ALTENBERG
la quantité d'étain métallique qu’on peut espérer d’un volume connu de roche métallifère.
Nous essaierons d’expliquer ce mode d’estimation, au moyen des nombres suivans :
La mine que nous venons de considérer, procure annuellement environ 1600 quintaux d’étain, poids de Leipzig, d’après les comptes de l'année 1 8o4 ; c’est plus des quatre cinquièmes du total que fournit l’arrondissement d’Altenberg. Pour obtenir cette quantité de métal, il faut extraire , par semaine, 48o voitures dites fiihr, de la roche métallifère qui est le minerai j vilttr : chacune de ces voitures contienf 16 quintaux de minerai, dans une capacité totale d’environ 18 pieds cubes; c’est, pour l’année entière, une extraction de 4°oooo quintaux à-peuprès. Ainsi, quant au poids, 1000 parties de la roche métallifère ne procurent communément que 8 parties de minerai concentré, ou schlick d’étain , tenant 50 p. 100, d’où il résulte 4 parties de métal.
Quant au volume , on peut regarder les 4°°ooo quintaux de roche métallifère comme correspondant à un massif compacte de 200000 pieds ( cubes, déduction faite de tout espace vide dans le chargement , soit des tonnes d’extraction, soit des voitures de transport.
Comme le sc/dicl qui résulte de ces 200000 pieds cubes tient toujours 50 p. 100, et pèse environ 4 quintaux par pied cube, on peut admettre que le poids total de schficA, pour l’année, est de 3200 quintaux, et par conséquent que le volume total de cette matière est de 800 pieds cubes. Ainsi, 1000 parties de minerai brut donnent communément, en volume, 4 parties de schlich concentré jusqu’à la teneur de J o p. 1 00.
Cela posé, si l’on essaie, dans la mine, au moyen de l’augette indiquée ci-dessus, un morceau de minerai brut qui présente un volume de 20 pouces cubes , ce morceau doit procurer un résidu de ichluh. équivalant à 70 lignes cubes. L’essayeur estime, par analogie, que ce résultat est obtenu, lorsque le résidu offre une surface égale à celle d’une certaine pièce de monuoie, par exemple» d'une pièce de 2 francs, ou d’un florin, mais avec une épaisseur moitié moindre. Si le résultat
«'annonce comme inferieur à la teneur qui vient d’étre indiquée , la roclie Altenbcrc. paroît peu digne d’étre exploitée. p1' l9'
Communément , d’après ce qui précède , un quintal de minerai d’étain Teneur en méul. résulte de l’extraction de 16 voitures, chacune de 1 6 quintaux; mais çomme le minerai se présente quelquefois plus riche , quelquefois aussi on l’exploite quoique plus pauvre ; par exemple, on descend assez souvent jusqu’à une teneur telle, que, pour obtenir un quintal d’étain , il faille 20 voitures dites fuir; dans ce cas, tooo parties de minerai, en poids , ne procurent que 3 parties — de métal : mais si le minerai paroit devenir tel, qu’il en faille constamment 20 voitures pour obtenir un quintal d’étain, le mineur cherche un endroit plus favorable, cette teneur n’étant capable que de payer les frais d’exploitation, sans aucun bénéfice. On pourra le voir ci-après, par l’indication des circonstances économiques de la mine, relativement à l’année 1 8o4-
Pour soutenir l’exploitation d’une mine d’où l’on obtient, depuis plus ^e trois'siècles, une substance sî pauvre en métal, il faut une grande activité dans l’extraction et dans la préparation mécanique des minerais.
Ce dernier objet exige seul l’emploi de 1 J ateliers de bocardage, dont l’ensemble présente 90 pilons en mouvement, avec un nombre correspondant de tables pour le lavage des schlich. ( Voye^ pl. 4 5 à 47- )
Malgré toutes ces difficultés et ces dépenses, la mine d’Altenberg, Bénéfice obtenu, en produisant 1600 quintaux d’étain, qui valent environ 272000 fr., procure annuellement à ses actionnaires un bénéfice net de 60000 fr. , valeur d’environ 353 quintaux d’étain (en l’année 1 8o4).
Ce bénéfice s’évanouiroit, si te minerai, au lieu de procurer communément 4 parties de métal, en poids, pour 1 000 de roche métallifère, . ne procuroit constamment que 3-^ pour 1 000 parties ;car alors , toutes choses égales d’ailleurs, on n’obtiendroit que 1247 quintaux d’étain, dont la valeur seroit absorbée par les frais d’exploitation. Il n’en est pas ainsi, grâces aux progrès de l’art; mais au reste, là, comme dans toute mine bien administrée , le principal avantage de l’exploitation est celui que procure à l’Etat l’activité d’une industrie que l’art a su rendre permanente, malgré l’inconstance et la parcimonie de la nature.