on a égalisé par une résection en ligne droite,

e. La paupitre inférieure, tendue et relevée par l'effet des points de suture dun bord externe du lambeau, tandis qu'une grande partie de la sclérotique était à découvert par l’éraillement palpébral que nous avons indiqué dans Îa figure tr.

N. B. On voit que l’extrémité interne de la moitié de la paupière inférieure qui existait, n’a pu être rajustée d’abord exactement avec le point correspondant du bord externe du lambeau à cause de sa torsion. On voit aussi d’après cette lithographie, que, pour la même raison, il en a été de même du point le plus voisin de l’angle interne de l'œil et du point correspondant du bord interne du lambeau. C’est ce qui a nécessité une seconde opération, ainsi qu’on le rapporte dans l'observation.

Er FIGURE 9.

Elle représente le portrait de l'opéré, après qu'il a été complètement guéri.

On voit la cicatrice fraiche et peu apparente de la plaie formée pour obtenir le lambeau qui est réuni sur le côté gauche du nez. L’extrémité supérieure de ce même lambeau, rajustée exactement, d’une part avec l'angle interne de Îa paupière su- périeure, sous la caroncule lacrymale, et d’autre part avec l’extrémité interne de la demi-paupière inférieure complète cette dernière en la ramenant à peu près au niveau de sa position naturelle, sur le globe de l'œil. Comme cette extrémité supérieure

du lambeau ne tient pas aux parties sous-jacentes et n’est réunie que par ses bords, elle forme une sorte de canal plat et large par lequel les larmes sont amenées dans le nez. Cette même extrémité supérieure libre et faisant suite au bord de la paupière inférieure, retient les larmes comme ce dernier; et agité par les contractions de cette même paupière, ce lambeau reçoit des mouvemens qui sont suffisans pour diriger et pousser les larmes dans la fosse nasale.

Portrait de J. Mazet, âgé de cinquante-six ans, dont le lobe nasal a été détruit par un ulcère syphilitique. La cloison avait perdu sa moitié inférieure, il ne restait qu'une très petite portion formant saillie au-dessus de la lèvre supérieure.

Représente l'individu précédent, qui a été opéré par M. Delpech. Toute trace de difformité a complètement disparu, les contours du lobe nasal raccoutré s'accordent si bien avec ceux des ailes du nez et de la face, qu’en examinant le profil de l’opéré il était, dit M. Delpech, presqu'impossible d’apercevoir les marques de sa restauralaquelle a fait disparaître toute trace de l'aile gau-

che du nez. (Z7ouir fig, 1.)

tion nasale. La cicatrice linéaire était d’autant mieux dissimulée qu’elle se confondait avec les marques de la petite vérole, dont la figure de Mazet portait de nombreuses traces.

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