‹ De la richesse minerale. Consideration sur les mines, usines et salines des differens etats, presentees comparativement ... Avec un Atlas infolio de 65 planchesChapitre 28 sur 94 · par s ontidge · texte numérisé non relu

par s ontidge

Nous appelons ici fouilles un système de petites excavations partielles, Fouilles, plus ou moins éloignées les unes des autres, dont chacune n’a jamais plus de 4 mètres de long et 2 mètres de large , avec une profondeur ordinairement telle, que deux ouvriers puissent y être placés l’un audessus de l’autre.

Une telle fouille verticale peut devenir, par la suite, le commencement d’un puits, si l’on juge convenable de l'approfondir. Quelquefois on pratique, sur la pente d’une montagne , des fouilles horizontales qui peuvent , par la suite , devenir des galeries , si l’on juge à propos de les prolonger dans l’intérieur du terrain. Mais nous nous bornons, pour le montent, aux recherches préliminaires qui s'exécutent dans une

Exploration.

Tjjnrhccî.

Sondage.

Choix des moyens.

région encore intacte. Il sera question plus tard des recherches ultérieures qui se font par puits et galeries.

Une tranchée est une excavation continue, pratiquée à la surface du terrain , sur une longueur plus ou moins considérable , avec une largeur qui varie de 8 à i4 décimètres et une profondeur de 2 à 4 mètres.

Le sondage consiste en un système de trous d’un ou plusieurs pouces de diamètre , qu’on pratique dans le terrain jusqu’à une profondeur plus ou moins considérable, à l’aide de l’instrument connu sous le nom de sonde du mineur.

Le principal but des fouilles est de dépouiller l'affleurement d’un gîte déjà présumé , en ouvrant la terre végétale qui le couvre : l’objet des tranchées est plus étendu; car une telle recherche comprend tous les affleureniens qui peuvent se présenter sous la terre végétale. Ces deux genres de recherche sont peu propres à faire découvrir de nouveaux filons ou de nouvelles couches; ils se bornent, le plus souvent, à présenter aux yeux , sur plusieurs points et près de la surface du terrain, la puissance , la direction , en un mot , les circonstances naturelles d’un ou de plusieurs gîtes de minerais qu’on a découverts par l’observation , et qu’on a jugés dignes d’examen. Le sondage, au contraire, est propre à chercher jusqu’à une profondeur considérable, par exemple de 200 mètres, des gîtes de minerais dont on ne connoit pas encore d’affleurement au jour. Ce genre de recherches ne fait pas voir le gîte lui-même dans son ensemble, comme les fouilles et les tranchées; mais ce que la sonde rapporte au jour met à même de juger de la nature des roches quelle a traversées, de la puissance des gîtes exploitables s’il s’en présente , de leur nombre si plusieurs se succèdent, et enfin de l’ordre de leur succession.

En même temps, par le moyen de plusieurs trous de sonde disposés convenablement et rapportés géométriquement sur le papier, il est fatile d’acquérir une connoissance exacte de la direction et de l’inclinaison d’un gîte de minerais exploré par le sondage.

On emploie les fouilles, le plus souvent, pour l’examen des filons; les tranchées, pour les filons et pour les couches; le sondage, principalement pour les couches.

En réfléchissant sur U manière dont s’exécutent ces divers travaux, Expioiutiok. on sentira les motifs qui doivent faire préférer fun ou l’autre.

Pour examiner un filon par des fouilles verticales, ce qui est le cas Recherche pir le plus ordinaire , il est à propos d'observer les règles suivantes : fouilles. •

i.° Quand on a déjà quelque connoissance de la direction et de l'inclinaison du gîte, on place les fouilles, de préférence, à son toit, parce qu’alors on risque moins de manquer le filon.

a." On dispose chaque fouille de manière que son grand côté fasse un angle droit avec la direction du gîte à explorer, afin de mieux étudier la puissance du gîte.

3.0 Dans les filons puissans, on place volontiers chaque fouille vers le milieu de la puissance , parce qu’on sait par expérieuce que c’est là qu’il y a le plus de minerais à espérer.

4-° Lorsque la direction du gîte est parfaitement connue, et qu’il ne s’agit plus que d’examiner son importance, on dispose les fouilles, suivant la direction , à 20 ou ,-jo mètres l'une de l’autre , et on les approfondit quelquefois jusqu’à dix mètres. S’il y a lieu par la suite , on choisit une de ces fouilles pour en faire un puits de recherche ultérieure.

Une tranchée se creuse comme un fossé. Ordinairement elle n’exige , Recherche par comme les fouilles, qu’un simple travail de déblaiement ; pour exécuter tranchée», une recherche par ce moyen, on observe les règles suivantes : i.°si l’on se propose de reconnoître un seul gîte sur tout son affleurement, on ouvre la tranchée suivant la direction; 2° le plus souvent il est avantageux, sur-tout à l’égard des couches, de placer la tranchée perpendiculairement à la direction du gîte, pour en reconnoître plusieurs à-lafois; 3.0 quand une tranchée n’a pas découvert les affleuremens cherchés, on la recoupe par une seconde tranchée , qui fait un angle avec la première. En général, ce moyen a l’inconvénient d’étre plus coûteux que les fouilles partielles, et il ne jouit pas des encouragemens qui, dans plusieurs pays, sont accordés aux fouilles proprement dites, sous de certaines conditions propres à préserver de dégâts les propriétés de la surface.

Le sondage exige l’emploi d’instrumens beaucoup plus compliqués Recherche par que les fouilles et les tranchées. Nous nous bornerons ici à rappeler, le sondi8c-

Exploration, plus succinctement possible, les pièces d’une sonde, parce que la description détaillée s’en trouve dans plusieurs ouvrages : les planches et les explications qui accompagnent celui-ci, feront voir cet instrument employé, soit verticalement , soit horizontalement, et le présenteront avec quelques nouveaux perfectionnemens. ( Voyc^ pl. 6, div. V.® et VI.’, ainsi que pl. 12, div. II.®, III.” et V.®)

Pièces drl> sonde. On distingue dans une sonde, la tête, la tige, les outils, et les pièces accessoires. {Vçye^ pl. 6 , div. V.' et VI.®)

Té-c. I-a tête est une barre de 1er cylindrique, terminée à sa partie supé-

rieure , tantôt par un anneau propre à recevoir une barre de fer ou de bois , qu’on peut y placer pour faire tourner l’instrument, tantôt par un crochet destiné à recevoir un cable auquel la sonde puisse être suspendue. Dans le premier cas, qui est représenté sur la pl. 6, en m ni*, div. VI.®, la barre de la tête porte quelquefois, au-dessous de son anneau, un collet (non exprimé) qui , pendant l’opération, est embrassé par la fourche d’un levier destiné à la soulever. Dans le second cas, la barre de la tête est soulevée par le cable, à l’aide d’une chèvre. Dans les deux cas, la partie inférieure de cette barre est pourvue, soit d’un écrou propre à recevoir une vis qui termine la tige à sa partie supérieure , comme l'indiquent les fig. a, b, soit d’un moyen d’assemblage équivalent, comme 011 le voit dans les ftg. C d, c f, g II, i j, k i, m n, m' n', sur l’explication desquelles nous reviendrons à la tin de ce chapitre.

Tige. La tige est composée de plusieurs barres de fer cylindriques , ou à

huit pans, égales entre elles, et susceptibles d’être assemblées l’une au bout de l’autre. Chacune de ces barres se termine ordinairement par une vis, à son extrémité supérieure , et par un écrou, à son extrémité inférieure ( veyeç a b)- Dans plusieurs pays de mines, on a perfectionné l’assemblage des pièces de la tige, soit au moyen de la forme du pas de vis, soit en substituant aux vis d’autres moyens dont les figures déjà mentionnées de la pl. 6 , division VI.”, donneront une idée suffisante. Remarquons seulement ce qui suit : 1 .® le diamètre des tiges varie, pour les différentes espèces de sondes, depuis 6 lignes ou 1 4 millimètres, jusqu’à 45 millimètres; if est toujours moindre que le diamètre de

l’outil qui fore le trou; 2.® la longueur de chacune des pièces de tige Exn.c'kation. est d’environ 3 mètres.

Les outils de la sonde sont des pièces de fer susceptibles d’être assem- Ouvk blées avec l’extrémité inférieure de la tige. ( Vaye^ pl. 6, div. V.“) Leur forme et leur nom varient en raison de leur objet. On peut distinguer six sortes d’outils, ainsi qu’il suit ;

1 Les tarières (a, b , c) ont pour objet d’attaquer, près de la surface du terrain , les substances molles et les roches dites ébouleuses ou tendres [yoye^ chap. IV). Ces mêmes outils font l’office de cuillers. On emploie , suivant que le terrain l’exige , une tarière simple faite comme celle des charpentiers (a), ou bien une tarière dont l’extrémité inférieure est en forme de vrille (b), ou bien enfin une tarière cylindrique dont les bords inférieurs sont coupés en hélice (c).

2.” Les cuillers sont destinées à rapporter du fond du trou les matières que la sonde a rencontrées. Cet outil est tantôt un demi-cylindre ctcux (c), tantôt un cylindre entier, également creux, mais portant une ouverture longitudinale (d). Dans certains cas, c’est un cylindre creux et fermé tout autour, mais dont la base inférieure présente une ouverture circulaire sur laquelle s’adapte une soupape {yoy.o.p.q. div. VI.*).

Les cuillers de cette dernière forme sont propres à retirer les eaux du fond d’un trou de sonde, quand on a besoin de les examiner. Quelquefois enfin on emploie une cuiller à sable (r) , terminée par un tirebourre (r ), et portant un entonnoir (r>) dans lequel se réunissent les matières trop fluides ou trop meubles pour que les cuillers a,b,c.d puissent les contenir.

3/ Les trépans (e ,f,g, div. V.”) conviennent pour percer les roches traitables, telles que les marnes et schistes ; ces outils agissent en tournant dans le trou pratiqué par leur moyen.

4. ® Les ciseaux (h, i,j) attaquent les roches tenaces et les substances récalcitrantes. Ces outils sont aigus ou obtus, simples ou croisés. Ils agissent sur - tout en frappant et ensuite en tournant un peu dans le trou de sonde.

5. * Les casse-pierres ( k,l ) serventà débarrasser le trou de sonde des pierres qui peuvent l’obstruer accidentellement. Un tel outil présente,

Exploration, tantôt une pointe plus ou moins aigue (k ou l), tantôt deux dents à son extrémité inférieure; quelquefois c’est une niasse cylindrique dont le diamètre est égal à celui du trou.

6." Les allésoirs sont employés pour donner au trou la forme cylindrique qu’il doit conserver sur toute sa longueur. Un tel outil présente tantôt la forme d’une pyramide renversée, dont les arêtes sont tranchantes et les faces ordinairement planes, mais quelquefois creusées en gouttières ( m ), tantôt la forme d’une pyramide armée de plusieurs tranchans successifs (voyez n à n‘); dans ce dernier cas , on le nomme aussi trépan progressif.

Accessoires. Parmi les pièces accessoires de la sonde, on remarque les suivantes : i.° Le tourne-à-gauche ( O p, div. VI.*) estime clef de fer, qui peut s’adapter sur l’une des carres que présente la tige. Cette pièce, qu’on dirige à la main , sert , pendant que la sonde agit en frappant , à la faire tourner dans le trou, d’un sixième de circonférence , après chaque coup; lorsqu’on veut retirer l’outil, le tourne-à-gauche sert à dévisser les pièces qui composent la tige. Le premier objet est rempli par jnn mécanisme plus commode , dans la sonde que présente la pi. 12, div. V.°

2.° la curette (<J r) sert à retirer, des cuillers ou tarières, les matières que ces outils rapportent du trou de sonde.

3.0 Différentes clefs d’arrêt % ont employées pour maintenirsuspendue dans le trou la partie inférieure de la tige, à mesure qu’on en retire la partie supérieure, quand on veut dévisser les pièces et parvenir à l’outil. (Vop. s.)

4.° Divers ins'nimens, dits tire-bourres ou arracke-sondes , servent à retirer du trou, soit les fragmensde pierres qui peuvent l’obstruer, soit la partie inférieure de la sonde, lorsque quelqu’une de ses pièces a éprouvé une fracture. Pour retirer les pierres , on emploie le tirebourre (s); quant aux arrache -sondes, l’un a la forme d’une cloche conique renfermant un écrou ( t, t' ) ; l’autre présente deux mâchoires élastiques ( u,u' ); un troisième enfin est un tire-bourre (v) capable d’embrasser la pièce qu’il s’agit de retirer.

y° Un support est constamment nécessaire à la sonde, quand elle doit agir en frappant. C’est une chèvre ou un cabestan pour les grandes sondes;

c’est un simple appui vertical pour les sondes moins pesantes. Dans ce Exploration. dernier cas, l’appui vertical est une pièce de bois qui porte une ouverture longitudinale, propre à donner passage à un levier situé horizontalement. Le levier horizontal dont il vient d’étre question est posé perpendiculairement surunboulon de fer également horizontal, qui tra verse l’ouverture de l’appui; celui-ci est percé de trous situés à différentes hauteurs, dans lesquels on peut placer successivement le boulon horizontal destiné à porter le levier; par ce moyen, on peut faire varier la position de ce dernier , qirt se trouve divisé par le boulon en deux leviers inégaux. Le bras-court se termine par la fourche déjà indiquée ci-dessus , qui embrasse le collet de la tête; ainsi , en abaissant l’extrémité «lu bras-long, on élève le bras-court, et avec lui la sonde , qui retombe ensuite par son poids, dès qu’on cesse de peser sur le bras opposé.

6 Une barre de rotation est employée pour faire manœuvrer la sonde, quand elle doit agir en tournant. C’est tantôt une pièce de bois ou de fer qui passe dans l’anneau de la tête, perpendiculairement à la tige , tantôt une manivelle de bois ou de fer, propre à contenir la tige da ns des mâchoires ajustées pour cet effet.

L’opération du sondage est pratiquée, avec diverses modifications, Divers eu Je dans les mines, dans les tourbières, dans la recherche des fontaines, et dans le percement des puits d’eau douce ou d’eau salée. Nous ne considérerons ici que la sonde du mineur. On l’emploie, soit dans une position verticale (ordinairement de haut en bas, mais quelquefois de bas en haut) , soit dans une position horizontale, soit enfin dans une position oblique: tantôt c’est pour reconnoître les diflérens bancs de terrain; tantôt pour établir, dans l'intérieur des mines, des communications nécessaires, soit à la circulation de l’air, soit à l’écouiement des eaux, soit à de nouvelles découvertes , soit à la recherche «l’un gîte interrompu par un accident; souvent enfin le mineur emploie la sonde pour la recherche des eaux. .

En considérant la sonde du mineur d’après ses dimensions, on peut Sonde du mineur, établir les distinctions suivantes : ,

i .* La sonde portative est employée , soit pour faire des recherches jusqu’à i y ou 20 mètres de profondeur, soit pour opérer des perce-

Exploration.

Règles du sondage.

mens quelconques clans l'intérieur des mines. Le trou que l’on fore avec cet instrument a environ 2 centimètres -j de diamètre.

2. " La sonde du nord delà France est employée jusqu’à la profondeur de 100 mètres; son outil fore un trou dont le diamètre est d’environ 6 centimètres.

3. ° La grande sonde , dite sonde d’Allemagne, pénètre jusqu’à ia profondeur de 200 mètres; son outil fore un trou dont le diamètre varie de 10 à 1 5 centimètres. On la fait manœurverà l’aide d’une chèvre dont la poulie est située verticalement au-dessut du trou : cette sonde agit en frappant et en tournant.

Les règles à suivre à l’égard du sondage ont pour objet, les unes la disposition générale des trous de sonde, les autres l’exécution d’un trou considéré seul. Nous ne ferons mention que des règles principales, et seulement à l’égard des recherches.

La disposition générale des trous de sonde est assujettie aux règles suivantes :

i.” Il faut déterminet, d’après les observations géognostiques rappelées ci-dessus, dans quel terrain il pourra être à propos d’établir un soudage.

a.” On ne peut pas se contenter d’un seul trou de sonde, tant parce qu’il faut au moins trois points non situés en ligne droite pour déterminer la position d’un plan, que parce que la puissance des bancs est souvent très-variable.

' 3.0 Il importe de connoître exactement la direction et l’inclinaison

générales des bancs de terrain dans lesquels on se propose de tenter un sondage, et de déterminer, d’après cette connoissance, la position exacte de chacun des trous de sonde , ainsi que la relation mutuelle qui pourra exister entre eux.

4. “ En général, les trous de sonde doivent être placés au toit des bancs du terrain qu’il s’agit de traverser, et de manière à en traverser le plus grand nombre possible ; car il est évident que si on les plaçoit sur l’affleurement et suivant l’inclinaison d’un banc, on pourrait sonder indéfiniment sans sortir de-ce meme banc , et par conséquent sans rien

apprendre de nouveau; ce qui, plus d’une fois, a été, pour des entre- Exfioratiom. preneurs inexpérimentés, le seul fruit de leurs dépenses.

5. ° On doit chercher à déterminer d’avance, autant qu’il sera pos-

sible, à quelle profondeur le sondage devra parvenir, et quelles roches on pourra rencontrer. On pourra prévoir, d’aprcs cela, quelle machine il faudra employer pour faire manoeuvrer la sonde, soit une chèvre, soit une moufle, soit une autre disposition; de quels outils il faudra faire usage, et quel devra être le diamètre du trou desonde. Par exemple, relativement à la consistance des roches, on emploie le ciseau dans les grès des houillères, et par conséquent dans les roches plus tenaces ; la tarière simple dans les schistes tendres, et par conséquent dans les roches qui ont moins de consistance, telles que les marnes chap. IV).

Quant au diamètre du trou, nous avons déjà indiqué les diamètres des outils, relativement aux diverses profondeurs qu’on peut se proposer d’atteindre.

6. ° Si une première découverte sur un gîte exploitable donne lieu de multiplier les trous de sonde, on doit apporter la plus grande attention aux changemens de direction, d’iuchnaison et de puissance , et en général anx accidens , qui sont si fréquens dans les couches.

7. " Un journal exact et des dessins indicatifs de toutes les circonstances observées , sont indispensables dans tout sondage.

Passons à l’exécution d’un trou de sonde considéré seul : Execution d\m

t.“ Avant de commencer un trou, il convient le plus souvent d’at- "'ou de saruic. teindre le roc par une fouille. Cela fait, on prépare le trou à l’aide du fleuret et du marteau, ou bien on fixe sur le roc une pièce de bois forée, dans laquelle on lait agir l’outil, jusqu’à ce que le trou de sonde soit devenu assez profond pour le maintenir dans la position convenable.

2.” Si c’est dans la terre végétale que l’on commence, ou dans une roche tendre que l’on opère, on emploie la tarière simple, en la faisant tourner dans le trou ; et dès qu’elle est pleine , on la retire pour U vider.

Si la ténacité de la roche exige l’emploi du ciseau, on s’en sert, ainsi qu’il a déjà été dit, en lui faisant frapper le fond du trou et en tournant la tige d un sixième de circonférence après chaque coup; nuis alors,

( Iao )

Exploration, cette manœuvre devenant bientôt difficile, à cause de l'abondance des matières brisées dans le trou, on retire l’outil pour visser à sa place une cuiller propre à rapporter la poussière. Dans les deux manières d’approfondir le trou de sonde, on alonge la tige en vissant une nouvelle barre entre la tête et l’outil, dès que le trou a acquis une profondeur égale à la longueur de la première barre.

i.” Quand on emploie la sonde par rotation, on doit avoir soin de ne tourner que jusqua ce que la tarière soit pleine; autrement on risqueroit de briser l’instrument. Il est nécessaire, par la même raison, de ne pas employer des leviers trop longs pour faire tourner la sonde.

4. » Il faut disposer l’emplacement de manière que , pour retirer la sonde, quand l’opération est déjà avancée, on puisse démonter à la fois au moins trois barres de tige, en ne dévissant qu’un seul des assemblages, ce qui nécessite ordinairement l’emploi d’une chèvre haute de 27 pieds.

5. " Il est essentiel que la direction du trou ne varie pas, et que son

calibre soit constant. La première de ces conditions exige un repère exact et l’emploi de divers instrumens indiqués pour cet objet; la seconde exige que tous les outils que l’on emploie aient le même diamètre. dans le Journal îles Mmes, n.° 56, un mémoire de

M. Baillet de Belloy , sur un instrument propre à vérifier un sondage. )

6. ° Quand les terrains qu’on doit traverser ne laissent pas suinter d’eau, il est bon d’en faire parvenir un peu au fond du trou, afin de faciliter l’opération en humectant les poussières, et d’empécher que l’outil ne s’échauffe et ne se détrempe.

7.0 Des échantillons du terrain que l’on examine doivent être rapportés de deux en deux décimètres, et même plus souvent quand les terrains changent de nature. Comme les matières sont alors ou en poussière ou à l’état de bourbe, il est rare que l’on puisse les reconnoître à leur aspect; mais il faut recourir au lavage , à la combustion et aux essais docimastiques , pour distinguer les substances, soit terreuses , soit métalliques , soit combustibles.

8.° Si , pendant un sondage, l’outil rencontre une couche de sable mouvant, on se voit presque toujours réduit à renoncer à un semblable

trou; car dès qu'on retire i’outil , le trou se remplit du sable qui s’écoule Exploration. de la couche. Cependant, comme un pareil inconvénient ne se présente ordinairement que près de la surface du terrain, on peut essayer d’y remédier en creusant une petite fosse propre à recevoir les sables, et tacher de continuer au-dessous à l'aide de tuyaux de bois , ainsi que nous l’indiquerons plus tard. ( Veye £ l’explication des figures ci-après.)

9.0 Dans les intervalles du travail, on a soin de laisser (a sonde dans le trou, que l’on terme par-dessus, mais de manière à pouvoir ensuite fa retirer facilement pour continuer.

Les avantages que présente le moyen de recherche dont nous venons Dépends du >onde nous occuper, ne sont combattus que par les dépenses qu’entraîne ilRcun sondage; mais souvent ces dépenses memes sont peu de chose, en comparaison du bénéfice qu’offre le succès.

On rapporte qu’en Angleterre un trou de sonde de 600 pieds de profondeur coûte environ 6000 francs dans le terrain houiller.

( Y tom. I.” des Voyages métallurgiques de M. Jars, pag. 182.)

II y a, dans ce pays, des entrepreneurs de sondage qui reçoivent y shillings (à 22 sous chacun) pour chacune des cinq ou dix premières toises, 10 shillings pour chacune des cinq suivantes, 1 5 pour chacune des cinq autres, et ainsi de suite, d’après une progression arithmétique dont la raison' est cinq. Ces ouvriers se réservent en outre de travailler à la journée quand le terrain est très-dur. On peut calculer que, dans un tel accord , abstraction faite des augmentations accidentelles auxquelles peut donner lieu la dureté extraordinaire du terrain, un trou de sonde de 600 pieds de profondeur reviendroit à 5775 francs. Le prix moyen d’un pied de trou de sonde seroit alors d'environ 10 francs. Il paroît, d’après la même donnée , que si l’on se contente d’un trou de sonde de 60 pieds de profondeur, le prix total se réduit à 82 francs, et que le prix moyen du pied de trou de sonde est alors de t franc 3 décimes : tel est aussi , à peu de chose près , dans ce dernier cas , le prix d’un pied courant de trou de sonde aux mines d’Anzin , près Valenciennes , dans les terrains marneux, dits terrains morts . qui recouvrent, en cet endroit, les couches de houille, ainsi que nous le verrons ailleurs. (Veye^pl. 23 et 26.) Il seroit à désirer qu’il se formât en France des entreprises de 2. 1 6

F-xpi-oration. sondage dans plusieurs département qui, selon toute apparence, en retireraient de grands avantages. , si les recherches étoient sagement dirigées.

Explication des Figures rehtives au sondage ; Objets accessoires de U PI. F.

Di». V.» Outils. Terminons cet aperçu, concernant le sondage, par l’explication succincte des figures que présente , à ce sujet, la pl. 6 dans ses divisions V.° et VI.° On y reconnoîtra les objets suivans:

a, b, Cjd, tarières et cuillers; le plan inférieur ou la coupe horizontale de chacun de ces outils est placé au-dessous de son élévation , en a, b', c, J .

Le moyen d’assemblage qui termine chaque outil à sa partie supérieure , n’est exprimé que sur la pièce a, par une vis; dans tous les autres outils , nous avons omis de répéter ce détail.

e.f.g, trépans dont on voit les plans en e ,f , g ;

b. i.jj ciseaux dont on voit les plans en K , ï , j ;

kj l , casse-pierres dont on voit les plans en k' , l ;

m, n , allésoirs : on voit en ni le plan inférieur de m; quatre coupes horizontales (n\ n*, n’, n*J, prises successivementaux quatre niveaux corxespondans, développent la forme de l’allésoir , dit trépan progressif, n;

Di». VL* Acco- *,p, q, pièce pour la recherche des eaux. Cette sorte de cuiller cylindrique présente deux étriers en fer (i ,j ) ajustés perpendiculairement l’un à l’autre , autour d’un cylindre de laiton () ), qui renferme un piston, et sur le fond duquel joue une soupape ( 2). L’étrier / est susceptible de glisser dans les deux rainures ( 1 , q ) que présentent les collets du cylindre /,• cet étrier peut se mouvoir ainsi avec le piston et avec une rondelle q, qu’il entraîne dans son mouvement. L’étrier / est fixé autour du cylindre g qu’il embrasse. Une vis qui termine la partie supérieure de cet étrier / sert à l'assembler avec une tige de sonde.

Dans la fig. o, la pièce est vue parallèlement à l’étrier/; dans la fig.p. la même pièce est vue parallèlement à l’étrier 1, l’autre étrier/ étant en partie brisé; dans la fig. q . l’étrier / est représenté seul , l'autre étant supprimé, et le cylindre / étant coupé suivant sa hauteur.

D’après ces details, il sera facile de concevoir l’usage de cette pièce Eitlohaticw. pour la recherche des eaux. Quand la pièce arrive au fond du trou de sonde , elle se trouve dans la situation qu’indiquent les fig. o et }>. Alors le piston est au fond du cylindre J et la rondelle^ est appliquée sur son ouverture supérieure; mais aussitôt que la partie inférieure de l’étrier i s’appuie sur le fond du trou rempli de l’eau qu’il s’agit d’examiner, cet étrier immobile laisse descendre, entre ses deux branches, le cylindre / qu’embrasse l’autre étrier/; il en résulte que, par la soupape a, l’eau entre dans le cylindre^ qu’elle remplit. C’est le dernier moment de cet état de choses qui est représenté par (a fig. q. Aussitôt la soupape 2 se referme , et l'on retire la sonde. Quand (a pièce est revenue au jour, il ne s’agit plus que de faire sortir du cylindre l’eau qu’il contient , afin de l’examiner. Pour cet effet, on peut, soit élever la soupape en la poussant avec la main , soit démonter toute la pièce, qui est assemblée avec des vis, comme l’indiquent les figures. Ce second moyen est toujours nécessaire après une série d’opérations, pour que Ton puisse nettoyer et assécher la pièce.

On distinguera encore , dans la div. VI.* de la pl. 6 , les objets ci-après :

r, cuiller à sable, portant à sa partie inférieure un lire-beurre, r", et au dessus un entonnoir r*, fixé par lin étrier sur la tige de l’outil. On fait manœuvrer cette cuiller dans l’intérieur d’un gros tuyau de bois, qui est enfoncé verticalement dans le terrain mouvant où elle doit agir.

s, tire-bourre ou airache-pierre ;

t, u, arrache-sondes, avec leurs plans t' , u . La pièce t , t' a la forme d’une cloche alongée, dans l’intérieur de laquelle se trouve un écrou capable de saisir et d’embrasser une tige de fer qu’il s’agit de retirer d’un trou de sonde. La pièce u, u présente deux mâchoires élastiques , propres à produire le meme effet.

v, arrache-sonde en tire-bourre.

Les figures suivantes concernent l’assemblage des tiges et outils de Moyens d'assemia sonde , savoir : kltRC'

a, b, extrémités de deux pièces, dont l’une porte une vis x, et l'autre un écrou x' ;

EjirLOBATlON.

Cil, ef, gli, autre moyen d’assemblage; la pièce C est la meme que l’on voit en e, mais après qu’elle a fait un quart de conversion; la pièce d est la meme que l’on voit en f fie/em). On voit en g!t l’assemblage qui résulte de ce que les extrémités £,/, entrent l’une dans l’autre.

ij , kl , mn, autre moyen d’assemblage. La pièce i est la meme que la pièce k , mais vue après un quart de conversion ; la pièce j est la meme que I ÇtJem). L'extrémité J'' ou S'-' reçoit l’extrémité 3 ou Q' ■ Les Jtg, mn et m'n , prises en deux sens perpendiculaires l’un à l’autre, font voir l’ajustement de ces deux extrémités, en J\3 et fi' fi'. mil, m n , assemblage de la tête m d’une sonde avec une tige n. op, tourne-à gauche; qr, curette; S, clef d’arrêt ; le trou circulaire que présente cette dernière pièce, reçoit un crochet de fer , lié à l’extrémité d’une corde dont l’autre bout est attaché à un point fixe. Par ce moyen , la sonde reste suspendue ou arrêtée dans l’échancrure carrée que porte la clef S»

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