‹ De la richesse minerale. Consideration sur les mines, usines et salines des differens etats, presentees comparativement ... Avec un Atlas infolio de 65 planchesChapitre 26 sur 94 · Pour le travail à deux hommes · texte numérisé non relu

Pour le travail à deux hommes

Le fleuret préparatoire a de longueur oIB,672 et ora,o42 de diamètre au taillant

en ciseau.

Le fleuret intermédiaire 0"\9i2 oro,036.

Le troisième fleuret iœ,oo8 o*", 03 6.

Le dernier... ... l'Vj*

Le maillet a un manche de bois dont la longueur est de Om,648 ; sa tête en fer, longue de on,,j88, pèse environ 4 kilogrammes.

La curette a om,870 de longueur.

L'épinglette Om,9l2 idem.

Le bourroir im,oo8 idem»

On pratique ainsi des trous de om,576 à o,m864 de profondeur, dont le diamètre est de 0mj04^ i l'orifice, et de om,03t au fond.

La profondeur, le diamètre et la direction qu’il convient de donner Hrincipedu tlaux trous de mines , dépendent de plusieurs circonstances qui varient rjgc' d’après les localités. On se dirige, à cet égard , d’après les principes suivans :

1 .° L’objet du tirage à la poudre est, non pas de faire sauter la substance minérale qu’on attaque ainsi, mais seulement de la faire éclater, afin qu’il devienne facile de la détacher après l’explosion. Le meilleur coup de mine sera donc, toutes choses égales d’ailleurs, celui qui ébranlera de la sorte la masse minérale la plus considérable, et qui étendra le plus loin les déchiremens que son explosion sourde doit occasionner autour de lui. Pour que l’effet soit complet, le fond du trou doit éclater.

a." Dans une masse minérale qui seroit fortement engagée, comme si, par exemple, elle ne présentoit qu’une ou deux faces à découvert, un trou de mine trop profond seroit peu profitable, parce qu’alors, la résistance de la masse attaquée étant beaucoup plus grande que celle de la bourre, le coup agiroit principalement contre celle-ci, et se borneroic

Outils Jj Mineur,

h lancer peut-être quelques éclats par l’orifice, mais sans attaquer le fond du trou.

3. " Au contraire, dans une masse minérale dégagée sur trois faces,

ainsi qu’on doit faire en sorte que cela soit dès que cela est possible , la résistance étant moindre que ci-dessus autour du trou , il est avantageux de pratiquer des trous plus profonds, parce qu’avec une meme quantité de poudre, ils doivent opérer beaucoup plus d’effet que les trous d’une foible profondeur. * #

4. " Plus le diamètre d’un trou est grand, moins le coup produit d'effet, toutes choses égales d’ailleurs; car la bourre qui recouvre la poudre ne peut jamais opposer autant de résistance à l'explosion que la masse minérale qui l’environne; ainsi le plus grand effet de l’explosion tend à se diriger contre la bourre , ce qui fait voir la nécessité de donner à celle-ci le moins de surface, et par conséquent de faire l’orifice le plus petit qu’il sera possible, afin de ne pas diminuer l’effet de l’explosion contre les parois du trou.

5. “ Quant à la direction qu’il convient de donner à un trou de mine, elle doit être telle , qu’il y ait une partie de la niasse minérale plus foible que l’autre, et que la moindre résistance soit du côté qu’on se propose de faire éclater. Pour cet effet, il faut lur-tout avoir égard à la texture et à la ténacité des masses minérales , ainsi qu’au nombre des faces libres; ensuite calculer convenablement la distance qui se trouveroit, si le trou étoit dirigé dans tel ou tel sens', entre le fond du sac et celle des faces libres de la masse minérale, parallèlement à laquelle il s’agit d’avancer l’entaillement. Il faut enfin éviter soigneusement les fissures qui s’opposeroient à l’effet du coup, ce qui exige qu’on interroge avec le marteau la masse à attaquer , pour juger de sa consistance , d’après le son quelle rend.

6. ” Si cela est nécessaire, par exemple , pour commencer le percement, on pratique d’abord , au marteau et à la pointerole , une entaille dans la masse minérale; après quoi on dispose un trou de mine sur l’une de* faces dégagées, d’après les principes qui viennent d’etre rappelés.

C’est d’après ces règles générales qu’on pratique des trous de mine, soit de haut en bas, soit de bas en haut , soit horizontalement, soit enfin

suivant une direction quelconque , tantôt dans une masse sèche , tantôt Outils dans une masse où les eaux abondent. Pour ces deux dernières circons- u ^î tances, on emploie des cartouches d'une confection différente. Dans le Confection premier cas, la cartouche n'est autre chose qu’un morceau de papier or,tH,cl>c!roulé en cylindre, qui est rempli de poudre et ficelé par les deux bouts; dans le second cas, on met la poudre dans des cartouches de cuir, ou plus ordinairement de fort papier goudronné, ou bien enfin dans un cylindre de tôle , ainsi que cela se pratique dans la Cornouailles.

La quantité de poudre que contient une cartouche est communément , pour les trous à un seul homme, de deux à trois onces, et pour les trous à deux hommes, de trois à six onces et plus. En général, les premiers sont beaucoup plus avantageux que les autres. C'est de la grosse poudre à canon qu’on emploie pour le tirage des mines; étant n'oins vive et moins coûteuse que la poudre fine , elle est d’ailleurs suffisamment forte quand elle est bien fabriquée. La confection de la poudre et celle des outils d’eniaillement exigent une surveillance toute »

particulière.

II est plusieurs manières de disposer la cartouche et la bourre , dans Dbcn modes de les trous de mine. Aujourd’hui l’on peut distinguer les suivantes : ,lr'lgc'

i Le tirage au t asseau par-dessus est la méthode la plus ancienne : pour l’exécuter, on chasse à coups de marteau, par-dessus la cartouche, un cylindre de bois qui porte une cannelure longitudinale et propre à laisser passer 1 epinglette. En plusieurs endroits , cette méthode est abandonnée. Souvent son effet se bornoit à lancer le tasseau comme un projectile ; rarement le tasseau remplissoit exactement l’espace du trou.

a.0 Le tirage à la bourre de terre consiste à tasser, par-dessus la cartouche, de l’argile préparée pour cet objet, et par-dessus l’argile, de petits morceaux d’une roche susceptible de se laisser fouler, et totalement dépourvue de silex. Cette méthode est la plus répandue; elle se rapporte à celle qu’on emploie dans les carrières de gypse , où l’on recouvre la cartouche de plâtre sec , puis de plâtre gâché, contenant des morceaux de plâtre sec.

3.® Le tirage au sable est une méthode nouvelle, qui fut publiée, il y a quelques années, en Angleterre par M. Jessop, en France par

OuYils du Mineur.

Eiwii compara tifs.

Avantage* du ri* ragcautaaicauf&c.

M. Pictet , et en Allemagne par M. Gilbert. Pour tirer ainsi , il suffit de poser par-dessus la cartouche , du sable quartzeux d’un grain égal.

L’effet du tirage au sable offre quelque chose d'analogue S l’effet qu’on observe dans une rangée de billes d'ivoire, et en général de sphères élastiques, où l’on sait que le choc de la sphère qui forme l’une des extrémités de la rangée, se communique à celle qui forme l'autre extrémité , à travers toutes les sphères intermédiaires qui restent alors immobiles. De l’immobilité que conserve, dans le premier moment, une partie du sable superposé à la cartouche , et de sa propension à retomber même vers le fond du trou , il résulte que les gaz produits par l’inflammation de la poudre , déploient , dans leur expansion ainsi génée , une force considérable qui agit presque toute entière sur le sac ou Vante du trou de mine.

Nous avons fait, à cet égard, un grand nombre d’expériences avec M. de Bonnard et M. le professeur Gilbert, dans plusieurs grandes mines de l’Allemagne , en l’année i 807; afin d’obtenir des résultats comparatifs , nous avons employé, au lieu de sable, diverses autres substances, telles que du spath pesant, du spath calcaire, de la battiture de fer , de la grenaille de plomb , de la sciure de bois , &c. Nos observations nous ont conduits aux conclusions suivantes : 1.° l’élasticité, dans la matière employée pour recouvrir la poudre , est une circonstance plus essentielle pour l’intensité de l’effet, que ne le sont la pesanteur et la parfaite égalité du grain; 2.® toute substance qui réuniroit élasticité, pesanteur et égalité de grain , dans une proportion convenable, seroit bonne à employer au lieu de sable; 3.0 le tirage au sable peut présenter un avantage réel pour les trous pratiqués de haut en bas , -dans tous les endroits où il est plus facile de se procurer le sable quartzeux que l’argile usitée comme bourre; en général, il présente l’avantage d’économiser le temps nécessaire pour bourrer, ainsi que la dépense qu’occasionnent l’achat et la préparation de l’argile ; 4-° le tirage au sable n’est pas applicable dans les mines où l’on est fréquemment obligé de placer les trous en toutes sortes de directions.

4.° Le tirage au tasseau par- dessous a été tenté plus récemment et avec plus de succès que toutes les autres méthodes. Celle-ci exige

(. ,os )

l’emploi d’un tasseau de bois, qui présente à sa partie supérieure la forme d’une dame à jouer, et au-dessous , la forme d’un cône tronqué et renversé, dont la troncature forme la partie inférieure du tasseau , quand il est placé dans le trou.

Un semblable tasseau a 6 à 8 centimètres de long; sa partie supérieure doit avoir exactement le meme diamètre que le fond du trou , n’y entrer même que difficilement, et porter sur son rebord circulaire quatre petites entailles longitudinales qui se dirigent parallèlement à son axe. Pour charger un trou de mine par ce procédé, on commence par chasser le tasseau dans le trou , de manière que sa troncature en touche le fond : c’est sur le tasseau , que l’on place la cartouche; on bourre ensuite par-dessus celle-ci , avec de l’argile et comme à l’ordimire; ainsi il reste sous la charge un espace libre qui ne contient que de l’air. Quand l’inflammation parvient à la poudre, la première expansion , et par conséquent le premier effort des gaz formés , se dirige contre le fond du trou : là, cette force agit toute entière, jusqu’à ce qu’enfln le tasseau soit ou chassé par l’orifice du trou , ce qui ne peut arriver qu’après une résistance de quelque durée, ou, mieux encore, déplacé avec la masse attaquée dans laquelle il reste souvent fixé. De là l’effet avantageux que nous avons constamment obtenu par cette méthode, dans les expériences multipliées que nous avons faites en 180-, tant au Hartz qu’au pays de Mansfeld, pour la comparer avec toutes les autres méthodes de tirage.

Après avoir tiré ainsi pendant plusieurs semaines dans tout un district des mines du Hartz (dit Resenlotferçitg) , en tenant note exacte des résultats, dont il seroit trop long de consigner ici tous les détails, on s’est assuré que cette méthode étoit capable d’épargner un quart de la quantité de poudre qui est dépensée pour obtenir le meme effet par le tirage à la bourre d’argile {voye^ 2° ci-dessus). Elle est pratiquée, avec le même succès , en Norwége , d’où M. Hausmann nous l’avoit rapportée, à l’époque de nos expériences.

Dans toutes les méthodes de tirage, on emploie un boute-feu pour faire parvenir l’inflammation jusqu’à la cartouche. Tantôt le boute-feu est composé de brins de roseau, ou de paille, ou d’aubier de tilleul, ou

Outils

du Mineur

. Boute - feu et mcche.

Outils

du Mineur.

pulvcrin , ainsi que l’intérieur de la baguette. C’est ce qui se pratique en plusieurs endroits, et notamment dans le Hartz. Quand un coup de mine ne part pas tout de suite, on ne sauroit trop recommander aux mineurs de ne pas se presser de retourner vers le trou ; car c’est ainsi qu’il arrive un grand nombre d’accidens funestes.

Le travail par le feu étoit déjà usité il y a plus de trois mille ans : Travail par te feu. jusqu’à l’introduction de la poudre dans l’exploitation des mines , ce fut le seul moyen d’attaquer les substances tenaces et les substances récalcitrantes. Nous avons déjà dit qu’on le réserve aujourd’hui pour ces dernières ; encore, vu la cherté toujours croissante du bois, ce genre de travail n’est-il plus en usage que dans un petit nombre d’exploitations , comme à Altenberg en Saxe , à Felsobania en Hongrie , à Konigsberg en Norwége, mais principalement au Rammelsberg , près Goslar, dans le Hartz , où nous verrons qu’il procure encore de grands avantages.

Outre une énorme quantité de bois qui doit ctre propre à développer beaucoup de flamme , le travail par le feu exige une circulation d’air très-active. Nous le considérerons ailleurs avec plus de détails , par l’exemple de la mine du Rjmmelsherg (pi. 18). Qu’il nous suffise de remarquer ici que le travail de l’ouvrier consiste, i ."à disposer des bûchers convenablement pour que la flamme se dirige , soit contre le pied d’une masse minérale où il s’agit de commencer une galerie ou une chambre, soit, de haut en bas, contre une masse minérale où l’on se propose d’approfondir un puits , soit contre le faîte d’une excavation en voûte qu’il faut agrandir; 2.° à mettre le feu aux bûchers, après quoi l’on sort de la mine pendant que la combustion s’opère; j.° à détacher, après la combustion , les parties de la masse minérale que la flamme a fait éclater , ce qui s’exécute à l’aide de divers outils ; 4-° quelquefois à rétablir le feu aux mêmes endroits, avant de pouvoir rien détacher; j."à exhausser, quand il en est besoin , le sol sur lequel doivent être placés de nouveaux bûchers , ce qui s’opère au moyen des déblais obtenus.

Pour entreprendre un percement horizontal par ce moyen , on commence aujourd'hui par dépouiller le pied de la masse minérale , soit à l’aide du marteau et de la pointerofe, soit à l’aide de la poudre; c’est contre cette première excavation que l’on dirige la flamme d’un premier

Outils du Mineur.

bûcher. A Felsobania en Hongrie, on emploie pour cela un petit fourneau de fer recouvert de tôle, et dispose solidement sur les côtés, de manière que , les bûches étant allumées sur la grille du fourneau , la flamme ne puisse sortir que par son ouverture antérieure qui est tournée contre l’excavation existante. A mesure que l’excavation s’agrandit, on dispose de nouveaux bûchers contre la partie qu’il faut excaver; c’est ainsi que, de proche en proche , on est parvenu, dans les mines où ce genre de travail est encore usité, à pratiquer d’immenses percemens dont le faite s’arrondit en voûtes quelquefois d’une hauteur considérable.

Il est des cas où l’on pratique , dans la meme mine , le travail au marteau et à la pointerole, le travail à la poudre et le travail par le feu.

Nous aurons occasion de revenir sur ces objets , en considérant les exemples.

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