‹ De la Rhinotomie Sous-Labiale Dans Certaines Déviations Graves de la Cloison NasaleChapitre 20 sur 26 · A. RESULTATS IMMÉDIATS · texte numérisé non relu

A. RESULTATS IMMÉDIATS

Nous pouvons considérer ces résultats immédiats de deux façons, selon que nous envisageons l'état local ou l’état général du malade.

19 Etai local :

Malgré la facilité de son exécution, malgré la rapidité avec laquelle l'opération peut être conduite, il est de toute évidence que les parties molles qui forment la face et le nez se ressentent des tiraillements auxquels on les a soumises. C'est là un fait

TA que nous ne pouvons nier. Mais cette légère tumé faction qui suit immédiatement toute intervention par le procédé de Rouge, n'est cependant pas celle que certains auteurs ont bien voulu décrire, ces derniers temps surtout.

Dans le Münchener medizinische Wochenschrift de 1908, nous avons lu de Brünings un long article, intitulé : Résection orale ou nasale de la cloison. Un des gros inconvénients que cet auteur trouve dans le procédé de la rhinotomie sous-labiale consiste dans la tuméfaction éncrme et persistante de la face. Nous nous hâtons de dire que cette opinion s'éloigne très sensiblement de la vérité. Comme nous l'avons dit plus haut, cette enflure du visage existe : tous les opérateurs, depuis Rouge, l'ont constatée. Mais ce qu’ils ont vu aussi, c'est sa limitation à la lèvre supérieure, au nez dans son ensemble et aux sillons naso-géniens. Ce qu'ils disent encore, et Kretschmann est très affirmatif sur ce point, c'est la disparition complète de cette tuméfaction naso-labiale au bout de trois à quatre jours, coïncidant avec le retrait des drains-tampons qu'on a pu placer.

Continuant avec énergie sa critique de l'opinion soutenue par Kretschmann, Brünings reproche à la méthode orale des lésions plus étendues de la muqueuse que dans la méthode nasale. À première vue, la critique de Brünings peut paraitre bien fondée. Mais, cependant, nous ne croyons pas, et ceci est une idée générale applicable à d’autres procédés, nous ne croyons pas qu'il soit nécessaire de

tenir absolument compte de l'intégrité de la muqueuse, des deux côtés de la cloison. L'’adossement des deux muqueuses, respectées sur toute leur étendue pendant l'intervention, après résection de la malformation cartilagineuse, est le but généralement recherché. Il semble que le résultat seul valable de l'intervention soit à ce prix. Eh bien, malgré l'opinion de la généralité des auteurs et des chirurgiens, nous croyons que le résultat sera également très bon dans le cas où seule la muqueuse d’un côté sera respectée. Une muqueuse suffit à former le diaphragme nécessaire entre les deux fosses nasales. D’ailieurs, nous avons précédemment insisté sur ce point spécial.

Dans le Monatsschrift fur Ohrenheilkunde,no7,1910, Halle parle longuement de la querelle de Kretschmann et de Brünings. Il reprend les arguments de Brünings contre la méthode orale. Il dit, comme nous venons de l’exposer, que l'application du pro-

cédé de Rouge non seulement nécessite la narcose, non seulement peut amener des lésions plus graves de la muqueuse, mais encore entraine des suites opératoires moins simples, puisque le malade doit garder le lit quelques jours. Nous ne pouvons pas voir là une objection bien grave. Evidemment, l'intervention est plus considérable, en rapport avec une déviation plus considérable elle-même, et puisque l’anesthésie générale est indispensable, un court séjour au lit ne peut étonner. C’est un argument sans valeur, puisqu'il est tout entier contenu dans l’un de ceux déjà cités, la narcose.

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Quant aux résultats pratiques, ils sont bons et ne peuvent être contestés. Après un Rouge habile: ment fait, tous les graves symptômes objectifs et fonctionnels, dont nous avons fait l'étude, ont disparu. La forte déviation pour laquelle la rhinotomie sous-labiale a été mise en œuvre n'existe plus. Certes, le septum n'a pas acquis la rectitude parfaite qu'aucun procédé et aucun chirurgien ne peut lui donner. Mais il est sensiblement droit. L'arête nasale, si elle était déviée latéralement, est ramenée dans un plan presque sagittal. Quant à la respiration, elle bénéficie largement de l'intervention. Le patient, dont les fosses nasales sont maintenant libres, peut faire comme normalement de fortes inspirations par le nez. La respiration orale tend à se supprimer, selon ia volonté du malade, au bénéfice de la respiration nasale. Et ce bien-être, dû au rétablissement de la fonction, est un des résultats immédiats les plus probants pour justifier l'intervention.

Les douleurs de tête, sur lesquelles le porteur d'une déviation grave du septum attire souvent l'attention du médecin, disparaissent avec le retour de la respiration nasale.

Ce sont là des résultats que l’on ne peut chercher à contester, tant leur évidence est nette.

20 Etat général.

Quant à l’état général, une intervention aussi simple ne peut l’'atteindre, si la technique opératoire que nous avons indiquée a été bien suivie.Il n’y aura à peu près pas d'élévation de température, si tous

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les soins d’asepsie nasale et buccale que nous avons prescrits ont été exécutés. Mais une opération est surtout grave par les suites qu’elle peut avoir : infection, fièvre, etc. Or, et nous insistons sur ce point, la fièvre, quand elle existe, ne dépasse guêre a8° et disparaît dès le second où troisième jour. Brünings parle d'une infection possible par la plaie labiale. C'est chercher bien loin des arguments contre la méthode que nous défendons. Cette infection est si peu à redouter que beaucoup d'auteurs, parlant du Rouge, recommandent même de ne pas suturer la plaie opératoire. C'était, d’ailleurs, l'avis de l’auteur du procédé : « L'opération terminée, dit-il, on lave à grand eau, pour enlever le sang et les caillots, puis on laisse retomber la lèvre qui se réunit toute seule, sans suture quelconque ». Voici encore, parlant sur le même sujet.ce que dit Kretschmann: « Malgré la longue plaie du sillon gingivo-labial, l’infection n’est pas à craindre, à cause du peu de virulence des germes buccaux ».

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