‹ De la rhinoplastie, art de restaurer ou de refaire complètement le nezChapitre 20 sur 36 · PLANCHE SEPTIÉME · texte numérisé non relu

PLANCHE SEPTIÉME

Portrait de Pierre Lanelongue qui, à la dernière guerre d'Espagne (1823), reçut un coup de sabre qui, pénétrant entre les sourcils, lui abattit la totalité du nez et une petite portion de la lèvre supérieure. Os, chair et cartilages, tout fut arraché. La commotion fut si violente, que Lanelongue, perdant connaissance , fut renversé de cheval et laissé pour mort sur le champ de bataille. La figure de Lanelongue, devenue une vraie tête de mort, inspirait un dégoût insurmontable à tous ceux dont il s’approchait, ce qui le réduisit à la plus affreuse misère et dans le dernier état d’abjection. Ce fut dans cet état que l’auteur Île rencontra aux environs d'Aix en Provence, et lui offrit de le guérir de son affreuse difformité.

Représente P. Lanelongue, à qui l’auteur a fait, en 1827, un nez de toutes pièces. La métamorphose fut si complète que ses amis avaient d'abord peine à le reconnaître. L'auteur à revu Lanelongue en 1828 et en 1829; son nez s'est toujours bien conservé et ne diffère des autres que parce qu'il est un peu moins proéminant et

cerné d’une cicatrice linéaire qui, de bleue qu’elle élait, a fini par devenir blanche. Quant à celle du front elle n’offre rien de remarquable; son extrémité supérieure se perd sous les cheveux, sa largeur est réduite à moins de deux lignes, etson extrémité inférieure correspond à la racine du nez un peu à droite.

Appareil contentif pour pratiquer la rhinoplastie d’après la méthode italienne qui consiste à emprunter au bras, le lambeau de peau nécessaire pour la restauration nasale. Il faut que la main et l’avant-bras restent appliqués sur la tête durant le nombre de jours nécessaires pour que le lambeau de peau contracte une adhérence intime avec Îles contours de l’ancien nez qu'il est destiné à restaurer.

Lambeau de peau emprunté au front et devant servir à refaire un nez compiet. C'est à peu près la forme d’un triangle isocèle dont les deux côtés. égaux , supposés longs de trente-deux lignes, sont réunis par une base de vingt-huit lignes qui présente sur son milieu un appendice rectangle d’un pouce de long sur six lignes de largeur. Ce lambeau de peau est supposé resté adhérent par son

pédicule situé entre les sourcils; sa rétraction est déjà opérée, ce qui lui donne une étendue moins considérable que celle que nous avons indiquée ci-dessus. La languette de peau doit servir à former la sous-cloison; les deux angles latéraux arrondis doivent simuler les deux ailes du nez.

Représente le précédent lambeau doublé sur sa face profonde et disposé de manière à représenter les différentes parties du nez. L’exirémité libre de la languette paraît plus prolongée que les ailes du nez, parce qu’elle doit être implantée dans une ouverture profonde, pratiquée dans toute l’épaisseur de la lèvre supérieure , immédiatement au-dessous des fosses nasales.

FIGURES 6 et 7.

6e Elle représente un individu dontle lobe nasal et les ailes du nez ont été détruits. On voit au milieu de l'ouverture la disposition normale dela cloison nasale; sur la partie antérieure et moyennede chaque joue, on aperçoit le tracé des lambeaux elliptiques destinés à former les ailes du nez; aa portionstriangulaires qui doivent être retranchées aux deux lambeaux, afin que les deux parties BB, après avoir été contournées de haut en bas et portées d’arrière en avant vers la ligne dorsale du

nez, pour y former le lobe de cet organe, puissent y être mises en rapport exact et réunies entre elles par deux points de suture (voy. fig.7,aa), tandis que d’autres points de suture les fixeraient supérieurement sur les parties latérales et inférieures du tronçon nasal (r). (voy. fig. 7, BB.) CG, tracé du lambeau quadrilatère allongé, qui doit être emprunté à toute l'épaisseur de la lèvre supérieure pour servir à former la sous-cloison nasale. L’incision droite doit être prolongée jusque dans l’intérieur de la narine correspondante, tandis que la gauche n'arrive qu’à une ligne de la fosse nasale. Ce lambeau quadrilatère allongé, aprés avoir été contourné de gauche à droite, et porte en haut et en avant, doit être fixé à la parlie antérieure et inférieure de chaque nouvelle aile du nez par un point de suture (eoy. fig. 7, co). Quant à la plaie labiale, elle doit être réunie par quelques points de suture entortillée (voy. fig. 7, dd). Il en est de même des deux plaies elliptiques des Joues: trois ou quatre points de suture entrecoupée où entortillée suffisent pour en rapprocher exactement les bords et donner lieu à une cicatrice linéaire (voy. fig. 7, ee). | Ce genre de rhinoplastie, proposé par l’auteur,

(4) L'auteur préfère donner à ces deux lambeaux la forme elliptique plutôt que celle d’une pyramide dont le sommet correspondrait aunez, parce que la plaie qui en résulterait donnerait lieu à une cicatrisation difficile et difforme.

n’est pas d’une exéculion aussi difficile qu’elle paraît l'être au premier abord. L'avantage que présente cette opération, c’est de ne laisser après elle que des cicatrices linéaires peu apparentes, ainsi qu’on peut le remarquer sur la figure 8.

Elle représente l’état des cicatrices provenant de l’opération sus-mentionnée.

Représente le lambeau de peau frontale, tel

qu'il doit être taillé d’après les modifications imaginées par l’auteur.

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