‹ De la richesse minerale. Consideration sur les mines, usines et salines des differens etats, presentees comparativement ... Avec un Atlas infolio de 65 planchesChapitre 18 sur 94 · IIS · texte numérisé non relu

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sulfuré se présente, au Bleyberg près Gemüiid, non loin d'Aix-Ia-Chapelle , disséminéen grains , dans tes couches d’un grèsblanc et sablonneux. Il existe un gîte analogue aux environs de Saint-Avold , non loin de Metz.

Des minerffls de fer argileux et de fer oxidé en grains sont exploités en un grand nombre d’endroits, et particulièrement en France, au sein des couches secondaires.

Le sel gemme, ainsi que nous l’avons déjà remarqué, sç présente quelquefois en couches distinctes.

Le bitume- dit asphalte est exploité en plusieurs endroits où des couches secondaires sont imprégnées de cette substance. ( Vcye^ pi. 2tj , fg- ’7 -)

Enfin , l’alun et le sulfate de fer sont obtenus , en plusieurs endroits , au moyen du lessivage de diverses substances que renferment certaines couches du terrain secondaire.

4‘ Relativement aux filons, nos cartes du Hartz et du Erzgebirge, ainsi que les exemples réunis dans 1 ’ Atlas de la Richesse minérale, font voir un grand nombre de ces gîtes , contenant divers minerais , au sein de diverses roches , soit primitives , soit de transition. C’est principalement dans le gneiss, dans le schiste micacé et dans le schiste argileux, soit primitif, soit de transition, que se présentent les filons métallifères de ces deux contrées. Il en est de même dans la plupart des grandes exploitations de l’Europe; cependant, on y exploite aussi quelques filons dans le terrain secondaire; mais en Amérique , certaines roches de cette époque renferment des filons très productifs.

Rappelons succinctement quelques-uns des filons les plus connus, ainsi que les roches dans le sein desquelles ils se présentent.

Au rapport d’un grand nombre d’observateurs, on exploite :

Dans le granité.

Des filons d'étain, à Platten , à Abertham et en plusieurs autres lieux de la Bohème, ainsi qu’à Ehrenfriedersdorf en Saxe, et dans les mines de la Cornouailles ; — un filon de fer, à Platten et à Annabcrg; — des filons aurifères, à Miierwinke! et à Castein dans le pays de SaUhurg; — des filons d’antimoine, dan» le contitat de Lyptau, principalement à Magutla, ainsi que dans plusieurs des départemens méridionaux de la France;

Minerais.

Minerai de fer.

Sel gemme.

Asphalte.

Alun et vitriol.

Filons.

Minerais d'étain.

Minerais de fer.

Minerais d’or.

Mineraisdantimoinc.

Ml NE RAIS.

Minerai* d'argent.

Minerais *i‘or.

Mineraisde cuivre.

Minerais Je di* vers métaux.

Dans le gneiss ,

De nombreux filons d’argent, aux environs de Frevbcrg; ( Voyez pl. 5 , 15 et r 4- ) — des 'filons d’argent , autrefois très-productifs, à Iglau en Moravie;

Dans le schiste micacé, *

Des filons d’argent, à Schladming en Styrie et à Bleystadt en Bohême;

pl. 3,) — un filon d’or, à Aedeltors en Suède; — des filons de cuivre, à Kiitienplan en Bohême, à Hcrrengrund et à Libethcn en Hongrie;

Dans le schiste argileux primitif.

Des filons de cuivre, à Goellnitz et à Schmoellnitz dans la haute Hongrie, ainsi qu’à Kohrbiihel dans le Tyrolj — des filons d’argent , de plomb et de cobalt, à Joachimsthal en Bohême, ainsi qu’à Andreasberg au Hartz; ( Voyt[ pl. IJ,) — des filons de plomb , à Przihram et à Miess en Bohême ;

, — des filons d’argent et d’or, dans les mines du Pérou et du Mexique;

Dans un schiste talqueux, •

Les filons de Poullaoucn en France, département du Finistère; fKçyej

pl. 14.)

Dans le porphyre primitif,

Des filons contenant argent, or, plomb et cuivre, à Koênigsberg, Nagiag et Offenbanya en Transylvanie.

Dans la syénite ,

Des filons de plomb et d’argent, à Scharfenberg, près Mcisscn en Saxe; — de puissans filons aurifères, à Schemnitz en Hongrie; — des filons de fer, dans le pays de Hcnncbergen Allemagne, situés en partie dans le porphyre

, et en partie dans la syénite ;

Dans le calcaire de transition ,

Les prétendus filons de plomb du Dcrbyshire, dont le gisement laisse des doutes; ( Voyr^ pl. 17.)

Dans le trapp de transition.

Des filons de cuivre et de fer, avec un peu de mercure, dans lt cercle de Beraun en Bohême, et particulièrement au Giftberg, près Horschowitz ;

Dans la grauwacke et le schiste argileux de transition,

La plupart des filons de plomb, argent et cuivre , du Hartz; ( Koyrj pl. 2, 4 à 8.) — de minces filons d’or, à Vœroespatak et Abrudbanya en Transylvanie ; — des filons de cuivre , à Hcrrengrund , en Hongrie ;

Dans un porphyre argileux secondaire ,

Un filon de manganèse, auprès d'Ilefeld au Hartz ; (Voyc^ pl. 2).

Mme*»!*.

Dans une roche calcaire qui paroît secondaire, mais qui peut-être appartient au terrain de transition ,

Un filon de plomb sulfuré, accompagne de fer oxide ocrevx, à Wédrtn dans le pays de Namur;

Dans un grès secondaire ,

Un filon de cuivre pyrïteux , avec plomb sulfuré et pyrite de fer, aux mines d'Anglcsark dan i le Lancashirc;

Dans un calcaire secondaire qui recouvre un schiste argileux primitif.

Des filons de plomb et argent, dans le district de Pasco au Mexique, filons qui traversent les deux terrains et se montrent plus riches dans le calcaire que dans le schiste ;

Dans les couches secondaires qui accompagnent le schiste cuivreux, dans la Hesse et ailleurs,

Quelques filons de cobalt peu étendus et peu profond, ; { Ko)," pi. 23.)

Dans un calcaire secondaire,

Plusieurs filons de cuivre auprès de Camsdorf sur la Saale, en Thuringe.

(Voyez au surplus dan; le nouveau Dictionnaire d'histoire naturelle, a.'cdit., au mot Filon, un article de M. de Bonnard sur les gîtes de cette classe.)

5. ° Parmi les gîtes de minerais que nous avons désignés par le Moues mtnUttn. nom de masses entrelacées [ stocktrerle , on cite principalement ceux

de minerai d’étain qui sont en exploitation dans les lieux suivans :

A Schlackenwald en Bohême, dans un granité d’une formation Minerais d'euin. postérieure à celle du gneiss qui le renferme; — à Geyer en Saxe, dans la même roche; — àKirclase, près S.'-Austie , en Cornouailles, dans le granité; — à Seifen en Bohême, dans le gneiss; — à Altenherg en Saxe , dans un porphyre primitif et dans la syénite qui lui est superposée.

Mais plusieurs motifs semblent devoir faire considérer les gîtes de Geyer et de Schlackenwald comme des masses droites ou transversales , et non comme des masses entrelacées. ( Viyej dans le nouveau Dictionnaire d'histoire naturelle l’article Gîte de minerais ,par M. deBomiard, tom.XIII.)

6. ® A l’égard des masses droites, qui ne sont autre chose que des Mosutdmns. filons très-puissans, mais peu étendus, et resserrés dans la profondeur ,

notre Atlas fait voir ( pi. 17) des gîtes métallifères de cette espèce.

Minerais, qui sont exploites en Sibérie et dans le pavs de Siegen. En ce dernier Fcripatlii^ue. P3)’5 • I* masse exploitable est composée de fer spathique et renfermée dans le schiste argileux de transition ; mais auprès de Schmalkalde, un gite analogue de fer spathique se présente dans un terrain de calcaire secondaire ancien.

Calamine. On regarde comme se rapportant à ce mode de gisement, la masse de calamine qui est en exploitation à la Vieille-Montagne, dans le pays d’Aix la-Chapelle , au sein d’un grès et d’un calcaire qui semblent être secondaires. Plusieurs dépôts de minerai de fer en grains paraissent constituer des masses transversales au sein des roches secondaires , particulièrement en France.

Amm ir.Vgtlim. 7.” Quant aux amas irréguriers [dits burçenverkt] , on rapporte qu’en Sibérie, auprès de Nertschinsk, de semblables gîtes donnent Minerais métal- lieu à de grandes exploitations de minerai de plomb argentifère. Les l“re*- gîtes du Derbyshire semblent aussi être de tels amas. Dans le Hartz, à

Jberg près Grand, le minerai de fer spathique se présente en amas irréguliers, dans une roche calcaire. En plusieurs autres lieux, ce sont des minerais de fer d’ailuvion qui constituent des amas ainsi dispersés • dans des casernes.

Résumé sur les Gîtes de Minerais et sur les Indices de Alincs.

Gisement des diyeu objets d'exploitation.

Êuiu.

Les résultats d’observations qui précèdent, concernant les gîtes de minerais les plus célèbres, sont propres, jusqu’à un certain point, à éclairer le mineur dans ses recherches , en portant devant lui le flambeau de l’expérience ; mais ce ne peut être que sauf quelques incertitudes ou exceptions, qui sont presque inévitables dans cette matière vaste et compliquée.

Si l’on passe en revue les divers objets d’exploitation, on est porté à reconnoître, à l'égard de chacun d’eux, quelques faits généraux que nous n’essaierons cependant de réunir qu’avec défiance.

L’étain existe principalement dans le terrain primitif, où il se présente, soit en masses entrelacées, soit en bancs, soit comme partie constituante de la roche , plus rarement en filons distincts : quelquefois

on rencontre le minerai d’étain dans le terrain dailuvion, où il remplit des fonds situes entre de hautes montagnes.

L’or se trouve, soit en bancs , soit en filons, souvent dans le terrain primitif; cependant les autres époques, et particulièrement le terrain d alluvion , présentent aussi ce métal. Quand l'or existe au sein d’un terrain primitif, c’est sur-tout dans les schistes et dans les roches de la meme époque; la serpentine en est dépourvue : quelquefois il se rencontre dans le terrain de transition , par exemple, en Transylvanie, dans la grauwaeke. L’or des terrains d’alluvion, qu’on appelle or de lavage ou de transport, se présente, ainsi que letain d'alluvion , parmi des débris de roches plus anciennes.

L’argent se trouve sur-tout en fiions et en bancs, dans le terrain primitif et dans le terrain de transition; il existe aussi des filons de ce métal dans le terrain secondaire. Les roches qui le renferment le plus souvent sont : le gneiss, le schiste micacé, le schiste argileux, la grauuacke et la roche dite calcaire alpin.

Les gîtes de minerai d’argent proprement dits ne sont pas fréquens, du moins en Europe, dans le terrain secondaire. L’argent s’y trouve souvent combiné avec le cuivre ou avec le plomb , dans les minerais de ces deux substances.

Le cuivre existe dans les trois époques de formation , savoir :

Dans le terrain primitif, principalement à l’état de cuivre pyriteux, et en bancs, en masses ou en filons;

Dans le terrain de transition, tantôt en masses, tantôt en filons de cuivre pyriteux;

Dans le terrain secondaire, sur-tout en couches de schiste cuivreux.

Le plomb se présente aussi dans les trois époques de formation; il abonde sur-tout dans les terrains primitif et de transition, où il constitue ordinairement des filons, quelquefois des bancs de plomb sulfuré. On retrouve le même minerai dans les couches ou dans les fiions du terrain secondaire, souvent avec le fer oxidé ocreux et la calamine; quelquefois il est disséminé en grains dans des couches de grès récent.

Le fer se trouve dans les quatre époques de terrain , mais dans des minerais difTrens , savoir :

Minerais.

Or.

Argent.

Cuivre.

Plant i>.

Fer.

MlKtHATS.

Dans le terrain primitif, les minerais dits fer oxidulé et feroligiste, principalement en bancs quelquefois énormes; — et de plus les minerais dits fer oxidé rouge, fer oxidé brun [hématite], souvent en filons, quelquefois en masses avec le fer spathique; — dans le terrain de transition , les minerais dits fer oxide rouge, fer oxidé brun et fer spathique, soit en filons, soit en masses; — dans le terrain secondaire, quelquefois le fer spathique, et le fer oxidé brun en couches; mais le plus souvent des couches de fer argileux, de fer oxidé globuliforme, de fer carbonaté des houillères [ iron stent j; — dans le terrain d'allusion, les minerais de fer argileux, de fer en grains, et ceux qu’on distingue par les noms de fer limoneux, des marais, des lieux bourbeux, des prairies.

Mercure.

Cobalt.

Antimoine. Bismuth et nickel.

Zinc.

Il est remarquable que , parmi les minerais de fer , ceux qui appartiennent a l'époque primitive, ont presque entièrement l'aspect de fer métallique, a\ec une richesse qui s'élève quelquefois jusqu’à quatrevingt pourcent, tandis que les minerais des époques subséquentes deviennent, en général, de plus en plus terreux, jusqu’aux minerais d’atluvion , parmi lesquels il s’en trouve beaucoup qui ne contiennent pas vingt pour cent et qui n’offrent que l’aspect d’une pierre brute.

Le mercure se présente principalement dans le terrain secondaire, en masses disséminées, et accompagné de substances combustibles; cependant ce métal existe, en plusieurs endroits, dans le terrain primitif.

Le cobalt appartient aux trois époques de terrain r ses gîtes les plus abondans sont des filons , dans le terrain primitif ; nous avons cependant fait mention de petits filons contenant ce métal, dans le terrain secondaire.

L’antimoine se trouve dans le terrain primitif, en filons ou en bancs.

Le bismuth et le nickel paroissent ne pas constituer de gîtes où ils soient la substance dominante; ils accompagnent souvent le cobalt.

Le zinc se présente dans les trois premières époques de terrain , savoir : le zinc sulfuré, sur-tout dans les terrains primitif et de transition; la calamine, dans le terrain secondaire, communément avec le fer oxidé, et quelquefois avec Je plomb sulfuré.

( îî )

La houille se trouve exclusivement dans le terrain secondaire, où elle constitue ordinairement des couches. Il en existe, ainsi que nous le verrons ailleurs, plusieurs formations, dont la principale est la plus ancienne, celle qui avoisine ordinairement le terrain primitif. ( Veye? pl. 24 à 30.)

Le sel gemme appartient exclusivement au terrain secondaire; le plus souvent il constitue des masses couchées , dans une formation de roches argileuses et gypseuses.

L'alun est répandu dans toutes les époques de terrain, savoir:

Dans les bancs de schiste alumineux des terrains primitif et de transition , ainsi que dans les couches d’argile schisteuse du terrain secondaire; — dans les couches et les alluvions de terres alumineuses; — dans les masses couchées de bois fossile; — dans les roches des terrains volcaniques.

Le bois fossile ou lignite ne se trouve que dans le terrain secondaire et dans le terrain d'alluvion. Quelquefois ce combustible est situé sous le basalte, que plusieurs savans regardent comme volcanique.

L’asphalte ne se présente que dans les couches du terrain secondaire et dans le terrain d'alluvion.

Le soufre existe dans toutes les époques , à l’état de pyrite , et principalement dans les terrains primitif et de transition, en bancs, en masses et en filons ; mais il ne se présente à l’état de soufre natif, que dans certaines roches argileuses et gypseuses du terrain secondaire, et dans les produits volcaniques, où il constitue depetites masses disséminées.

La connoissance des résultats généraux que la géognosie a recueillis et classés, comme nous venons de le voir, doit être le premier guide dans la recherche des mines. C’est elle qui met l'observateur en état de juger si telle ou telle contrée , d’après la nature et la disposition de roches qu’elle présente aux yeux, est susceptible de renfermer dans son seindesgites de minerais exploitables: elle indique en même temps, jusqu’à un certain point, quelles substances on peut espérer de rencontrer dans telle ou telle série. de roches, et quel gisement il est présumable que ces substances y affecteront. Faute d’avoir connu ces faits, plusieurs personnes se sont jetées en aveugles dans des recherches aussi ridicules que ruineuses.

Minsrais.

Houille.

Sel gemme.

Alun.

Bois fojiile.

Ajplultc.

Soufre.

Utilise tics Juin.

Minerais. Autrefois on regardoit comme des indices de mines fes eaux thcrlnHir« de mines, males, dont la chaleur résulte de la décomposition des pyrites; les eaux minérales, qui souvent viennent de très-loin ; les vapeurs qui couronnent certaines montagnes, les neiges qui séjournent quelquefois plus longtemps dans un endroit que dans un autre, les différentes espèces de bois qui croissent en dis ers lieux, la verdure plus ou moins précoce, et surtout le prétendu jeu de la baguette divinatoire, qui de nos jours a trouvé quelques apologistes, même parmi les savans. Récemment encore on a cru reconnoitre, dans une pyrite de fer suspendue à un fil, la propriété de s’agiter dediverses manières autour des diverses substances minérales, de les faire distinguer ainsi les unes des autres, et de déceler leur existence dans le sein de la terre : mais, en général, de tels indices sont regardés comme faux.

L’observation leur en a substitué de plus raisonnables, parmi lesquels les uns peuvent être appelés indices négatifs, les autres indices positifs. indicci négatif». Les indices négatifs se déduisent de telle ou telle constitution géognostique qui , d’après l’expérience et quelquefois d’après le raisonnement, exclut telle ou telle substance: par exemple , le granité, et en général le terrain primitif, interdit l’espoir de trouver dans son sein les combustibles fossiles, si ce n’est l'anthracite; on n’y cherchera pas non plus le sel gemme. Il est très-rare que le granité renferme des minerais d’argent, et que les roches calcaires renferment des minerais d’étain. Le terrain volcanique n’offfe point de gîtes exploitables de minerais métallifères. Les filons étendus ne se trouvent pas communément dans les • terrains secondaire et d'allusion. Les minerais de fer les plus riches ne se trouvent pas dans le terrain secondaire , et ceux qui sont propres à cette époque ne se rencontrent pas dans les roches primitives.

Indices pmitifj. Parmi les indices positifs , les uns sont prochains, les autres plus ou moins éloignés.

Les indices prochains sont : l’affleurement d’un gîte de substance exploitable; l’attraction magnétique, pour certains minerais de fer; la rencontre de parcelles de bitume nageant sur lereaux, pour le voisinage de la houille; et la fréquence des fragmens de minerais, pour toutes les substances exploitables.

On nomme indices éloignés ceux qui sont fournis par l'âge relatif et

par la nature des roches. D apres les exemples réunis ci-dessus, de tels indices acquièrent un nouveau degré de confiance, lorsque, dans une contrée jugée susceptible de renfermer des gîtes de minerais exploitables , on rencontre les gangues qui accompagnent ordinairement telle ou telle substance cherchée. Ces associations habituelles de certains minerais et de certaines gangues sont indiquées dans plusieurs traités de minéralogie; nous en verrons plus tard quelques exemples.

L’aspect général des montagnes , quand leurs flancs offrent des pentes douces et continues, la fréquence des filons stériles, la présence des sables métallifères, le voisinage de tel ou tel gîte de minerais déjà connu, par exemple, du minerai de fercarbonaté terreux jironstene] , comme indice de la houille, enfin l’existence des sources salées et des eaux minérales, peuvent fournir quelques indices; mais lorsque des eaux ferrugineuses ou cuivreuses découlent des sables et des argiles, ces indices méritent en général peu d’attention , parce que les eaux peuvent venir de trèsloin ; il en est de meme à l'égard des sables métallifères et des sources salées. Remarquons encore, à l’égard des indices éloignés, qu’en plusieurs endroits, et particulièrement auprès de Clausthaldans le Hartz, un certain minerai de fer oxidé rubigineux s’est trouvé au-dessus des gîtes les plus abondans de minerais de plomb et d’argent, ce qui l'a fait nommer par les Allemands le chapeau de fer [ eherne kutl. Il paroîtque le minerai de fer riche en argent, que l’on exploite en Amérique sous le nom de paccs , a quelque analogie avec celte substance; mais le minerai de fer est répandu si abondamment à la surface du terrain , que sa présence ne sauroit en général cire regardée que comme un indice éloigné, relativement aux autres substances minérales, si ce n’est à l'égard de la houille qui est fréquemment associée, stratifiée, et, pour ainsi dire, mélée avec le minerai de fer carbonate terreux \jrcnstone des Anglois; thonartiger risensreiii des Allemands j.

Le moyen le plus sûr de procéder sagement à la recherche des minerais exploitables, sera donc, i .” d’étudier une contrée dans tous ses rapports géognosdques , ainsi que nous l’avons indiqué ci-dessus; a." d’y pratiquer, en cas d’espérance fondée , les travaux de recherche que nous exposeront plus tard.

MiNiaais.

Carte*,

Planches i à 3

Carte, pf. i .

Carte, pl. a.

Cartes présentant l'ensemble des circonstances relatives à l'exploitation

des Mines.

Terminons l’aperçu général qui précède, par un coup-d’ceil sur les trois premières planches de notre Atlas. Leur objet est de développer quelques exemples concernant l’étude des roches et la disposition des gîtes de minerais.

La pl. 1 est une carte des pays situés entre l’Elbe et le Rhin, suivant le cours du Weser; elle indique la situation des mines, usines, satines, carrières et autres ateliers relatifs à la richesse minérale: on lit sur cette carte l’explication , en françois et en allemand, des signes employés pour distinguer les divers genres d’établissemens.

Déjà, dans le premier volume de cet ouvrage , la même carte , sauf quelques corrections qu’elle a reçues depuis, nous a servi à considérer l’ensemble de la constitution géognostique des contrées qu’elle représente; nous nous bornons, à cet égard, à renvoyer à ce que nous en avons déjà dit (voy*l tom. I.*', pag. 7 et suiv.). Aujourd’hui, nous ne présentons de nouveau la meme carte, que pour quelle serve d’introduction et de carte d'assemblage aux deux suivantes. Celles-ci font voir, avec plus de détails, l’une le Hart-^ et l’autre le Er^gebirge, qui sont indiqués sur la première. L’ensemble de ces deux contrées, considérées géognostiquement avec le pays qui les sépare, offre, pour ainsi dire, un abrégé de la structure du globe.

La pl. 2 est une carte spéciale des montagnes du Hartz ; elle présente l’ensemble des circonstances relatives aux mines et usines de cette contrée. L’explication que porte la carte, et le profil qui l’accompagne, mettent le lecteur à portée d’embrasser d’un coup-d’œil la disposition et la nature des roches qui constituent le Hartz; les divers rapports que ces roches ont entre elles et avec les gîtes de minerais, exprimés au moyen de divers signes; la manière d’être de ces gîtes variés; la hauteur des montagnes, la profondeur des principales mines, l’emplacement

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des principaux puits d’exploitation, les galeries pratiquées à differentes époques et à différens niveaux, pour l’écoulement des eaux souterraines, les étangs construits pour le service des machines nécessaires à l’activité des établissemens, enfin les divers arrondissemens de mines , et tous les objets dont l’indication peut servir à compléter la. description de cette contrée classique.

Notre but, en dressant cette carte, a été de consigner un très-grand nombre de laits , et de les rapprocher les uns des autres au moyen d’une notation facile à saisir; par-là, nous avons voulu éviter d’écrire, en texte ordinaire, des détails dont la lecture pourroit paroître fort longue, sans cire aussi utile qu’une description synoptique. Cette carte est donc, pour ainsi dire , un livre écrit sur une seule page , en caractères particuliers; le dictionnaire propre à la lecture de ce livre, c’est l’explication des signes que norte la carte.

Un seul exemple donnera une idée de tout ce que l’on pourra lire sur la pi. 2 , si l’on prend la peine d’en étudier l’explication.

Plaçons-nous au 8° 17' de longitude et au 51® 48' 30' de latitude: c’est là qu’est située la plus haute montagne du Hartz, dite le Brocken ; elle s’élève 31132 mètres au-dessus du niveau de la mer Baltique; elle est entièrement formée de granité; sur le sommet on trouve une auberge.

Le terrain primitif s’étend au nord du Brocken jusqu’à la ville d’Ilsenburg. De là on peut suivre les limites de ce terrain aux environs de la ville de Goslar, vers le nord-ouest; sur les rives de la Radau, vers l’ouest; à la montagne dite Bruchberg , vers le sud-ouest; auprès des villes d’Andreasberg et de Braunlage, vers le sud; enfin entre le Brocken et les villes d’Elbingerode et de Wernigerode, vers l’est et le nord-est, jusqu’à Ilsenburg, point de départ.

Dans l’espace indiqué, diverses roches primitives s’appuient sur le granité; chacune d’elles est désignée par un carré simple , renfermant une lettre capitale qui rappelle le nom de la roche correspondante.

Sur les limites du terrain primitif qui constitue comme le noyau du Hartz, commence le terrain de transition, excepté vers le nord « le 2. . 8

Castes,

Planche* i à j.

Eicmple,

Roche*.

Cartes, PLanchc* i à j.

C^îc» de mine ni; .

nord-est, où le terrain secondaire se montre, en quelques points, immédiatement appliqué sur le primitif.

Le terrain de transition environne le terrain primitif sur lequel on le voit s’appuyer vers l’est, tandis que, vers l’ouest du Brocken, l’inclinaison des roches indique un noyau primitif non visible. Le niveau du terrain de transition va en décroissant jusqu’à ses limites; celles-ci se présentent, en général, d'un côté sur une ligne passant du nord-ouest au sud-est du Brocken, auprès des villes de Seesen, Grund, Ellrich, Ilefeld et Neustadt; de l’autre côté du Brocken , sur une ligne passant par Goslar, Neustadt près Harzburg, Wernigerode et Blanckenburg. Les roches de transition qui se montrent dans l’espace indique, sont désignées sur la carte par un carré double, renfermant une lettre italique qui rappelle le nom de la roche observée sur chaque point correspondant.

Le terrain secondaire, ou stratiforme, commence où nous venons de voir finir le terrain de transition. On remarquera, vers lè sud-ouest de la carte, la ville deGiboldehausen, et vers le nord-est la ville de Derenburg; elles sont situées l’une et l’autre au milieu du terrain secondaire, dont le niveau décroissant 11’est plus, auprès de la première, qu’à 156 mètres au-dessus du niveau de la mer Baltique. Des carrés diversement modifiés , mais sans lettres , désignent les diverses espèces de roches secondaires.

Quant au terrain d'alluvion qui se présente çà et là sur les terrains précédens, comme, par exemple, à peu de distance du Brocken, vers le sud ouest de cette montagne primitive, nous l’avons indiqué par un carré renfermant un cercle , avec ou sans une autre modification de signe.

Au moyen de quelques notations mentionnées dans l’explication que porte la carte, on peut reconnoître, en un grand nombre de points, la superposition , l’alternation , la fréquence ou subordination et l'inclinaison des roches les plus remarquables, ainsi que ia situation des rocs à pic et des cavernes du Hartz.

Les gîtes de minerais qui ont rendu cette contrée célèbre, sont rapportés sur notre carte d’après les plans des mines, suivant leur direction et leur inclinaison. Ainsi, dans le terrain primitif, auprès d’Andreasberg, ou voit un ensemble compliqué de filons de plomb et argent, dont une partie sera développée par le moyen des pi. 15 et 1 6.

Dans le terrain de transition, on remarquera les ensembles de filons de plomb argentifère , qui sont exploités auprès des villes de Claustlial, Zellerfeld, Altenau, Wildeman et Lautenthai; la masse couchée ou le banc déminerai de plomb, cuivre et argent, qui est en exploitation auprès de Goslar, et que représente particulièrement la pl. 18; les filons de cuivre qu’on exploite au nord de Lauterberg; un filon de manganèse non loin d'Ilefeld, vers le nord-ouest de cette ville; plusieurs filons de minerai de fer qui sont exploités auprès de ce dernier endroit; d’autres gîtes de ce métal, en remontant vers le nord-ouest, auprès de Lauterberg et d'Andreasberg ; d’autres plus loin, sur une ligne presque continue, entre Osterode et Altenau, puis au-delà de cette ville, vers le nord-est: d’autres enfin à l’est et au sud-est du Brocken , autour de la ville d’Elbingerode.

Dans le terrain secondaire, et peut être en partie dans le terrain de transition, on exploite des couches de houille, au nord-est d’Ellrich , d’Ilefeld et de Neustadt.

Si, après avoir embrassé d’un coup-d’ocil la disposition générale des roches et des gîtes de minerais , on remarque les notations et signes qui sont placés auprès de ces divers gîtes, on prendra facilement une idée de la disposition des grands travaux d’exploitation auxquels ils ont donné lieu depuis plusieurs siècles.

Considérons, par exemple, les filons qui avoisinent la ville de Clausthai, et qui s’étendent au-dessous et au-delà de son enceinte. Nous lisons sur la carte que le sol rie i 'église de cette ville étant situé à une hauteur de jyi mètres au-dessus du niveau delà mer Baltique, l’orifice du puits de la mine dite Diirothie esta 593 mètres au-dessus du même niveau, et que la profondeur de ce puits est de 372 mètres. Plusieursautres puits portent une notation analogue autour des villes et des gites de minerais indiqués ci-dessus. Il en est de meme des principales galeries qui ont été pratiquées dans ces gîtes de minerais, pour l’écoulement des eaux souterraines. Ainsi, la principale galerie de ce genre, dont l'entrée ou l’orifice a se trouve auprès et au midi de la ville de Grund, présente cet orifice à 294 mètres au-dessus du niveau de la mer Baltique, et par conséquent à 299 mètres au-dessous de l’entrée du puits

Csirrrs, Planches » à j.»

T riraux jouter ruinj.

Puits et galeries.

Cartes,

Planches i A 3.

Nivellement du lUrtz.

Faux motrices.

Usines.

de Domlle, dans lequel passe la galerie, comme on le voit, avec plus de détails, sur les pi. 4 à 8.

Notre carte indique, d’une manière analogue, d’autres galeries pratiquées plus anciennement pour le même objet et à diftérens niveaux ;

savoir :

Auprès de Wildemann les galeries b. Ci

A l'ouest de Clausthal d, e,f ;

A l’est de Zellerfeld g ;

Auprès de Lautenthal h, i ;

Plus loin vers le sud-est, à Bockswiese j;

Vers l’est de Lautenthal, à Hahnenkiee k;

Au nord-est de Zellerfeld /, m;

Au nord de Wildemann n, o ;

Au sud-est d’Andreasberg P>1:

Au nord de Lauterberg iy.

A l’est et au nord de Goslar s,t.

Enfin , un grand nombre d'autres galeries moins remarquables sont indiquées en diverses parties de la carte, notamment auprès d’Elbingerode et ailleurs.

Si l’on fait attention aux nombres placés auprès des orifices des galeries a jusqu'à i et de quelques autres, ainsi qu’aux nombres qui se trouvent auprès des puits indiqués sur les filons correspondans à ces galeries d’écoulement, on aura sous les yeux les principaux résultats d’un nivellement général des montagnes et des mines, en même temps qu’une notice historique concernant l'approfondissement successif et l'extension raisonnée des travaux souterrains ; car, il est facile de voir que, dans un même arrondissement, les galeries d’écoulement qui occupent le niveau le plus élevé au dessus de la mer Baltique, sont en général les plus anciennes, et celles dont l’orifice est le moins éloigné du centre d'exploitation correspondant. D’un autre côté , en jetant un coup-d’œil sur les deux principaux conduits d’eaux motrices dont il est fait mention dans le tom. I." de la Richesse minérale (pag. 70), ainsi que sur les nombreux étangs et sur les diverses usines qu’indiquent les tableaux insérés dans le meme volume (pag- 102), on pourra trouver

sur cette carte une image ou du moins une esquisse de l’active industrie qui anime, depuis plusieurs siècles, une contrée où les mines sont exploitées sagement. A l’égard d’un grand nombre de faits géognoftiques, dont il n’a été possible que d’indiquer l’ensemble sur cette carte , les détails en sont exposés dans l’excellent Mémoire allemand que M. Hausmann a publié sur les roches du Hartz. (Voyez NordJeutsche Beytrage , &c, Brunswick , 1817; a."' stick. )

La pl. 3 est une carte des montagnes métallifères qui séparent la Saxe de la Bohême; elle a pour objet de présenter l’ensemble des circonstances relatives aux mines et usines'. On trouve sur cette carte une explication et un profil qui offrent , à l’égard de la contrée quelle représente, les mêmes détails que la pl. 2 réunit à l’égard du Hartz : nous avons employé la même méthode de notation sur les deux cartes ; ainsi, nous ne répéterons pas ce qui a déjà été exposé à ce sujet; indiquons seulement une partie de ce que l’on peut lire sur la pl. 3.

Le point le plus élevé du Erzgebirge se présente sur la montagne dite Keilberg , qui est située sur io° 30' 12” de longitude, et sur 50° 23' de latitude. Ce n’est pas le granité qui se montre en cet endroit; mais il constitue le no.yau du terrain primitif vers l’est, et au sud du Keilberg, aux environs de Platten et de Carlsbad , d’où il s’étend vers plusieurs points que nous remarquerons plus tard. Des roches de gneiss et de schiste micacé, superposées au granité, forment presque par tout la crête du Erzgebirge, vers le nord-est du Keilberg, jusqu’audelà de Kraupen ; là se présente, aux environs «le Nellendorf, un grès récent, qui est appliqué sur ces roches, grès dont est composée la montagne dite Schnceberg , et qui s’étend jusqu’à l’Elbe.

Au moyen des chiffres qui indiquent les hauteurs relatives d’un grand nombre de points, on remarquera l’abaissement de la crête du Erzgebirge, depuis le Keilberg jusqu’au fleuve considéré auprès de Tttschtn. En même temps il sera facile de voir , sur la carte , que dans b partie du royaume de Saxe qui est située au nord-ouest de la chaîne , le système général des divers terrains s’abaisse graduellement, en s’étendant du Keilberg vers la ville de Schneeberg et vers Reichenbach, Aunaberg, Marienberg, Oedcran, Frevberg, Hainichen, Mitweyda,

Oms, Pluches 1 à j.

Cane, PI. j.

Roches,

Carte», PUjy.hcs i A

Montagnes de la Saxe.

Premier groupe.

Second groupe.

Rochlitz et Dresde. Au contraire , du côté de la Bohême, la pente est brusque et rapide, comme on peut le remarquer entre Carlsbad et Aussig. Sur ce revers du Er^grhirge s’appuie le Mimlgelirge , autre système de montagnes dans lequel abondent ies roches basaltiques , les eaux minérales et certains combustibles fossiles.

C’est dans la partie saxonne que lctude de (a géognosie et l’exploitation des mines ont reçu le plus grand développement. Déjà M. de Bonnard, ingénieur en chef des mines de France, a exposé la constitution géognostique des montagnes métallifères de la Saxe , d’après les principes de la célèbre école de Freyberg. On pourra suivre, sur notre carte, son intéressant ouvrage, auquel renvoie la légende qu’elle porte. Nous devons nous borner ici à considérer, avec M. de Bonnard, les principales masses de faits géognostiques, dont il a développé les détails d’une manière lumineuse. (Voyez Journal des Mmes, n.°* 226, 227 et 228).

Trois groupes ou systèmes distincts de montagnes se présentent dans la partie saxonne du Erzgebirge.

Le premier, dont le noyau paroît être le granité observé non loin de Freyberg, vers l’est, aux lieux dits Naundorf et Niederbobritsch, a pour limites les lignes suivantes : au nord , une ligne tirée de Dresde à Nossen; à l’ouest et au sud-ouest, une ligne brisée allant de Nossen à Oederan , puis d’Oederan à Seifen , à-peu-près le long de la rive droite de la Floche qui va se jeter dans la Zschoppau, à l’ouest d’Oederan; au sud-est, la crête du Erzgebirge jusqu’à l’Elbe; au nord-est, le cours de ce fleuve jusqu’à Dresde , point de départ.

Le second groupe, contigu au précédent , paraît reposer sur un noyau granitique déjà mentionné ci-dessus , qu’on observe à l'ouest du Keiiberg, auprès de Platten, et qui de là s’étend jusqu’aux environs de Schneeberg. Ses limites sont, au nord, une ligne passant par ies villes de Zwickau, Lichtenstein, Chemnitz et Oederan ; à l’est, la rivière de la Flœhe, qui borne le premier groupe de ce côté; à l’ouest, une ligne non déterminée dans le Voigtland; au sud, une ligne non déterminée entre la crête du Erzgebirge, qui forme les frontières de la Bohême , et le cours de l’Eger, considéré depuis la ville de ce nom jusqu’à Kaaden.

Lé troisième groupe de montagnes, situé au nord du second, paraît Carte'. s’appuyer sur un noyau granitique non visible; ce noyau existe peut- Wlac^| * J' être aux environs de Mitweyda , entre la rivière de Zschoppau et la Troùitme groupe. Mulde de Zwickau; mais il est dérobe à la vue par une roche dire Euriu ou Weissnm, roche que tout porte à regarder comme la plus ancienne de celles qui se présentent aux yeux de l’observateur dans ce troisième groupe. On reconnoîtra sur la carte les diverses inclinaisons de l’Eurite et des roches qui lui sont superposées, autour de Mitweyda, dans un espace qui serait circonscrit, au nord, par une ligne allant de Nossen à Rosswein et Colditz ; à l’ouest , par une ligne tirée de Colditz à Rochlitz, Waldenburg et Zwickau ; au sud, par une ligne parallèle à la limite septentrionale du second groupe , laquelle s’étend de Zwickau à Oederan; à l’est, par une ligne parallèle à la limite occidentale du premier groupe, laquelle s’étend de Oederan à Nossen.

Jetons un couptfœil rapide sur les trois groupes ou systèmes de gisement. ,

Dans le premier groupe, la roche la plus généralement répandue est le gneiss, qui renferme ou supporte plusieurs autres roches primitives. D’un côté, les bancs des roches s’inclinent en général vers le troisième groupe; de l’autre, vers le second; au nord et à l’est, vers le cours de l’Elbe. En plusieurs endroits, le schiste micacé et le schiste argileux présentent, au-dessus du gneiss, un gisement régulier ou concordant.

Non loin des rives de la Müglitz, qui se jette dans l’Elbe au-dessous de Pirna , on observe sur le schiste primitif un granité récent qui paraît être contemporain de la syénite ; des bancs subordonnés de quartz dans le granité , dans le gneiss et dans le schiste argileux , de porphyre dans ' le gneiss, de roche calcaire, dans le gneiss , le schiste micacé et le schiste argileux, de trapp et de schiste siliceux dans le schiste argileux, d'anthracite dans le porphyre , sont indiqués sur l’espace que comprend le premier groupe. Le terrain de transition ne s’y montre que sur la limite occidentale , entre Nossen et Oederah : là , il supporte un terrain féconda ire dans le sein duquel est ouverte une exploitation de houille. Le même terrain secondaire se présente encore vers l’est du premier groupe, entre Tharand et Dresde. Des roches d’une formation postérieure à

Coop-dVril sur (es trois groupe».

Cartes,

Planches i à j.

celle de la houille qui est exploitée en cet endroit, s’avancent çà et là de Tharand vers Frevberg, jusqu’à Niederschrcne , où il existe une expioitation de houille récente, dans un grès récent. Ce même grès se présente fréquemment sur les rives de l’Elbe, qui offrent aussi un calcaire secondaire, aux environs de Plauen et de Dresde. Plusieurs sommités basaltiques s’élèvent, d’un côté, sur une ligne allant de Herzogsxvalde , village situe entre Freyberg et Dresde, à Altenberg, ville célébré par ses mines; de l’autre , vers le nord-est de Seifen.

On distinguera , dans le premier groupe que nous venons de considérer, divers gîtes de minerais et diverses exploitations de mines; les uns et les autres sont indiqués sur la carte, principalement autour de Freyberg, d’AItenberg et de Zinnwald , avec les détails mentionnés dans l’explication des signes.

Le second groupe , dont les limites sont indiquées ci-dessus , renferme diverses roches primitives appliquées sur le granité , et offrant un gisement régulier ou concordant. Ces roches, qui sont principalement le gneiss, le schiste micacé et le schiste argileux , s’inclinent, d’un côté, vers la limite commune du premier et du second groupe, comme on le voit, par exemple, auprès de Zoeblitz et de Zschoppau; de l’autre côté, elles s’inclinent vers la limite commune du second et du troisième groupe, comme on le voit entre Zschoppau et Schneeberg. En comparant ces diverses inclinaisons avec celles des deux groupes contigus , on peutreconnoître sur la carte les indications suivantes : entre le premier et le second groupe, il se trouve, à-peu-près sur le cours de la Floche , un bassin dont les parois opposées , aussi bien que le fond , offrent aux yeux de l'observateur un terrain primitif; mais entre le second et le troisième groupe, de meme qu’entre celui-ci et le premier, un bassin assez large s’étend depuis les montagnes situées' au sud-ouest de N ossen , en passant parHainichen.Franckenberg.Chemnitzet Lichtenstein, jusqu a Zwickau , bassin dont les parois opposéesoffrent aussi aux yeux un terrain primitif, tandis que le fond présente un terrain de transition qui couvre le primitif, et un terrain secondaire appliqué sur le terrain de transition.

Remarquons en passant que, dans ce terrain de transition, les roches indiquées par les signes de schiste argileux et de grau wacke |[Tjj, [fjjren-

ferment souvent le scTiiste siliceux en bancs interposés ou subordonnés. C’est par ce motif qu’il a paru suffisant de rappeler cette dernière roche sur la légende, sans en exprimer le signe (k) sur la carte. D'un autre côté, un porphyre sur le gisement et l’époque duquel il reste des doutes, est indiqué dans le bassin sus-mentionné, auprès de Hohenstein et de Chemnitz, comme une roche de transition, par la lettre/»/ mais ce porphyre fait peut-être partie de la formation de grès ancien , que présente le terrain secondaire; il n’est que rappelé sur la carte aux lieux indiqués, et la légende n’en fait pas mention. Au reste on consultera , tant à ce sujet que sur un grand nombre d’autres détails, l’ouvrage déjà cité de M. de Bonnard.

On peut conclure de ce qui précède, que, sur la limite commune des deux premiers groupes, qui correspond à-peu-près au cours de la Fiœhe , le terrain primitif se trouvoit établi à pn niveau trop élevé pour que les dépôts d’une époque postérieure pussent parvenir à le couvrir, tandis que ces dépôts ont rempli de roches de transition , et quelquefois de roches secondaires, l'espace qui se trouvoit à un niveau inférieur entre le second et le troisième groupe, de meme qu’entre le troisième et le premier. Quelques sommités basaltiques s’élèvent dans le second groupe, auprès d’Annaberg , de Johann-Georgen-Stadt, de Pressnitz et de Catharinenberg.

Dans ce même groupe, on remarquera un grand nombre de gîtes de minerais et de mines célèbres .sur les pentes du Keilbcrg , presque tout autour, et à des distances plus ou moins considérables de ce point le plus élevé de la carte. Il nous suffira de rappeler aux mineurs les noms de Marienberg, Annaberg, Ehrenfriedersdorf , Geyer , Schneeberg, Eybenstock, Johann-Georgen-Stadt, Abertham, Joachimsthal, Bleystadt et Zinnwald. La carte en dira davantage sur chacune de ces grandes exploitations, ainsi que sur toutes celles qui s’y trouvent indiquées.

Le meme motif, joint aux détails déjà présentés concernant les deux premiers groupes, nous dispense de nous arrêter plus long-temps sur le troisième , dans lequel il n’existe d’ailleurs que deux exploitations peu considérables de mines; elles sont situées l’une auprès de Rosswein, et l’autre auprès de Hohenstein,

CAirra, Planches i à j,

Cites de minerai] et mines.

Cartes,

Planches i à J.

Coup-cTcril sur )a Bohême.

Miarfgfèirgf.

Si , après avoir considéré principalement la partie saxonne du Erzgebirge , on jette un coup-d’œil sur la partie de la Bohême qui s’étend vers le sud-est de la carte , il sera facile d’y remarquer , à laide de la notation adoptée, plusieurs indications dont les détails se trouvent, soit dans les ouvrages que M. Reuss a publiés en allemand sur cette contrée, soit dans quelques autres ouvrages. étrangers. Ainsi, par exemple, on lira sur la carte que le granité observé à Carisbad , à Eger et à Schlackenwald , se présente , servant de base à quelques autres roches primitives , jusqu’au x environs de Jecbnitz à l’ouest de Rakonitz. Plus loin, on reconnoit deux formations distinctes de grès; dans la plus récente, il existe de nombreuses exploitations d’un combustible fossile qui paroît se rap procher du lignite. Une formation de calcaire secondaire s’étend sur les rives de l’Eger, depuis Laun jusqu’à l’Elbe, dont la rive droite présente souvent la même roche depuis Melnik jusqu’à Leitmeritz.

Les sommités basaltiques que nous avons vues ne se présenter que çà et là dans la partie saxonne, sont fréquentes dans la Bohême, et sur-tout dans le Mittelgebirge. Cette dernière contrée, et celle qui s’étend au nord-est de Leitmeritz, offrent abondamment le schiste porphyrique auprès du basalte.

Dans te Mittelgebirge , on observe , non loin de ces roches et des mines de combustible fossile , de fréquens dépôts de scories terreuses et de jaspe porcellanite ; des sources d’eaux minérales y sont connues en plusieurs lieux, depuis Toeplitz jusqu’auprès de Laun. Le terrain d'alluvion s’y montre fréquemment non loin de la rive gauche del’Eger, et il s'étend sur la rive droite, au sud de Saatz et ailleurs; enfin des exploitations de grenats sont en activité sur la rive gauche de l’Eger, entre Laun et Leitmeritz. Nous n’entrerons pas dans plus de détails concernant cette multitude de faits; qu’il nous suffise d'en avoir réuni les indications. Puissent-elles, en éveillant de nouveau la curiosité des observateurs, contribuer à répandre plus de lumières sur les points les plus contestés de la géognosie!

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