DU GISEMENT DES MINERAIS EXPLOITABLES
L’ÉTUDE des gîtes de minerais, ainsi que celle des roches, exige qu’on Mini «sis. se soit d’abord livré à l’étude de l’oryctognosie ou minéralogie spéciale, qui, déterminant les caractères physiques, chimiques et géométriques des minéraux, offre l’histoire complète de leurs propriétés tant externes qu’internes; mais ce qu’il y a de plus nécessaire pour le mineur praticien, c’est qu’il soit familiarisé avec les signes extérieurs, â l’aide desquels, grâces aux travaux de M. Werner, on peut se mettre en état de reconnoître promptement les diverses substances.
Loin que ceux qai se proposent d’entreprendre des recherches de mines doivent se laisser effrayer par le cortège imposant qui environne aujourd’hui la minéralogie , devenue une science exacte , iis seront rede •
Tables à ses progrès de la facilité avec laquelle ils pourront puiser isolément, dans plusieurs traités classiques, les notions propres à faire distinguer les substances qui donnent lieu à de grandes exploitations.
Bornons-nous à rappeler sommairement ces substances.
On exploite en grand , pour obtenir l’or , Objets tTexpM-
Les minerais d’or natifs — les pyrites aurifères les sables et terres aurifères;
— les minerais d’argent auriferes; — le tellure natif aurifère [tchnfier^] .
Pour l’argent,' les minerais dits.
Argent natif [gtdiegtn-iilttr J ; — argent rouge ou antimonic-sulfuré [reikj’ùltigeTzJ / — minerai d'argent blanc fit'cissgulrigrr^J ,■ — minerai d’argent gris fgraugültigerçj • — minerai d’argent noir [schwar^gultigtrj ; — l’argent sulfure /g/.r nztr^J ,■ — quelquefois l’argent muriatè [tiUrrr-homer(J / — l’argent antimonial [ anùmonial-iilker] t — l’argent arsenical [ iiTitnical-ulber ] ; — le minerai ferrugineux argentifère, dit pucos en Amérique; — le minerai de plomb , dit galène, ou plomb sulfuré argentifère ; — plusieurs minerais de coivre argentifères.
Pour le plomb ,
la galène ou le plomb sulfure' [H<yg!aniJ , tantôt cristallisé, tantôt amorphe et de divers aspects; — le plomb terreux [kltytrdt] / — quelquefois le
plomb utbenaté et le plomb phosphaté.
Minerais.
Pour! étain, ,
L'étain oxide, tantôt cristallisé [ zinngraupen ] , tantôt en particules disseminées dans la roche [ zivitier J.
Pour le mercure ,
Quelquefois le mercure na;if, mais principalement le mercure sulfuré dit cinabre et le mercure sulfuré bitumineux [jinober , siahUr », UbtrtrZ, coralUiierçJ . Voy. pl. 20.
Pour le cuivre ,
Quelquefois le cuivre natif, mais principalement le cuivre pyriteux fkupftrkits ] ; — le schiste cuivreux [ hupfirtcliiifer ] — le cuivre gris [
— en plusieurs endroits, le cuivre sulturé [ kupfrrglarrçj ; — le cuivre carbonate vert ou bleu ( malachit ) , [ kupferla^ur ] : — le cuivre oxidulé [ roth-JwpfererzJ ; — le minerai de cuivre pulvérulent, dit kupftrmulm,
Pour le fer’,
Le fer oxidulé [magntt-tismiuin] / — le feroligiste [risrttglanfj ; — le fer hématite [glaskopj ] ; — le feroxidé rouge [ roth-thensttifl ] , — le fer oxidé brun ou hydraté [ braun-risentlein] ; — le fer oxidé noir [schwar^-tistnstitn] ;
— le fer carbonate ou fer spathique [ spath-eisensteinjj — le ter carbonate terreux des mines de houille [ironstone des Anglois J , [ rhonawgfr-tisensttin de M. Karsten ] ; — le fer argileux [ thon-tisenueinj,- — le fer terreux en grains [bahntrz] ; — quelquefois les minerais de fer dits fer limoneux [raicneistnsttin] mines des marais [moraslcrz] / — des lieux bourbeux [ \umpf-trjJ ; — des prairies/" w 'uitn-trçj .
Pour le cobalt.
Le cobalt gris [grautr-rptitkabtilt] j — le cobalt éclatant [gldnz-koboU] ,• — les divers cobalts terreux/" erd-kobols, kobolt-beschlag, if c. J.
Pour l’antimoine ,
L'antimoine sulfuré [ grau-ap\nglan^tr{J , rarement l’antimoine natif.
Pour le zinc.
Le zinc oxidé (calamine) [gallmty] , rarement le aine sulfuré [ bltndtj.
Pour le bismuth ,
Le bismuth natif [gtditgtntr-w'umuth].
Pour le manganèse ,
Le manganèse oxidé [ grau-braututtinergj .
Pour l’arsenic,
Les pyrites arsenicales [arttnic-kia).
Pour le soufre,
Le soufre natif [nasürlicher schn'tftlj , et les pyrites [schwiftliia,kupfcrkiti J.
Minerais.
Pour les combustibles fossiles ,
La houille de diverse» qualités et de divers aspects [ sleinhohlt] i — les lignite*, bois fossiles ou bois bitumineux [ braunkohlen ) , et la tourbe [lotf].
Pour l’asphalte [erdyechj.
Les roches calcaires et les sables imprégnés de ce bitume.
Pour l’alun ,
Les schistes alumineux falaunschitfirj ; — le minerai dit ahftninite ou pierre de la Tolfa f alaunutin] ; — certains produits volcaniques les iignitet
aluiuinifércs et pyriteux , dits terres alumineuses f alaunerde J ;
Pour le sel commun ,
Le sel gemme de divers aspects [ sifinsdl^J ; — les roches et terres salines [sa^thon, haselgtbirgtj / — les sources salées [stilçbrunncn , lohlenj.
Pour les trois sulfates métalliques ci-après, on exploite en général le vitriol natif [nal'ùrricfier-vilrulj . soit en masse, soit disséminé dans une roche qui les contient souvent tous les trois; de plus ,
Pour le sulfate de fer.
Les pyrites de fer; — les terres vitrioliques;
Pour le sulfate de cuivre ,
La pyrite de cuivre;
Pour le sulfate de zinc ,
Les roches et les terres imprégnées des parties constituantes de ce sc! métallique.
L’étude des substances dites gangues qui accompagnent habituelle- Gangue» de» miment les divers minerais, n’est pas moins indispensable dans la recherche m'ra'‘' et l’exploitation des mines, que la connois»ance des minerais exploitables. Ces gangues, telles que le quartz, le spath calcaire, le spath fluor, le spath pesant, &c. &c. , et un grand nombre d'autres substances, quoique sans valeur par elles-mêmes, deviennent d’un grand prix pour le mineur, soit en lui indiquant par leur présence celle de certaius minéraux utiles, soit en caractérisant, par leurs diverses associations , diflerens gîtes de minerais dont il devient possible de suivre les traces et de démcler les rapports, souvent très-compliqués , si l'on observe soigneusement les gangues qui les accompagnent.
C'est ainsi que Al. Werner a reconnu l'identité de certains gîtes de muerais, situés meme dans les contrées les plus éloignées , d'après la *■ 5
Minerais.
Deux cloua de
giiet.
Objets à observer.
similitude des substances qu’ils renferment, et distingué les uns des autres les gîtes d'une meme contrée , d’après la différence de leurs gangues. C’est ainsi que le même savant a non-seulement signalé plusieurs ensembles de substances minérales sous le nom de formations , comme des dépôts plus ou moins riches de tel ou tel minerai exploitable, mais encore comparé les époques de ces formations et déterminé les relations d’âge de divers minerais. Nous verrons, dans le cours de cet ouvrage , plusieurs applications de sa lumineuse méthode. Elle a été développée par lui -même dans un ouvrage classique, qui doit être entre les mains de toutes les personnes qui se livrent à la recherche et à l’exploitation des mines : c’est d’après le même auteur que nous allons considérer les divers gîtes de minerais.
On peut diviser en deux classes tous ces dépôts de substances exploitables, qui occupent au sein des roches des espaces ordinairement peu considérables, en comparaison de l'étendue des roches ou masses minérales qui les renferment.
La première classe comprend les gîtes de minerais qui , par leur disposition, se montrent contemporains de la formation des roches environnantes :i cette classe appartiennent le* couches et leurs modifications.
La seconde classe comprend les gîtes dont le dépôt s’est opéré postérieurement à la formation des roches au sein desquelles ils se trouvent: à cette classe appartiennent les filons et leurs modifications.
Nous verrons plus tard les caractères de ces deux classes et les modifications de chacune d’elles; considérons d’abord ce qu’elles ont de commun.
Dans chacune des deux classes de gîtes de minerais, on distingue,
1. ° S’il y a lieu, l 'affleurement , c'est-à-dire, la portion qui se présente quelquefois au jour, et le chef ou la /ère, c'est-à-dire, la tranche supérieure du gîte, s’il est recouvert de substances étrangères;
2. “ Le mur, c’est-à-dire, la partie sur laquelle repose habituellement le gîte exploitable; et le toit, c’est-à-dire, la partie qui le recouvre. Ici nous disons habituellement, parce que quelquefois le mur se trouve à ta place du toit, et réciproquement, ainsi que nous le verrons ailleurs;