‹ De la richesse minerale. Consideration sur les mines, usines et salines des differens etats, presentees comparativement ... Avec un Atlas infolio de 65 planches (volume 2)Chapitre 5 sur 121 · V1IJ · texte numérisé non relu

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commerce des pays qui les possèdent. Voilà pourquoi j’ai pris pour base de la comparaison les quantités de marchandises que les travaux des mines et usines procurent annuellementà chaque pays. C’est en partant de ce point , que j’ai nommé matières premières , dans tout le cours de cet ouvrage, les objets que l’industrie génératrice des mines et usines fournit à l’industrie manufacturière. Ainsi, les combustibles fossiles, plusieurs oxides, plusieurs sels métalliques ou terreux , et les métaux parvenus, pour la première fois, à l’état de pureté qui leur donne leur nom dans le commerce, sont ici des matières premières. Cette expression ne peut être que relative au but qu’on se propose. Si l’on vouloit engager une discussion à* cet égard, on pourroit dire, à la vérité, que la matière première dans les usines , c’est le minerai et* non pas le métal; mais en poussant la discussion plus loin, on trouverait que si le minerai est matière première pour le fondeur , la fonte l’est à son tour pour le forgeron-affineur, le fer

en barres pour le forgeron-martineur, le fer martiné pour le fabricant de fil de fer, et le fil de fer pour le fabricant d’épingles. Enfin, si l’on vouloit s’en tenir à la signification absolue du mot, on ne devoit peut-être nommer matières premières, que les parties constituantes des minerais, c’est-à-dire l’oxigène', le soufre, le carbone, etc. et les métaux eux-mêmes , en un mot ces êtres que les chimistes nomment corps simples, élémentaires ou du moins indecomposés.

Suivant le Dictionnaire de l’académie, la matière première est susceptible de toutes sortes de formes . Cette explication me paroît convenir beaucoup mieux aux métaux qu’aux minerais; car, ce n’est pas un simple changement de forme qu’on fait subir à ceux-ci dans les usines, c’est une véritable décomposition , et le plus ordinairement, c’est une réduction à celle de leurs parties constituantes qui peut nousdevenir utile. Les métaux, au contraire, une fois qu’ils ont atteint, dans les usines, le degré de pureté que

détermine leur nom propre de fer, de plomb , de cuivre, etc., vont recevoir toutes sortes de formes dans les manufactures. On peut donc, ce me semble, sans offenser la langue, dire que les métaux, obtenus dans les usines, sont des matières premières pour le manufacturier qui les façonne ultérieurement. D’un autre côté, il existe une telle diversité entre les minerais d’un même genre, qu’il ne me paroi troit pas possible d’indiquer, par exemple, combien de fer un état peut fournir annuellement à ses manufactures, en rapportant, d’une manière générale, combien on extrait de minerai de son territoire. Si donc on vouloit, dans un travail tel que celui que j’ai entrepris, énoncer comme matières premières, non pas les métaux, mais les minerais, il faudroit, avant d’arriver au résultat queje cherche, entrer, pour chaque pays, dans autant de détails au sujet de ses différentes mines, que j’en ai présentés au sujet des exploitations du seul royaume deWestphalic. 11 m’a paru préférable d’ordonner

la série de faits que doit offrir le tableau statistique de la troisième partie, relativement à l’emploi que les manufactures peuvent faire des produits bruts des mines et usines, et par conséquent de nommer ces produits bruts les matières premières que l’industrie génératrice offre à l’industrie manufacturier J osé espérer qu’il me suffira d’avoir déterminé le sens que j’ai constamment attaché à ces expressions.

Je n’ajouterai que peu de mots au sujet de la quatrième partie. Quelques personnes qui ont bien voulu m’éclairer de leurs conseils auroient désiré que je présentasse la direction économique des mines et usines dans une forme pour ainsi dire synthétique, et par conséquent que la quatrième partie de ce mémoire en devînt le commencement Dans une matière qui exige beaucoup d’explications, il m’a semblé plus naturel d’analyser les résultats de l’explication des ïnineset usines, d’abord pour un état, et ensuite pour tous les autres, avant d’en venir à poser les

principes dont la discussion termine le mémoire. J’ai cherché à compléter cette quatrième partie, en y rapportant le texte des principaux articles de la législation des mines, tant ancienne que moderne.

- Si cet ouvrage intéresse les amis de l’art des mines et usines, mes vœux seront comblés. S’il m’est permis de croire qu’il pourra être utile aux personnes qui se livrent à l’étude de cette partie, c’est parce que j’ai été encouragé à le publier par le gouvernement français et par le gouvernement westphalien, qui ont souscrit l’un et l’autre pour un grand nombre d'exemplaires. Sans doute, dans les circonstances qui ont facilité l’exécution de cet ouvrage, il auroit pu être exécuté par beaucoup d’autres que moi, avec plus de talent, mais point avec plus d’amour de la vérité, ni avec plus de zèle pour la prospérité des mines et usines.

Peut-être, malgré mes efforts, me seroit-il arrivé d’omettre ou de ne pas présenter exacte-

ment quelque fait essentiel, concernant les mines et usines de tel ou tel pays. Dans ce cas, j’ose compter sur l’indulgence des personnes qui , ayant une connoissance exacte des établissemens, sauront quelle difficulté on trouve quelquefois à recueillir des renseignemens précis, et je prie ces personnes de vouloir bien -m© <K»nainuniquer leurs- observations; j’en profiterai avec reconnoissance, dans un supplément que je joindrai à ce premier volume, lorsque je publierai le second qui sera annoncé dans l’introduction ciaprès.

Quant à quelques changemens que doivent nécessiter les événemens politiques qui ont eu lieu pendant l’impression de cet ouvrage, particulièrement à l’égard de la monarchie autrichienne, j’espère qu’il sera facile à chaque lecteur de se rendre raison de l’état actuel des choses, d’après la manière dont j’ai tâché de présenter les faits.

La plus grande partie de cet ouvrage ayant

été imprimée àParis, pendantque j etois en Allemagne, chargé de concourir à l’organisation des mines du royaume de Westphalie, et ensuite du duché de Berg, je n’ai pû m’occuper constamment de la correction des épreuves. Grâces aux soins des personnes qui ont bien voulu se charger de les revoir en mon absence, j’espère qu’il ne s’y trouvera pas de faute grave; cependant, je prie le lecteur de vouloir bien jeter les yeux sur Y Errata et sur les corrections qui se trouvent à la fin de ce volume.

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