Au Mexique
Dans l’intendance de Guanaxuato. près du Giganle (celte mine est exploitée, ainsi que la suivante).
A Loma del Toro, près San Juan de la Cliica, entre le Durasno et San Luis de la Paz, et entin près de
Celoya.
Jfiaei Je Coin»- Plusieurs de ces gîtes de mercure n’ont encore donné lieu TCÜ«. qu’à des travaux de recherches sans exploitation suivie, à'
cause de la facilité avec laquelle on recevoit le mercure d’Eu- • rope. La mine la plus considérable est celle qui est ouverte
à Guancavelica y au Cerro de Santa Barbara ; mais, depuis • l’année i^r)5, ce n’est point cette mine, autrefois célèbre, qui
fournit le mercure au Pérou. Celui qu’on extrait aujourd’hui auprès de Guancavelica provient des exploitations nombreuses et irrégulières que les Indiens ont ouvertes sur une multitude de petits liions qui traversent en cet endroit une roche calcaire stratiforme. Malgré le désordre des travaux, Guancavelica fournissoit, en 1805, depuis plusieurs années, environ trois mille trois cent quintaux de mercure annuellement. C’est moins que n’ont produit quelquefois les grandes exploitations de cet endroit.
Les mines de Guancavelica ont fourni ,
Depuis l'année i5'0 jusqu’en 1800, 1,075,555 1****" (i).
(1) M. Mutées, qui étoil, vers 1800, commissaire du gouvernement espagnol sur les mines de mercure «le l'Amérique, a communiqué ces rcnscignemens à M. de HumLoldt. • .Kl >•
Les registres de cet établissement présentent des details sur quelques espaces de temps indiqués ci-après.
On a obtenu, en total,
Depuis l’année îGn jusqu’à l'année 1G66, 5a3, 67a
1672 iG83, 6,000
Les produits partiels des dernières années ont.étë, En 1790. .... 3,oa 1 quintaux de mercure. 179* 1 795
Nous avons déjà vu (page 348) quelle quantité de mercure est nécessaire annuellement dans toutes les colonies espagnoles. Le Mexique seul en consomme, tous les ans, seize mille quintaux de Cent livres.
Production innu elle ca mercure.
Cnnaotnuwtion de mercure.
(1) M. Ilelms, dans son itinéraire du Pérou intitulé Tagebuch einer JReise durch Peru ( Dresde, 1 798), n’estime qu’à quinze cents qtoinlaux de mercure la production annuelle des mines de Guancavelica ( pag. 160 et suivantes). Ce renseignement est, à ce qu’il paroît, un terme moyen pris relativement à quelques années dans lesquelles l’exploitation a langui ; car le terme moyen des deux cent trente années indiquées ici seroit une production annuelle de quatre mille six ceat soixante-quinze quintaux de mercure.
Amalgamation n Mexique cl «B Saie
( aGo )
M, de Humboîdt s’est assoie que, dans le Mexique, la quantité d’argent obtenue pour l'amalgamation (Platas de Azogue) est à la quantité d’argent obtenue par la fusion, comme 3,5 : i , et non pas comme 3 : a, ainsi qu’on le croyoit avant ses •profondes recherches. On détruit en général, dans l’amalgamation mexicaine, trois quarts de livre de mercure pour produire un marc ou une demi-livre d’argent , tandis qu’à Freyberg, en Saxe, on ne détruit, pour obtenir cent marcs d'argent, qu’une once et demie de mercure; mais on ne doit pas perdre de vue qu’à Freyberg il ne s’agit d’opérer annuellement que sur soixante mille quintaux de minerais , qui sont assortis pour donner par l’amalgamation trente mille marcs d’argent. En Amérique, il faut traiter des masses énormes de minerais pauvres, ou du moins non susceptibles d’étre assortis de manière à donner une richesse moyenne égale à celle des minerais qu’on amalgame à Freyberg. Le combustible manqueroit bientôt, si l'on grilloit les minerais en Amérique , comme on le fait en Saxe; on sait d’ailleurs que l’opération exigeroit une quantité énorme de sel, et surtout de pyrite de fer, qu’on a beaucoup de peine à se procurer, même à Freyberg. Il paroit donc que les moteurs, les machines et les procédés de l’amalgamation européenne ne, seroienl que très - dillicilement applicables dans l’amalgamation américaine.
Depuis 176a jusqu’en 1781,1a Nouvelle-Espagne a détruit cent quatre-vingt-onze mille quatre cent cinq quintaux de mercure; et, seulement depuis 1776 jusqu’en 1781, elle eu a détruit cinquante-neuf mille. En i5go, le quintal de mer- « cure coûtoit aux entrepreneurs de miues cent quatre-vingt-sept piastres (à 5 liv. 10 s.); depuis 1776, le gouvernement espa-
gnol leur fournit le mercure d’Aimaden à quarante-une piastres , et celui d’Allemagne à soixante - deux piastres le quintal.
M. de Ilumboldt estime que , dans les seize mille quintaux Mb*» qui r«nn,ude mercure qui sont nécessaires annuellement à la Nouvelle- l'Amérique. Espagne, il doit y en avoir, année commune, douze mille qui proviennent de l’Allemagne; ce doit être principalement des mines d’Idria, parce que les autres exploitations de celte substance, qui sont situées eu Transylvanie et ailleurs, sont trop peu considérables pour fournir plus de mille à deux mille quin'.aux par an. Comme la mine de Guancavelica , au Pérou, ne fournit que de trois à quatre mille quintaux de mercure, ainsi que nous l’avons déjà vu, il faut que les mines d’AImadeu et celles d’Idria fournissent ensemble au moins vingt mille quintaux par anuée, ce qui est très-probable , et lorsque les mines d’Aimaden ont été réduites à ne produire que la moitié, ou même une moindre partie de celte quantité, le surplus a dû être fourni par les célèbres mines d’Idria.
Cêfte opinion s’accorde d’ailleurs avec le rapport de plusieurs auteurs qui ont indiqué le produit annuel des mines'd’Idria; mais nous verrons plus tard ce qui les concerne. Quant aux mines d’Aimaden , elles sont aujourd’hui plus riches que jamais, et leur produit annuel a excédé vingt-cihq mille quintaux dans ces dernières années.
Ou setoit proposé, en 1783, de faire usage au Mexique du mercure que fournissent abondamment les mines de la Chine.
On croyoit, d’après des renseiguemens peut-être hasardés, qu’elles pourroient en procurer annuellement quinze mille quintaux à trente-cinq piastres ; mais le peu qu’on en lit venir éloit d’une qualité médiocre, et coùtoit quatre-vingt piastres
le quintal. Depuis 1793, il n’a plus été question d'y avoir recours. *
Je ne puis mieux terminer cette recherche relativement aux mines de l’Amérique espagnole, qu’en renvoyant au magnifique ouvrage de M. de Humboldt, iutitulé : Essai politique sur le royaume du Mexique (en 1 vol. in— 4-°» accompagné d’un atlas, 3.' partie du Voyage d’Alexandre de Humboldt et Aimé Bonpland, Paris, 1 808). C’est là que l’on trouvera les détails les plus précieux sur la statistique du Nouveau- Monde, et sur tout ce qui concerne les mines des colonies espagnoles. •
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