CHAPITRE VI
DES MOYENS OU TENTATIVES PAR LESQUELS , EN CAS DE DECOUVERTE , ON PEUT CONVERTIR LES TRAVAUX DE RECHERCHE EN EXPLOITATION PERMANENTE.
Ce n’est qu’après s’ctre bien assuré de" l’existence et de l’allure gêné- Tcntativcs. raie dfun gîte de minerais , à l’aide des fouilles, des tranchées et du sondage , qu’il peut être A propos de pratiquer des puits ou des galeries de tentative , dans une région encore intacte. La marche qu’il est prudent de tenir, en pareil cas, étant à-peu-près (a même que pour les cas où l’espoir se fonde sur d’anciens travaux jugés dignes d’ctre repris, ou sur l’existence actuelle d’une exploitation active, nous allons considérer, pour ces trois cas en même temps, la manière de substituer aux recherches préliminaires, des puits et des galeries propres à convertir les premiers travaux en une exploitation permanente.
En général , pour îa recherche d’un filon dont l'affleurement est connu , Tcnuti»« «ur il convient d’étudier le gîte de minerais sur une grande étendue , tant au sein de la montagne qui le renferme , que dans la montagne opposée où il peut se prolonger. Cet examen peut s’opérer, soit par une galerie pratiquée dans le gîte suivant sa direction, soit par des puits ouverts sur l’affleurement du- filon , et approfondis suivant son inclinaison.
Pour l’examen des couches , et sur tout à l’égard des couches de Tenurivo sor houille qui se présentent rarement solitaires, il est à desirer de pouvoir cttuchcsen traverser plusieurs par un même ouvrage. Cela peut s’exécuter , soit par un puits, si les couches se rapprochent de la situation horizontale, soit par une galerie , si elles sont très-inclinées.
Il ne seroit pas possible de prescrire des règles propres à déterminer Choix Jcsmoytns. toujours le choix entre les puits et les galeries de tentative , qu’il faut d ailleurs combiner le plus souvent ensemble; il' pourra cependant être utile de se rappeler, en pareil cas, les considérations suivantes:
Tintatives.
Galeries.
Puiu.
Motifi de pritcrcncc.
1. “ Les galeries sont moins coûteuses que les puits. L’exécution de ces derniers est possible par-tout , en pays de plaine , comme en pays de montagnes; il n’en est pas de même des galeries.
2. ° Les galeries sont préférables aux puits, pour une tentative, quand on peut les percer sur le flanc d’une montagne qui présente l’affleurement d'un filon , quand les eaux abondent dans le gîte à explorer, et sur-tout quand on peut placer l’orifice d’une galerie à un niveau tel, quelle fasse, pendant long- temps, l’office de galerie d’écoulement et de galerie d'extraction* .
3 . * Les puits pratiqués de distance en distance offrent l’avantage d'explorer promptement un plus grand nombre de points , que les galeries ne peuvent le faire, sur-tout à l’égard d’un gîte dont l’affleurement est bien connu. Cette remarque est vraie, tant pour un pays de montagnes, que pour un pays de plaine: dans ce dernier cas, les puits sont les seuls moyens qu’on puisse tenter.
4. * Quelquefois , dans des travaux abandonnés où il se trouvera des, traces de puits effondrés et des orifices de galeries aifaissées, on aura lieu de craindre que tout le minerai D'ait déjà été exploité par les puits jusqu’au niveau de la galerie et même au-dessous. Ce seroit alors un motif de préférence , en faveur des galeries; il conviendroit, en pareil cas , d’en percer une nouvelle à un niveau plus bas que les anciennes ; mais il faudra se garder aussi de porter trop bas , dès le commencement , l’orifice d’une telle galerie, si l’on doit, par la suite, se trouver dans la nécessité de la mettre en communication avec des puits aboutissant au jour; car on pourroit se voir obligé par-là de donner aux puits une profondeur très-considérable.
<.° Il se présente une différence remarquable entre l’emploi des puit» et l’emploi des galeries dans les tentatives; c'est qu’il peut être avantageux, en plusieurs cas, de pratiquer , dès l’origine , une seule galerie continue , tandis qu’il seroit toujours imprudent de pratiquer, à la même époque, un seul puits continu qui coûteroit dix fois aussi cher, qui favoriseroit moins l’airage , l’épuisement et l’extraction , et qui seroit loin de pouvoir procurer des renseigne mens aussi étendus qu'une galerie.
Tintativu»
6. ° En pays de plaine, il sera toujours à propos de combiner les tentatives par puits partant du jour, avec les tentatives par portions de galerie, partant du fond des puits et non poussées jusqu’au jour. On foncera, par exemple, des puits de too en i oo mètres; et à partir du fond de chacun d’eux, on pratiquera deux portions de galeries, l’une dans un sens, l’autre dans le sens opposé, et chacune de 30 mètres de longueur. Si c’est dans un filon, ou dans une couche isolée, qu’une telle recherche s’opère , les portions de galerie suivront la direction du gfte , et il restera, par conséquent, entre celle qui partira de la gauche d’un puits, et celle qui partira de la droite du puits voisin, un espace de 4o mètres non exploré: si c’est dans des couches de houille que la recherche a lieu , il sera convenable de percer les portions de galerie à partir du*fond des puits, non pas suivant la direction des couches, mais transversalement, afin d’en recouper le plus grand nombre possible. Supposons enfin que, dans ce dernier cas, l’inclinaison des couches vienne à se rapprocher de la ligne horizontale; alors, au lieu de continuer les portions de galerie , on traverserait les couches par des puits partant de l'extrémité des galeries, de manière à s’avancer toujours perpendiculairement aux bancs du terrain.
7. ° En pays de montagnes, il sera souvent avantageux de commencer les tentatives par une galerie partant du jour, galerie que l’on pourra mettre en communication avec des puits également partant du jour.
Une telle galerie devra , en général , suivre la direction du gîte , s’il s’agit d’un filon , ou d’une couche solitaire ; mais elle devra traverser les bancs du terrain, s’il s’agit de reconnoitre des couches de houille , ou plusieurs gîtes présumés parallèles entre eux.
Ce sera d'après les localités, qu’cm choisira entre ces divers moyens ou qu’on les combinera.
S’il s’agit de reprendre d’anciens travaux abandonnés, on commen- Anciens tmau». erra par examiner les plus gros tas de déblais, pour en soumettre de certaines parties aux opérations du lavage , et on essaiera les fragmens de minerais qu’ils pourront contenir. On pourra ensuite, en ayant égard à ce qui a été dit ci-dessus, rendre praticable quelque ancienne galerie qui présentera peut-être aux yeux le gîte de minerais dépouillé; ou bien
Tentatives. on tentera Je rouvrir quelque ancien puits dans lequel on fera descendre un ouvrier suspendu à une corde; niais comme l’air est ordinairement très-vicié dans de pareils ouvrages délaissés , il faudra procéder avec prudence, à l'aide des moyens dont il sera fait mention plus tard , au sujet de l’airage. La meilleure preuve qu’un homme pourroit descendre sans danger dans un puits abandonné, ce seroit qu’une lumière put y brûler long temps. Quant aux eaux réunies dans de telles excavations , si elles ne peuvent trouver leur écoulement par une galerie existante, on commencera par les épuiser à l’aide de seaux ou de pompes à bras : lorsque ces moyens ne suffiront plus , il deviendra indispensable d’avoir recours aux machines que nécessite une grande exploitation. (Vty. pl. 3 J et suivantes.)
Min» en artivité. Dans une contrée où il existera déjà des mines en activité, pn appliquera facilement ce qui précède, pour la recherche de nouveaux gîtes exploitables , en saisissant les occasions fréquentes qui se présenteront de coordonner les ouvrages nouveaux avec des puits et galeries déjà existans.
Qu euions à té- li ne suffit pas d’avoir constaté, par des tentatives, l’existence d’un
aoudre. gjte jg minerais, pour y établir aussitôt une exploitation permanente.
Ici se présente un nouvel enchaînement de considérations, d’aprcs lesquelles tout entrepreneur sage examinera si le gîte reconnu mérite d’étre exploité, c’est-à-dire, s’il peut l’être avec avantage.
Quelle valeur a dans le commerce la substance que fourniroit le gîte connu! quels seroient les débouchés et les moyens de transport! quel espoir d’abondance et de régularité dans les produits est-il raisonnable de concevoir, d’aprcs la disposition intérieure du gîte! quelles opérations plus ou moins compliquées devrait subir le minerai parvenu au jour ! telles sont les premières questions à résoudre; mais ce ne sont pas, à beaucoup près , les seules.
Après avoir étudié la nature des minerais et la nature du gîte , il n’est pas moins nécessaire d’avoir égard à la nature des terrains qui le renferment, et de l’observer tant à l’intérieur qu’au dehors.
A l’intérieur, faudra-t-il , pour obtenir le minerai, arracher avec lui une partie des roches environnantes ! que fera-t-on des déblais : jusqu’à
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quel point la consistance des roches pourra-t-elle épargner ou exiger des constructions coûteuses de boisage ou de muraillement les eaux abondent-elles dans les travaux souterrains ! l’air y sera-t-il sujet à se vicier! au-dehors, la disposition des montagnes offre-t-elle des différences de niveau qui puissent permettre d’établir des galeries d’écoulement jusqu’à une profondeur considérable! aura ton des eaux motrices , avec les chutes nécessaires pour le mouvement des machines hydrauliques, ou bien pourra-t-on employer des machines d’un autre genre ! Ce n’est pas tout: il faut encore examiner quelle sera la disposition générale des travaux souterrains , jusqu’à quel point ils pourront être réguliers , quelles seront leur étendue et leur profondeur, quelles facilités ils pourront offrir pour le roulage et pour l’extraction; il faut enfin connoître le prix de la main-d’œuvre et des divers objets de consommation, juger de la capacité des hommes qu’on se propose d’employer , soit comme ouvriers , soit comme directeurs , soit comme comptables , et méditer les lois relatives aux mines, lois qui, dans les divers états, sont plus ou moins favorables au développement de l’industrie du mineur. 'Combien d’entrepreneurs téméraires, s’obstinant, faute des premiers éléniens de l’art des mines, à le regarder comme un art purement conjectural, n’ontils pas eu lieu de se repentir d’avoir omis quelqu’une de ces importantes considérations! C’est uniquement d’après leur ensemble qu’il est possible de calculer les obstacles à vaincre , et de concevoir des espérances raisonnables. Quelque prudent que puisse être le mineur, il n’est à la vérité que trop de circonstances qui échappent encore à ses recherches; mais c’est une raison de plus pour ne rien négliger de ce qui peut être soumis aux calculs de la prudence.
Tentatives.
Descente.
Rampes.
Escaliers.