‹ De la richesse minerale. Consideration sur les mines, usines et salines des differens etats, presentees comparativement ... Avec un Atlas infolio de 65 planches (volume 2)Chapitre 108 sur 121 · GRAND-DUCHÉ DE BERG · texte numérisé non relu

GRAND-DUCHÉ DE BERG

Supplément au tableau statistique , pag. et résumé des renseignemens présentés , pag. 4' , 17* et o3o, concernant les divers états qui composent aujourd’hui le Grand- Duché (1809) ( Voyez la carte ci-jointe).

Jusqu’ici nous n’avons pu considérer que séparément les mines et a ines du comté de la Marck, des pays de Tecklenbourg, d'Essen, de Siegen, de Dilienbourg et de l’ancien duché de Berg. Aujourd’hui que tous les établissemens de ces diverses contrées sont réunis dans le sein d’un même état, ils assignent au grand-duché un rang avantageux parmi les pays ■ dont nous avons essayé de comparer la richesse minérale.

Considérons ici ce nouvel ensemble de mines et usines, de la même manière que nous avons réuni sur le tableau les faits relatifs aux autres étals, d’après leur étendue et leur population en 1807 et 1808.

ru» actati de* mi- Si nous embrassons d’un coup-d’œil les établissemens qui sont exploités dans le grand-duché de Berg, soit pour le compte du souverain, soit pour le compte de particuliers concessionnaires, leur ensemble offre les résultats sui vans, d’après un terme moyen calculé avec soin (en 1809). «

On obtient , année commune, en produits bruts des mines et usines,

Argent 4°° niarcs.

Plomb . -i,586 quintaux de 110 livres.

Cuivre i,556 idem.

Fer en barres

Fonte de fer moulée. . . • Acier forgé (dit acier naturel) Cobalt (minerai de). . . • Zinc (oxide de) ou calamine .

Houille

Vitriol (de fer)

Alun

i3o,o8i quintaux de 110 livres.

39,448 idem. *

67,160 idem.

289 idem.

3,54° idem.

6,041,612 (î) idem.

70 idem.

600 idem.

Les mines de plomb argentifère et de cuivre sont situées principalement aux environs de Siegen et de Dillenbourg; les usines de ce genre y sont au nombre de seize , dont chacune est peu considérable, car elles ne renferment, en tout, que seize petits fourneaux pour le premier fondage des minerais. Plusieurs de ces établissemens sont méine hors d’activité; cependant l’exploitation du cuivre et du plomb paroit susceptible de faire un jour des progrès importans dans cette contrée, où l’objet principal sera long-temps encore le travail du fer.

L’ensemble des usines à fer du grand-duché de Berg présente trente hauts fourneaux et cent trente-quatre feux d’af- Cnerie, dans lesquels on traite la fonte pour en obtenir, soit du fer en barres, soit de l’acier naturel. C’est surtout dans le pays de Siegen, et sur le territoire de l’ancien duché de Berg, que sont situés les hauts fourneaux; quant aux feux d’afïinerie, ils sont disséminés dans ces deux contrées, dans le pays de Werden et dans le comté de la Marck.

La quantité considérable de fer en barres, de fonte moulée et d’acier naturel dont il a été question ci-dessus, quoiqu’elle

(1) Le pied cube de houille mesurée n'est estimé ici que soixante- Jivres pesant.

Plomb et cuirrr.

For et tcUr«

Importation de foute brute.

Importation

houille.

sorte, année commune, des usines du grand-duché de Berg, ne provieift pas entièrement des mines ouvertes sur son territoire. De l’exploitation de ces mines, il ne résulte annuellement pour les usines du grand-duché que cent quarante- trois mille deux cent trente-deux quintaux de fonte de fer brute , qui correspondent à peu près à cent sept mille quintanx de fer en barres, et vingt-neuf mille quatre cent quatre-vingtseize quintaux de fonte pour acier, qui correspondent à vingtdeux mille quintaux d’acier forgé qu’on en peut obtenir, d’après la proportion adoptée communément dans les usines de cette contrée qui est renommée pour la qualité de ses minerais de fer. Le surplus des produits que fournissent les usines provient de ce qu’il entre dans le grand-duché de Berg, et particulièrement par les établissemeus du pays de Nassau- Usingen , quatre-vingt mille sept cent douze quintaux de fonte de fer brut, et soixante mille quatre cent quatre-vingt-treize quintaux de fonte pour acier. C’est par cette importation que les usines da grand-duché se trouvent en état de fournir, ainsi que nous l’avons vu ailleurs , aux besoins multipliés des manufactures métallurgiques du comté de la Marck et des environs de Solingen. II s’exporte peu de fer en barres et peu d’acier qui ne soit manufacturé ; cependant le graud-duché de Berg fournit annuellement au pays de Hesse-Darmstadt environ dix-sept mille quintaux de fonte de fer brute.

Pour peu que l’on jette les yeux sur la carte do grand-duché de Berg, on remarquera que, tandis que sa région méridionale fournit les métaux aux manufactures qui sont situées dans la région du centre, celles-ci reçoivent facilement la houille des mines qui abondent dans la région septentrionale. Cet heureux concours de circonstances, propres à éveiller

l'industrie, a déjà procuré de précieux avantages aux divers pays dont se compose le grand-duché; ils ne peuvent que s’accroître encore, dès que les circonstances seront favorables au commerce. Aujourd’hui, le grand-duché renferme cent quatre-vingt-quatre mines de houille en activité. La quantité de combustible qui s’en extrait, année commune, surpasse de beaucoup les besoins du pays; il s’en exporte environ la moitié, principalement vers la Hollande.

Si l’on calcule la valeur des produits bruts qui résultent de l’activité des mines et usines du grand-duché de Berg, et qui en résultent au moyen des substances minérales qu’il tire de son propre territoire, c’est-à-dire si l’on évalue sa richesse minérale absolue, comme nous avons évalué celle des principaux étals, on trouve qu’elle s’élève à six millions de francs; telle est la valeur des produits bruts qui proviennent annuellement du sol même de cet état, sans aucune importation. Si l’on fait le même calcul, en y faisant entrer la valeur totale des métaux qui parviennent, pour la première fois, dans les usines du grand-duché à l’état de pureté ou de malléabilité, mais sans que tout provienne de ses mines, on voit que les mines et usines du grand-duché de Berg fournissent annuellement, tant en objets provenans du sol même du pays, qu’en métaux obtenus des matières importées brutes par l’étranger, une valeur de huit millions de francs.

Nous ne nous arrêterons ni aux exploitations de calamine dont il a déjà été question ( pag. i ya ) , ni aux fabriques d’alun et de vitriol que la carte indique suffisamment , ainsi que les mines de cobalt et les ateliers relatifs à l’emploi des terres et pierres. Ces établissemens sont encore peu considérables.

Parmi les trois salines que possède le grand-duché, la plus

Richesse minérale absolue.

Zinc , cobalt, etc.

Saline*.

Nombre d'oOTTier* employée.

B illicite minéral^ relative.

considérable est celle de Kcenigsborn dont nous avons fait mention (pag. 198). Le produit total des trois établissemeus s’élève, année commune, à cent vingt-cinq mille huit cent soixante-trois quintaux de sel (muriate de soude) qui composent une valeur d’environ un million de francs.

Le travail des mines de houille occupe directement

et habituellement, ci 5 1 4.3 hommes.

Sans parler des ouvriers qui leur procurent les matériaux de leur travail, ou qui en font circuler les produits.

Le travail des mines et usines k fer, considéré de même, et seulement jusques et compris le travail des feux d’affineric par lesquels on amène la fonte

brute à l’e'tat de métal pur, dit fer en barres, ou

d’acier naturel, occupe directement 1 337

Le travail des mines et usines b cuivre, plomb, argent et cobalt ( idem) 1 a 19

Le travail des salines (û/em) ia5

Le travail des ctablissemens relatifs à l’alun, au vitriol, à la calamine, environ 70

Total 5893 hommes.

D’après un grand nombre de faits analogues à cette recherche, on peut admettre que le travail qui a pour objet de procurer les matériaux aux mines, usines et salines, ou de faire circuler leurs produits , occupe quatre fois autant d’hommes qu’il y en a d’employés habituellement dans les ateliers.

Veut-on appliquer au grand-duché de Berg les moyens de comparaison que nous avons employés dans le tableau stalis-

tique (pag. a4°) pour indiquer la richesse minérale relative des principaux étals ? On se rappellera que le grand-duché présente une étendue d’environ cent trente-huH myriamètres carrés et une population totale de huit cent soixante-dix-huit mille cent cinquante-sept hahitans. Comme il convient de ne faire entrer dans ce calcul que la valeur des produits des mines et usines, qui provient du sol même du grand-duché, c’est-à-dire sa richesse minérale absolue ( six millions de francs), on trouvera que sa richesse minérale relative est exprimée, quant à l’étendue, par le nombre a » 5 j et quant à la population, par le nombre o,oo34 (i).

Les détails qui ont été présentés dans le cours de cet ouvrage ( pag. 173 et a3o ) , suffiront pour faire sentir que le grand-duché de Berg possède réellement plus de fabriques ayant pour objet l’industrie manufacturière du règne minéral, que ne l’indique proportionnellement le nombre ai5 trouvé ci-dessus, suivant les conditions de notre calcul. Il sera facile de se rendre raison de l’excédent, par l’importation de fonte pour fer et pour acier qui a lieu dans ses fabriques. La même réflexion s’applique à l’emploi de sa population par l’industrie manufacturière du règne minéral. D'après des recherches faites avec soin, on estime que les travaux de tout genre, relatifs aux mines, usines, salines et manufactures métallurgiques, occupent dans le grand-duché de Berg, tant sous terre que dans les ateliers au jour, dans les forêts, sur les routes et sur

Industrie manufacturière.

(1) Voyez les explications qui précèdent le tableau statistique (pag. 309 et suiv.) et tes colonnes de ce tableau, qui ont pour objet la richesse minérale relative.

les rivières, environ soixante-dix mille ouvriers mâles; ce nombre d’hommes travaillant indique, d'après le rapport adopté par plusieurs écrivains, l’entretien de deux cent quatrevingt mille individus de l’un ou l’autre sexe; ainsi, l’on est porté à croire que l’industrie du règne minéral fait vivre un tiers de la population de ce pays.

Page 1