DES OPÉRATIONS PORTANT SUR L'ENSEMBLE DE LA CLOISON
Ces opérations ont pour but la mobilisation de la cloison soit cartilagireuse, soit osseuse, enemprun- ‘ant toujours les orifices naturels comme voie d'accès.
A propos de Ja mobilisation de lacloison cartilagineuse, nous parlerons des procédés ‘dé Hajek, de: Asch et de Moure.
L'ingénieux principe sur lequel sont basés ces procédés est le suivant: former au niveau de la déviation du Séptum uné valve, un volet plus ou moins mobile sur sa charnière qui serà dans un deuxième temps refouléet maintenu du côté de a
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fosse nasale la plus perméable. Hajek, au bistouri et par transfixion du cartilage, forme un volet à peu prés rectangulaire, ayant l'articulation chondro ethmoïdale pour charnière. Au bistouri et à l’aide de cisailles, Asch fait une section cruciale du cartilage formant ainsi quatre lambeaux. Moure pratique deux incisions du cartilage quadrangulaire, l’une parallèle à l’arête du nez, l’autre au ras du plancher et forme ainsi un lambeau à charnière postérosupérieure.
Ce sont là d'excellentes méthodes, ne nécessitant qu'une anesthésie locale et corrigeant bien la plupart des déviations de la cloison. Leur exécution est assez facile et l’instrumentation en est très simple. Nous nous permettrons cependant de signaler certains de leurs désavantages.
Les seules déviations cartilagineuses sonttraitées, de sorte qu’une déformation un peu profondément située ne peut en bénéficier. De plus, le procédé de Hajek a l'inconvénient de déterminer la formation d’un épaississement inférieur dans la narine perméable. D'autre part, l’incision cruciale de Asch ne peut s'appliquer aux déviations de la partie inférieure, car le redressement des deux triangles inférieurs devient alors presque impossible Enfin le procédé de Mourene peut être mis en œuvre que pour le traitement des déviations cartilagineuses tout à fait antérieures et peu prononcées.
Il existe encore un autre mode de chirurgie intranasale, se proposant également le redressement des
déviations de la cloison. Nous voulons parler des 2 M
Ut — procédés ingénieusement employés par MM.C.et F. Martinet exposés par eux dansle Lyon Chirurgical de Janvier 1910. La méthode de ces auteurs consiste à obtenir la correction de la difformité en deux temps successifs :
«lo En produisant sur la cloison des fracteurs multiples et en ramenant les fragments ainsi produits sur la ligne médiame. C’est une sorte de traumatisme opératoire.
9 En immobilisant ces fragments en bonne position, c'est-à-dire sur la ligne médiane au moyen d'un appareil qu'on laisse en place jusqu’à la consolidation complète. »
L'écrasement de la cloison est produit par une pince plate, dontles deux mors sont introduits dans l’une et l’autre narine, de force au besoin. Les diverses parties de la cloison brisée étant bien ramenées sur laligne médiane, on applique r’appareil de contention. « Celui-ci est composé de deux lames parallèles de caoutchouc durci, de 1 centimètre de largeur, réunies entre elles à leur extrémité antérieure par un fil d'or faisant ressort ctqui tend à les rapprocher. Ces lames s'enfoncent dans les narines de chaque côté de la cloison par leurextrémité libre. Chacune d'elles est doublée à sa face interne par une autre lame de caoutchouc durci. Ces dernières sont articulées sur les précédentes par un rivet placé à leur extrémité antérieure. Elles sont mobiles de bas en haut, et sont soulevées par un ressort s’attachant sur les lames inférieures, un peu en arrière du rivet ».
Le traitement des déviations par le procédé que nous venons d'exposer, donne des résultats excellents. Il est rapide, brusque, nous dirions même un peu brutal, et peut s'appliquer aux malformations de toute l'étendue du septum. Entre les mains exercées de ses auteurs, il a largement fait ses preuves. Mais, désirant suivre fidèlement notre plan d'étude critique, nous nous permettrons de signaler ses inconvénients.
Comme nous venons de le dire, ce procédé est brutal et aveugle. La déviation disparait sous la pression de la pince, mais la muqueuse est profondément meurtrie et le squelette du septum porte souvent, même assez loin des points de pression, les traces du broiement. De plus, le maintien d’un appareil de contention, même parfaitement imaginé et construit, pendant le temps relativement assez long de quatre à six semaines, est difficilement accepté par le patient. Et si, chez l’adulte,on peut encore compter sur la patience et sur la volonté de guérir, nous ne pensons pas que l’on puisse faire, chez l'enfant, l'application exacte de la méthode.
Voici terminée l'étude des divers procédés des déviations de la cloison nasale que nous nous proposions. Nous l'avons faite un peu brève, désirant nous arrêter plus longuement sur l'étude de la rhinotomie sous-labiale, qui fait l’objet de notre travail.