‹ De la richesse minerale. Consideration sur les mines, usines et salines des differens etats, presentees comparativement ... Avec un Atlas infolio de 65 planches (volume 2)Chapitre 40 sur 121 · MINE DITE DOROTHÉE. I MINE DITE CAROLINE · texte numérisé non relu

MINE DITE DOROTHÉE. I MINE DITE CAROLINE

On a vn ci-dessus quel produit net la mine de Dorothée a distribué à ses actionnaires dans le cours du dernier siècle 5 il équivaut à une somme de 19,619,080 francs. Ce n’est pas, à beaucoup près , le seul fruit d’une telle exploitation ; on en jugera par les détails suivans , qui sont extraits des registres.

La concession Dorothée, c’est-à-dire le champ total de cette compagnie d’actionnaires, s’étend sur une longueur de cent quarante-une toises un quart, ( lachters ) , mesurées à la surface du terrain , suivant la direction du filon , et présente une largeur d’environ dix toises, puissance moyenne de ce même filon : ainsi, la superficie sous laquelle s’étendent les travaux de cette mine , est à peu près de deux arpens ( mesure de Brunswick), et deux arpens d’une terre impropre à l’agriculture. De l’exploitation ouverte sur ces deux arpens, on a obtenu, depuis l’année 1709 jusqu’à l’année 1807, l’une et l’autre inclusivement:

838,733 f marc» d’argent.

768,845 quintaux de plomb.

3,585 quintaux de cuivre.

En calculant l’argent à 12 rthlrs le marc, le plomb au prix moyen de 6 rthlrs , et le cuivre à a5 rthlrs le quintal , on voit qu’à ces deux arpens correspond un produit brut dont la valeur est 14.737,359 rthlrs, 00 64j,07>5i • francs pour les quatre-vingt-dix neuf années qui viennent d’étre indiquées.

Les frais d’exploitation de la mine de Dorothée, y compris la préparation et Je fon^ge de ses nouerais, se sont élevés en totalité, pendant le même temps,

A la somme de ... 4*936, 476 rthlrs.

Si l'on y ajoute le produit net des actionnaires

énonce plus haut 4>5io,i53

On obtient le totü

En soustrayant ce total de la valeur du produit brut ( 14.737,359 rtldrs), ou trouve pour reste une somme de 5,290,930 rihlrs.

Cette dernière somme comprend, i.° les fonds que la mine de Dorothée a été dans le cas de fournir, tant pour l’entretien de la galerie d’écoulement, dite Drey zehn-lachter-stollen , que pour le percement de la nouvelle galerie, dite 2 'iefe-gcorgstollen ; en un mot, pour la conservation de l'ensemble des mines; 2.0 les fond» que le souverain a perçus directement, comme produit net , par la chambre de commerce, pour la seule mine de Dorothée.

Que l’on prenne le terme moyen de ces résultats pour un long espace de temps, et l’on aura une idée assez exacte de l’influence des grandes exploitations sur la prospérité publique ; mais ce n’est point d’année en année que l’on peut établir des calculs statistiques sur les mines, comme l’agriculture en établit au sujet des produits de la terre, dont le renouvellement annuel lui est promis, pour prix de ses travaux , par la nature des êtres organisés. Dans les mines , c'est la sagesse dadministration qui peut seule triompher des circonstances naturelles, # créer les espérances, les réaliser, les renouveler et rendre les avantages durables. Où en seroit l’exploitation de la mine de Dorothée, aujourd’hui florissante? où en seroit l’ensemble des exploitations du Hartz? où en seroient tous les avantages politiques quf résultent de leur conservation , si , considérant cette mine comme un trésor trotqpî, ou» comme un bienfonds, ou comme une carrière, ou comme une manufacture, d’après les fausses analogies que cherchent communément, à cet égard , les personnes qui n’ont jamais vu de grandes exploitations souterraines , on se fût contenté , il y a cent ans ,

on d’épuiser le trésor, à la hâte et à peu de frais; ou d’affermer le bien-fonds de deux arpens, qui n’a commencé à présenter les minerais riches qu’à une profondeur de cinquante a cent toises, ou d’exploiter la carrière par des fouilles superficielles; ou enfin d’abandonner aux entreprises des spéculateurs, comme une manufacture, cette mine qoi n’a commencé à donner quelque produit net qu’après avoir été long -temps soutenue, non-seulement par des avances de fonds considérables, mais encore par les secours d’épuisement, d’airage, d’extraction , de préparation et de fondage des minerais que l’ensemble des autres mines pouvoit seul lui fournir?

Pour faciliter l'intelligence et la vérification de tous les extraits de registres qui seront réunis dans ce Mémoire, nous exposerons ici la forme générale suivant laquelle est tenue la comptabilité des mines et usines.

Dans le Hartz, ainsi que dans tontes les mines de l’Aile- cu«iJrî*r ■»•magne, le calendrier des mines diffère du calendrier grégo- * rien pii est divisé en quatre trimestres égaux, dont chacun porte un nom particulier; ainsi l’on compte:

i.° Trimestre Reminis ccre.

a.° — —— — - TriniUUis.

3° — — Crucis.

. 4* Luciæ.

Chaque trimestre contient exactement treize semaines ; chaque semaine est indiquée dans son trimestre par un numéro, depuis i jusqu’à 1 3. Dans l’origine, l’année des mines et usines commcnçoit avec l’année commune; mais comme on ne peut payer les ouvriers et régler tous les comptes- que d’après des semaines complètes de travail, il est arrivé que

les jours d intercalation de l’année commune n’ont pas pu être introduits dans l’année des mines : de cette manière, l’année des mines s’est trouvée pins courte que l’année commune; et, d’année en année , le calendrier des mines a compté son premier jour de l’an dans le mois de décembre du calendrier grégorien , toujours en l’éloignant davantage de l’époque du premier janvier. Par exemple, l’année des mines, appelée 1807, a commencé le 19 octobre 1806; et l’année courante des mines, appelée 1808, a commencé le 18 octobre 1807.

Le calendrier des mines dn Bas-Hartz retarde de quinze jours sur celui des mines du Haut-Hartz. Les comptabilités de trésorerie sont réglées de Crucis à Crucis.

Lorsqu’après un laps de temps convenable, l’année des mines et l’année commune diffèrent exactement d’un trimestre, on compte une année des mines, de cinq trimestres pour rétablir la concordance : c’est ainsi qu’entre les années 1740 et 1753, il s’est trouvé un trimestre complémentaire, indiqué sur le tableau précédent. Il sera facile de faire dispa- * roitre la différence de calendrier , qui n’est pas sans inconvéniens ; mais il étoit indispensable d’employer dans ce Mémoire Je même calendrier que les registres ( 1 ).

Revenons pour nn moment à l’extrait des registres concernant la distribution du produit net depuis la fin du seizième siècle : nous aurions pu le faire remonter, d’après un ouvrage ancien (de Henning Calvœr), jusqu’à l'année i537; mais

(1) Aujourd’hui, d’après le decret royal qui n'admct que le calendrier grégorien, les mines et usines sont dirigc’es d'après ce calendrier; l’on a compté cinq trimestres dans l’année des mines 1807 (a5 juin 1808).

plusieurs des pièces qu'il cite ont été perdues dans l’incendie de la ville de Zellerfeld. Il est essentiel de remarquer, au sujet du tableau tel que nous le présentons, d’après les registres existans, que, depuis l’année 1790, les mines de Zellerfeld donnant peu d’espérance aux actionnaires, il n'a été acquitté par eux que des sommes très-peu considérables sur les appels de fonds fixés par le conseil des mines, et que la caisse d’exploitation a été dans le cas de fournir une partie du déficit pour la continuation indispensable des travaux. La même observation a lieu pour plusieurs des mines de Clauslbal, comme nous le verrons plus tard.

Après avoir exposé ce qui concerne les actionnaires, considérons ce qui a rapport, dans l’administration des mines du Hartz , aux intérêts de l’état et du souverain : c’est ainsi que nous développerons les engagemens récipropres du roi, des habitans, des actionnaires ; engagemens dont l’observance est le premier devoir des conseils des mines.

Les droits du roi consistent ,

1.® A percevoir le dixième sur le produit brut de toutes les mines, sauf les exemptions qui sont accordées à la plupart d’entre elles par décision spéciale ;

a.® A jouir de ses quatre actions franches sur les cent trente de chaque mine en bénéfice;

3.® A construire les grands ouvrages relatifs à l’activité de tout un ensemble de mines, c’est-à-dire les étangs, les galeries générales d’écoulement, les bocards et les fonderies; à opérer exclusivement le lavage et le fondage des minerais, et à percevoir de chaque mine, pour ces divers objets, une rétribution déterminée, mais qui est en général peu considérable;

4 “ Enfin , à ne tenir compte aux mines des métaux ob-

Droit* du souverain sur les mines et utio

CHifufer* commerce.

Tr^werk de»

Ma.

tenus dans les usines que pour un prix fort au-dessous de celui du commerce, et à opérer exclusivement la vente de ces métaux, excepté l'argent , par le moyen d'une chambre dite Berghandlung. Cette chambre ne reçoit du Haut-Hartz que le plomb et le cuivre ; elle paie aux mines le plomb a rlblrs 37 niariengros, et le revend dans ce moment 738 rthlrs : elle paie le cuivre 36 rthlrs, et le revend de 35 à 4° i elle livre les marchandises au commerce par le moyen de ses factoreries établie^ dans les principales villes du Hanovre, ainsi qu’à Magdebourg, Brème et Hambourg.

Les fonds dont la chambre de commerce $e trouve être redevable envers les diverses mines, pour les métaux qui en proviennent, sont versés par elle dans la caisse de la trésorerie des mines. Il existe une telle trésorerie pour chacun des trois districts; elle s’appelle caisse des dîmes ou Ze/inte , parce que c’est elle qui perçoit les droits du souverain, dont il a été question ci-dessus; mais elle opère en même temps toutes les recettes du district de mines, à charge de faire face à toutes les dépenses : elle reçoit aussi l’argent provenant des usines, en lieut compte aux mines au prix de 8 à 9 rthlrs par marc brut , le livre à la moimuie où le marc fin est frappé à 13 rthlrs, et le met en circulation à la (in de chaque semaine, par le paiement public des ouvriers et employés quelconques. Ou peut voir, dans les Voyages métallurgiques de Jars, l’énumération des emplois disùucls que nécessite l’activité de tels élablisseinens.

Tout étant offert à la notoriété publique, dans cette administration, il existe un contiôle rigoureux et réciproque entre les opérations des mines, des bocards, des usines, de la trésorerie , de la chambre de commerce. Les pièces de ce con-

tr<Ve sont 1rs comptes en nature et les comptes -en deniers

fournis par chacune «les branches de l'administration. Ils sont examinés, à la tin de chatjue semaine, dans la séance générale du conseil des mines, à laquelle sont tenus d'assister tous les oiiieiers et employés.

Voyons maintenant quels sont les eneagemens du souve- 4.

rain , tant envers les actionnaires qu envers les habitans .t.onn.ir*. «t i#* du Hartz, et quels sont les engageincus des uns envers les w"“l autres.

i.° Le souverain fournit gratuitement tout Je bois qu’exigent les. constructions , soit souterraines, soit extérieures, les besoins des habilans et les travaux métallurgiques, sauf les frais de coupe et de transport, qui sont toujours à la charge de la partie prenante. 4 0

a.* le souverain maintient à un prix modique la poudre, le suif et l’huile nécessaires à l’exploitation des mines; c’est-àdire, sa chambre de commerce, sur ses bénéfices, paie la différence considérable qui existe entre la valeur actuelle de ces objets et le prix fixe auquel ils soDt livrés aux mines par les factoreries établies à cet effet , ainsi que nous le verrons plus lard.

3.* Le souverain fournit de même le fer à un prit modique, dans tous les ateliers, par le moyen de ses grandes usines à fer, des factoreries ad hoc qui dépendent de la trésorerie des raines et des petites forges situées à portée de chaque établissement. L’indication du prix fixé depuis long-temps, pour chaque objet, se trouvera sur les tableaux qui doivent suivre, ainsi que les quantités de consommation annuelle.

4" Le souverain solde le eprps des olhciers des mines, des usines, des forêts. Les sous-officiers et les ouvriers sont payés

ta *

par les mines, d’après les étais de cliaqae semaine, nommés Anschnitt , c’est-à-dire au compte des actionnaires.

5. ° En vertu des privilèges accordés aux mines du Hartz, et vu la modicité des salaires qu’il, importe de ne pas faire varier, le souverain fournit les grains aux ouvriers à un prix lixe et modévé. Pour cela , il enlrelieut un magasin de sub-

, sistanc.es, situé à Osterode, au pied du Hartz, daus le pays de Grubenhagen. Les dépenses relatives à cet objet, sur lequel nous reviendrons avec plus de détails, sont supportées en partie par les raines, c’est-à-dire par les actionnaires, mais pour la plus grande partie par le souverain.

Tout homme non marié, qui travaille dans les mines, bocards ou nsines du Haut-Hartz , reçoit par mois un boisseau ( Himten) de seigle, jæur le prix de majiengros : l’homme marié en reçoit deux,chacuu pour le même prix. Les veuves d’ouvriers, sans enfans, reçoivent chacune un boisseau par mois; et ce secours peut s'élever, quand ellés out des enfans, jusqu’à quatre boisseaux pour huit semaines. Les mineurs invalides ont aussi part à cette distribution, suivant l’exigence des cas ; mais ils ont une caisse particulière dont il sera fait mention plus tard.

6. " Quand les objets de consommation non taxés, tels que cbanvre et cuir pour les mines, chaux et plâtre pour les contructions, toiles pour le lavage des minerais, ceudrcs pour les. opérations métallurgiques, graisse pour les machines , etc. , viennent à renchérir au point qu’un établissement ne puisse en supporter la dépense en entier, le conseil des mines lui accorde, au nom du souverain, une indemnité proportionnelle à ses besoins reconnus. Cette dépense est comprime avec celle relative à l’article suivant, sous le nom

général d'indemnité extraordinaire ( exlraordinœre Zulage ); elle est portée, à la lin de chaque semaiue, dans le compte des mines, c’est-à-dire des actionnaires.

7.0 Les voituriers des mines et usines sont indemnisés, dès que le prix du boisseau d’avoiue excède 12 marieugros. La trésorerie des mines prend pour base, dans le paiement de l'indemuité, que chaque cheval consomme cinq boisseaux d’avoine par semaine : elle rembourse en outre aux voituriers, pour chaque cheval, la cinquième partie du prix d’estimation, .

Nous reviendrons plus tard sur I indemnité extraordinaire.

8.° Les ouvriers blessés ou malades reçoivent les soins des médecins et chirurgiens des mines, les medicamens d’une apothicairerie privilégiée qui est établie dans chaque ville, et un secours pécuuiaire proportionné à leurs fonctions. Cet objet est porté, pour chaque semaine, dans le compte de chacune des mines : c’est pour les actionnaires, ainsi que plusieurs de9» objets énoncés, une obligation dout le souverain est garant. .. . , •

9.0 Le souverain et les actionnaires sont conjointement Caisse de Hienfaicaution de la caisse de bienfaisance établie sous le nom de jTnl'uVci Knappschaftscasse , pour le paiement des pensions accor- l><ic,r'i*

dées tant aux veuves qu’aux mineurs invalides. Celle caisse a ses recettes particulières; l’une provient d'un droit qui lui s est payé par les mines au prorata des quantités de minerais livrées aux usines; mais à charge par la caisse de contribuer pour un tiers à l’entretien des horloges et des cloches. Les autres causes de recette, pour cet établissement de bienfaisance, sont une retenue qui s’opère propoj lionnellement au salaire des chefs d’ateliers et ouvriers tant des mines que des tocards;, un supplément payé par chaque mine, à la liu du

CatM? ic bienfaisance pour le* usines.

trimestre, sar le pied de 24 mariengros pour chaque ouvrier présent; enfin, le produit net qui provient dn fordage, tant des minerais triés parmi les déblais des anciennes mines, que des rebuts des bocards, dits After , que l’on met à profit pendant l’hiver.

Les fonds de la caisse de bienfaisance sont , ainsi que ceux de la caisse d’exploitation, compris dans les fonds de la trésorerie des miues; mais chacune d’elles tient ses registre» particuliers. Lorsque les recettes de la caisse de bienfaisance ne suffisent point à ses paietneus, le déficit est avancé par la trésorerie des mines : il en est de même à l’égard de la caisse, dite Hüttenbüchse , sur les fonds de laquelle sont payées les pensions des ouvriers des usines, et dont la recette principale consiste en une retenue sur leur salaire. Quant aux ouvriers des mines et usines à fer, des forêts et des chemins, comme ils n’ont point part aux distributions du magasin de subsistances, ils reçoivent en argent une indemnité proportionnelle au renchérissement des grains, dès que le boisseau de seigle coûte un écu rlhlr. Il eu est de métne des ouvriers des mines du Bas- Hartz. Nous verrons plus tard les détails de cette dépense, qui est à la charge du souverain; elle est acquittée par chacune des usines à fer sur ses propres recettes, et diminue considérablement le produit net qu’elles versent dans la caisse générale de la .trésorerie des mines.

Ce n’est qu’après avoir médité sur l’enchaïuement des dispositions relatives à la marche des affaires dans les mines et usines du Hartz, qu’il est possible de prendre une connoissance exacte des faits relatifs à l’état actuel de ces établissemens. Faute d’avoir pu embrasser l’ensemble et l’examiner A fond, plusieurs voyageurs ou écrivains , tant allemands que

françois, ont présenté des détails quelquefois vagues, sonvenl absurdes, et toujours capables de mener à de fausses conclusions. I.es uns ont exagéré le produit net des actionnaires; les autres, le bénéfice du souverain; d’autres, au contraire, out assuré que la compassion envers les habitans du Hartz pouvoit seule engager le gouvernement à faire des sacrifices continuels pour l’entretien des mines et usines. Sans nous arrêter à combattre, ou même à nommer les auteurs de telles assertions, voyons les faits.

Les principes d’administration des raines, qui ont été dé- »<»«»««. ■mr«

1 # 1 1 t aérobic d'orgmisation

▼elappés ci-dessus, nous présentent d’abord un résultat inté- *>«. u.m.

ressant sous le point de vue politique; c’est que le souverain ne peut retirer directement un bénéfice pécuniaire des mines du Hartz, que lorsque leur ensemble prospère, tandis que le particulier est assuré de recevoir sa part de produit net pour la mine dont il est actionnaire, quelque soit l’état des autres.

Rien de plus conforme au véritable objet de l’exploitation des mines : en effet, uu souverain est seul en état d’exploiter longtemps, s’il le faut, sans ndl bénéfice péciïniaire, paree que seul il est toujours amplement rémunéré par tes avantages politiques qui résultent de son exploitation, si elle est bien conduite. Le véritable intérêt du souverain, c'est-à-dire de l’état, est basé sur l’ensemble des ateliers et sur leur durée indéfinie; l’intérêt de l’actionnaire se borne au profit qui peut provenir d’un atelier pendant un certaia espace de temps.

Un veste ensemble de mines en activité durable, même sans produit net pour le fisc, mais seulement avec des produits en nature qui compensent les frais, est sans contredit plus avantageux pour le souverain que ne le pourroient être quelques établissemens épars de miues en bénéfice , quand même

Application froqnrnlr d>"l droit* du

souverain atu dépcn- M de rcij'loiutioa.

il ne s’agirait, chaque année, qne d’y puiser en or raonnoyé la quotité de leur produit net ; ainsi , l’ensemble et la durée des mines et usines, voilà ce que l’homme du métier et l’homme d’état doivent également désirer pour le souverain. L’actionnaire raisonnable doit sentir que ce vœu même, loin d’être contraire à son intérêt particulier, tend à faciliter et à perpétuer ses profils. Ces vérités sont faciles à démontrer; leur application existe au Ilarlz et ailleurs depuis plusieurs siècles.

Nous aurons occasion de remarquer que très-souvent les fonds provenans des droits du souverain sont appliqués à l’exploitation des mines du Hartz; mais ces fonds ne résultent eux-mémes que de l’exploitation, et ils ne peuvent en résulter qu’autanl quelle est dirigée en grand, d’après le; principes énoncés. Les droits, dont ces fonds proviennent nominativement, ne sont que conditionnels, c’est-à-dire dépendons de l’état des exploitations; et si le souverain n’avoit pas appliqué depuis long-temps une grande partie du produit de ses droits conditionnels à la conservation de l’ensemble des mines, depuis Idng-temps fl ne serait plus question, ni des droits, ni des fonds , ni des mines , ni de la population du Hartz , ni des avantages politiques de l’ezploitation. Voilà la vérité; elle sera démontrée par les faits réunis dans «e Mémoire. Certes, un tel emploi de tels fonds ne saurait être nommé un sacrifice pour un gouvernement; car un manque à gagner ne peut s’appeler une perte , même dans les comptes d’un particulier, surtout lorsque le gain pécuniaire est remplacé par d'autres avantages d’une plus grande importance, et même se représente continuellement comme gain pécuniaire indirect. Tello est effectivement la situation du Hartz, à 1 egard du souverain, . 1 '

De ce qit’utie grande partie des Vfftits régaliens est appli- Cm**™^**^ quée aux mines depuis assez long-temps, et par les principes droiu. même de l'administration, il seroit faux de conclure que ces droits soient imaginaires, ou que leur conservation soit illusoire. Non, leur conservation n’est point illusoire; car, i.°clle devient productive pour la caisse du souverain, dès que les circonstances naturelles et commerciales deviennent favorables à l’ensemble des mines ; par conséquent , elle consacre , en même temps avec justice et avec prévoyance, un titre* réel en faveur de la caisse du souverain ; titre fondé sur ce principe, que les actionnaires d’une mine qui a reçu des avances, ne peuvent point recevoir de produit net, avant que toutes les sommes, avancées par le souverain, ne soient remboursées à sa trésorerie des mines. ( Voyez ce qui a été dit ci-dessus au sujet des mines créditées et des mines débitées , pag. ç6 ).

Ce titre a souvent été pour le souverain la source d’un bénéfice pécuniaire, quand les circonstances de l’exploitation étoient plus favorables qu’elles ne l’ont été en général depuis quarante ans. Dans le moment actuel , c’est par ce titre que le souverain se trouve réellement héritier des chances avantageuses que présentent plusieurs mines débitées pour des sommes "considérables, et abandonnées par la plupart des actionnaires. •

a.° La conservation des droits du souverain et de leurs dénominations est la base des diverses comptabilités dont il importe de ne pas troubler l’ensemble, parce que c’est de la forme de chacune d’elles et de leur comparaison continuelle ; en un mot, c’est de leur coordonnation que résulte Le contrôle rigoureux qui préside à toutes les opérations.

— T . . . Titre* génertut «la

JNous rapporterons toutes les comptabilités , tant en nature compilai*.

Fiaracn et comparaison dn diverse* comptabilité*.

qu’en deniers, pour ch4(Dc district de mine, à trois titres généraux , ainsi qu’il suit : «

i.° Comptabilité des mines, bocards et usines ( Ansclinitte ) ;

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