‹ De la richesse minerale. Consideration sur les mines, usines et salines des differens etats, presentees comparativement ... Avec un Atlas infolio de 65 planchesChapitre 91 sur 94 · Exemple». Gumwtiler , PI · texte numérisé non relu

Exemple». Gumwtiler , PI

*9 • Fig. 1 et i.

4.» Exemples Je l'application des règles; Pi. 29 , Fig. 1 à tj, &c.

Ouvrage par grandes tailles.

La mine de Guersweiier , près Sarrebruck, nous offre un exemple intéressant d’une exploitation de houille par galeries , les travaux étant encore au-dessus du niveau d’une vallée voisine, et les couches ayant une inclinaison peu considérable.

On connoît, à Guersweiier, cinq couches de houille, qui sont distinguées, sur le plan et sur la coupe, par les n.°‘ / jusqu’à// leur puis-

sance est:

Pour le n.*/ de 1 8 J.

le n.’j de o. 71.

les n.0*/, g. et/, chacun de o. 62.

La houille qui en provient est sèche, schisteuse; elle tient le milieu entre la houille grasse et la houille maigre.

La coupe verticale (ftg. 1), qui est prise suivant la ligne AB du plan Jig. 2, fait voir l’inclinaison de ces couches.

Le plan (ftg. 2) présente les couches coupées par un plan horizontal qui est supposé passer par le point r, pris au niveau de la Sarre; ainsi , ce plan fait voir leur direction variable. Dans ce même plan, la trace de la couche / est supprimée, parce quelle excéderoit les bornes de la ftg. 2; par la même raison, nous avons supprimé, sur cette figure, la continuation des cinq couches vers le sud. Il nous suffira de remarquer ici que, dans la réalité, l’ensemble de ces cinq couches de houille se prolonge encore en ligne droite vers le sud, au-delà de la ligne E F de la ftg. 2 , jusqu’à une distance moyenne de 1 4o mètres.

Parvenues à cette distance , les cinq couches prennent une nouvelle direction vers le sud-ouest, qui fait, avec la première, un angle de 1 05 degrés; il en résulte que, dans cette nouvelle direction , elles sont très-rapprochées les unes des autres, sur tout les quatre premières, et que leur inclinaison, au lieu d’etre vers l’est (comme on le voit dans la fig.t), est vers le sud-est, au-delà du coude quelles forment. Ainsi , ces couches de houille offrent l’image de plusieurs enveloppes successives

qui seroient appliquées, parallèlement les unes aux autres, sur les con- ExnorrAno* Cours d’un glacis présentant des angles saillans et des angles rentrans.

L’espace qui sépare une couche de l’autre est occupé par l’argile schis-

teuse, qui accompagne habituellement la houille. Le grès rouge se présente , non loin de leur toit, vers le sud. ♦

Passons aux travaux d’exploitation; ils ont lieu sur la couche n.° 1 ; les autres couches sont encore presque intactes.

Le plan ,Jig. a, représente les travaux, par le moyen de leur projection horizontale, tels qu’ils existent (en 1810) dans le plan de la couche n .* /, savoir :

a b C d , galerie d’écoulement et d’extraction ; sa portion a b traverse (a couche n.° 1; sa portion b C tl suit horizontalement la direction de cette couche ;

e f^g, galerie horizontale d’extraction , sur la même couche; h j k. , autre galerie d’extraction, sur la même couche; la portion h j est descendante , et la portion j k est horizontale;

m n , faille verticale de grès dur, qui interrompt les couches de houille ;

p C| r S t , limites des parties de la couche n.* 1 qui sont exploitées et remplacées par des remblais , ainsi que l’indiquent les pierrailles représentées autour des galeries. La portion de la couche n.”r, qui se trouve entre la ligne p cj r S t et la ligne indicative de son affleurement au jour, n’est pas susceptible d’ctre exploitée, vu que la houille ne s’y présente que terreuse ;

p d, front de la taille en exploitation sur la couche n ,'// b , petite galerie d’extraction qui communique de la taille à la galerie a b C d ;

c 4 , idem , de la taille à C f 4 g; d f, idem;

f e , idem , de la taille à h j k ;

U, x, anciens puits d’airage abandonnés.

Le système d’exploitation consiste i avancer sur la couche n." t, par les trois galeries abc d , e f g , Il j k, et à mener, sur une ligne 2. 61

Exploitation droite, la taille p cl , en face de laquelle sont placés les ouvriers : pour de U Houille, 0|)tenjr la houille , ils pratiquent au mur une entaille de dépouillement ;

PI. a j à {0,41 ter.

lorsqu’ils ont ainsi lavé, sur une longueur d’environ 6 mètres, soutenant la houille par de petits tasseaux de bois placés dessous , ils font tomber un massif de houille, et#t même opération se répète, de proche en proche, sur toute la longueur de la taille. La houille est ensuite transportée au jour sur des brouettes , par les diverses galeries qui aboutissent à la taille. Quand les ateliers sont débarrassés, on pousse la taille plus loin , parallèlement à son front p d.

De cette manière , il ne reste absolument rien de la couche de houille; mais comme la mine ne fournit pas assez, de déblais pour remplir l’espace excavé, on est obligé de pourvoir à la solidité des travaux, moitié par exhaussement du mur, et moitié par affaissement du toit; voici comment on procède à cet égard :

A mesure que les ouvriers poussent la taille en avant, parallèlement à p d , ils soutiennent le toit derrière eux avec des pièces de bois verticales qu’ils espacent de 2 à 3 mètres, et ils ménagent les emplacemens des galeries qui aboutissent à la taille , en garnissant leurs parois de boisage. Ces étais provisoires ne suffisent que pour résister au premier effort; mais bientôt on dispose entre les étais, dans l'espace excavé, des piles de déblais , hautes d’un mètre , et placées , de distance en distance , sur le mur de la couche. Comme l’espace excavé a environ un mètre huit décimètres de hauteur, quantité égale à la puissance de la couche, il reste, entre la partie supérieure de chacun des tas de déblais et le toit de la couche , un espace vide, dont la hauteur est à-peu-près de 8 décimètres ; les choses étant dans cet état , la taille p d est poussée parallèlement à elle-mcme , ainsi qu’il a été dit ci dessus. A mesure que les ouvriers avancent de front dans la houille , ils pourvoient , derrière eux, à l’étaiement du toit, par les dispositions qui viennent d'être indiquées ; mais après un certain laps de temps, par exemple un an après que des étais et des tas de déblais sont disposés comme nous venons de le voir, la taille p d s’étant toujours de plus en plus éloignée de ces dispositions , les étais ont cédé insensiblement à la pression continuelle du toit, et peu-à-peu toute cette masse de roche qui est située au-dessus

de la couche, s’est affaissée ou plutôt s’est relâchée, sans que le mouvement des bancs inférieurs se soit manifesté à la surface du terrain : il en résulte alors que le toit de la couche repose immédiatement sur les piles de déblais qui l’attendoient dans l'espace excavé. La hauteur des galeries de passage se trouve ainsi réduite à un mètre environ, dans les parties où l’affaissement vient de s’opérer; mais, pour rétablir la libre communication , on entaille le toit dans les parties affaissées , de manière que par -tout le faîte des galeries soit à la même hauteur que devant la taille.

Cette méthode hardie offre les avantages qui résultent , ainsi que nous l’avons exposé ailleurs, d’une seule taille menée de front sur une longueur considérable ; de plus , elle présente une économie importante à l’égard du remblaiement des espaces excavés; mais elle n’est pas exempte de dangers, ainsi qu’on en fit la triste expérience, lorsqu’à une époque déjà éloignée , l’ancienne église de Guersweiler fut ébranlée par des travaux imprudemment dirigés sous cet édifice. Aujourd'hui , grâce à la surveillance active à laquelle cette exploitation a été soumise, elle se maintient depuis long temps , sans qu’il arrive aucun accident aux habitations du village de Guersweiler, qui est situé sur une hauteur, non loin de la rive gauche de la Sarre , entre le point C et le point a de fig. 2; mais les dangers se renouvelleront peut-être, lorsqu’on s’occupera de l’exploitation des couches inférieures, auxquelles il sera beaucoupplus difficile d’appliquer la même méthode.

Après avoir considéré l’ouvrage par grandes tailles , dans une mine exploitée seulement par galeries , voyons le même genre d’ouvrage , dans une mine exploitée par puits et galeries à une profondeur considérable. 1

Il faut ici se rappeler l’explication qui précède concernant l’ensemble de la mine du Crachet près Mous , représenté par la fig. r de la pl. 26.

La fig. 2 de cette même planche fait voir ce qui se passe dans la couche 2 , qui est en exploitation, sur un espace tel que x y. En comparant les deux figures, on reconnoîtra les objets suivans :

A B , ligne horizontale par laquelle passe la coupe verticale,^. /. Cette ligne correspond à y n n de la coupe verticale ;

ZxPLOITATlOt* de U Houille.

Pf. à jo, 41 m.

Cmchtt prêt Moqs.PI. *6.

Exploitation A D , ligne d'inclinaison de la couche 2, dans son pial X y, sur lequel Pi*1' a *‘eu lexpl°‘lati0n de 1810, ici représentée par la fig. 2, d’après une — ■ échelle moindre que celle de la coupe verticale;

B A D , angle d’inclinaison du plat vers le nord-est ; la couche se relève un peu vers le sud-ouest, ainsi que toutes celles qui lui sont parallèles;

A <p % 4^ > Part'c intacte de la couche , houille à extraire , dite en ferme ;

4> w A, anciens travaux épuisés;

h‘ g', n , puits et galeries indiqués par les mémeslettres sur la coupe et sur le plan , au-dessous du bâtiment d ;

r, espace en exploitation , que l’on remblaie à mesure que l’on avance , ainsi que nous allons le voir ;

y3 ..galerie d’exploitation qui suit la direction variable de la couche;

p, p, p,p, voies montantes, dans chacune desquelles se trouve, au point marqué p, une porte ou toile d’airage, pour empêcher l’air de passer dans ces voies ;

<f> •£, lieu de la grande taille dans la houille: cette taille, dite suement dans le pays , est poussée par les ateliers t , t, t , t, qui sont à-peu-près en ligne droite, et dont chacun communique avec une voie montante environnée de déblais ; la grande taille est moyenne entre la direction et l’inclinaison de la couche ;

^•vj/.lieu d’une galerie pratiquée dans la houille, et nommée troussage , ou retour de l’air; elle suit la direction variable de la couche;

4'«, lieu d’une galerie appelée coistresse ; elle est poussée suivant la direction variable de la couche ;

p' p" a> , voie montante qui établit la communication entre la galerie fi fie t la galerie u ->J/; dans cette voie se trouvent deux portes d’ai-

«g tP f-

Les .flèches exprimées sur h fg. 2 indiquent, par leur pointe, de quelle manière et dans quel sens s’opère la circulation de l’air. Ainsi , l’air extérieur descend par le puits g , circule par la galérien, vers-le nord ; de là , dans la galerie fi ; les portes p' p" étant fermées, ainsi que les portes p , l’air passe le long de la taille 1 1; de là , il se dirige par les

galeries <p % et a, vers la voie w A. Du point A il se rend, par un Ex/lottatioh tuyau incliné, dans un conduit en brique, dit carnet , Ç e, qui est situé p|

dans la galerie n n. Par ce conduit, l’air se porte dans la partie /«du

puits h' ; de là , ii est attiré en dehors par le foyer placé en d , pour sortir enfin par la cheminée <f : on remarquera, sur la coupe fig. r, qu’il se trouve de petites portes d’airage entre les puits g' et h! m.

L’ouvrage par grandes tailles est fréquemment employé, dans les mines du Yorcltshire en Angleterre, pour l’exploitation des couches de houille peu puissantes qui se présentent à une profondeur de moins de jo toises au-dessous de la surface du terrain, et dont le toit est ébouleux ; on nomme cet ouvrage, en anglois , broad - way [voie large].

(Voyez Geologtcal and mining Report, &c. par M. Richard Griffith, ikc.

Dublin , 1 8 1 4> pag. 77 et 8 J. )

Comme plusieurs grandes tailles sont souvent disposées l’une à côté de l’autre, par gradins, d’une manière analogue à ce que fait voir la fig, t2, pl. 29 , nous reviendrons plus tard sur un exemple tiré des mines du Yorcltshire.

Ouvrage par massif,

Les mines de houille du pays de Sarrebrück , du pays de la Marck, du pays de Liège , du pays de Schaumburg et de la Silésie , vont nous offrir divers exemples de la méthode d’exploitation que nous avons nommée ouvrage par massifs longs. ( Voyei pl. 29 ,fig. j , 4 , y , 6, 7,

8,9 et ij ; voye^ aussi la pl. 30, qui sera expliquée séparément. )

Quant à l’ouvrage par massifs courts , nous ne le considérerons qu’après les exemples relatifs à l’ouvrage par gradins , parce qu'il sera présenté plus en détail , pl. 28, avec tout l’ensemble de la mine célèbre qui nous en offrira l’application en Silésie : nous verrons ensuite une autre disposition de l’ouvrage par massifs courts, dit en anglois narrov-tray [voie étroite], d’après l’exemple des principales mines de l’Angleterre, et particulièrement de Newcastle dans le Northumberland.

La mine de Duttweiler, à une lieue de Sarrebrück, nous fournira DmmiiUr, pay, l’exemple d’une exploitation de houille par galeries, dans le cas où les dci“rrtl>rucl‘travaux sont, comme à Guersweiler, au-dessus du niveau de la vallée.

Exploitation de ta Houille, Pl.a;à J», 41 1er,

PI. s9 .Fig. J.

mais où les couclies ont une inclinaison plus considérable et où plusieurs d’entre elles doivent être attaquées à-Ia-f'ois.

Nous avons déjà présenté le plan et la coupe du précieux dépôt de bouille qui est en exploitation auprès de Duttweiler; il suffira de jeter les yeux sur les jig. 1 et 2 de la pl. 27 , pour se rappeler la disposition de ce dépôt houiller.

Parmi les seize couches qu’il présente , quelques-unes seulement sont l’objet des travaux actuels , ainsi que nous l’avons indiqué en son lieu. Ces couches, au nombre de huit, sont traversées par une galerie principale qui sert à l’écoulement des eaux et à ('.extraction de la houille. A partir de cette galerie transversale, on a pratiqué à droite et à gauche, sur chacune des couches en exploitation , une galerie d’alongement qui suit la direction de la houille ; c’est d’une telle galerie d’alongement que l’on part , ainsi que nous allons le voir , pour monter sur la couche et en poursuivre l’exploitation. Comme les mêmes travaux se répètent sur les diverses couches, il suffira ici d’en considérer une seule; et de plus, comme les travaux s’exécutent absolument de la même manière , à droite et à gauche de la galerie principale A A' (pl. 19, Jig. g), nous nous bornerons à expliquer la portion de la figure qui se voit à droite de l’espace A A'.

Cet espace A A' exprime la galerie horizontale qui traverse toutes les couches en exploitation, perpendiculairement à la galerie d’alongement e e ee. •

Pour se représenter clairement ce que nous nous sommes proposé de taire voir , en ne compliquant la figure que le moins possible, il faut remarquer d’abord que la galerie A A' et la galerie e C sont dans un même plan horizontal, qui est au niveau de la vallée au-dessus de laquelle l’exploitation a lieu. Tout le reste de fa jig. g présente la trace des travaux sur le plan même de la couche de houille , qui est inclinée d’environ 36 degrés sur la ligne A A' vers le point A ; ainsi , le spectateur placé eu face de cette figure, doit se représenter tout l’espace indiqué par x y z & , à l’exception de la galerie A A', comme seroit un pupitre incliné vers lui de 36 degrés. Nous supposons, dans notre jig. g , que ce plan incliné, c’est-à-dire , la couche de houille elle-même , a tourné

amour de y x , comme cliarnière , pour se rabattre sur ie plan horizontal dans lequel se trouvent réellement la galerie principale A A' et ia galerie dalongement e e e. On sentira facilement que, dans la réalité, chacun des espaces excavés que nous exprimons par le blanc du papier, entre les massifs de houille H ou de remblai r, est terminé, i .° sur les côtés, par des parois qui se rapprochent assez de h situation verticale pour permettre le passage sans nuire à la solidité; 2.” à la partie inférieure, par une voie praticable qui repose sur le mur de la couche; et 3.° à la partie supérieure, par un faîte de boisage, qui soutient le toit de la couche. La figure ne fait pas mention de ces détails , qui n’auroient pu que la rendre obscure.

Passons au mode d’exploitation.

La galerie dalongement C C étant poussée horizontalement dans la houille, jusqu’à une longueur convenable pour reconnoître la couche, par exemple à 4°° mètres, on pratique la galerie ou rampe pkff, dans la houille, suivant une ligne qui est moyenne entre la direction et l’inclinaison connues de la couche. Il est facile de calculer quel angle cette galerie, qui monte sur la couche, doit faire avec la galerie d’alongement, pour qu’il en résulte une voie commode.

Quand cette voie inclinée est parvenue jusqu’à une certaine distance sur la couche , on place en p un ouvrier qui abat ia houille comprise entre la rampe p k et une perpendiculaire abaissée du point k sur ee, de manière que cette perpendiculaire devienne bientôt le front de la taille; alors, trois ouvriers placés devant cette taille s’avancent parallèlement à elle , vers la ligne X & , en arrachant la houille suivant la méthode ordinaire.

La fie. 3 suppose que l’atelier est parvenu , de cette manière , jusqu’en t , et que les ouvriers arrachent la houille indiquée par H. On voit que, pour amener les choses en cet état, ils ont eu soin, à mesure qu’ils avançoient vers t, 1 .* de soutenir le toit par des pièces de bois ; 2.0 de remblayer l’espace excavé r; 3.0 de ménager les petites galeries a, qui servent au roulage, à la communication en général, et de plus à 1a circulation de l’air, objet auquel concourent aussi de petites galeries.

Exploitation

de la Houille , Pl.Zj à 30,41 «r.

Mode ^exploitation.

Exploitation ménagées de distance en distance. C’est de la même manière qu’on poursuit chacune des tailles t, t', t", t'", laissant entre une taille t et la

taille supérieure t’, de même qu’entre celle-ci et une taille supérieure

t", un massif de houille tel que m, m', qui est destiné à être repris un jour, lorsque les déblais seront suffisamment tassés. De la taille t , l’extraction de la houille jusqu’au jour s’opère , sur des brouettes, par la galerie inférieure a , et ensuite par la galerie A' A, dont l’orifice est situé du côté de A. Pour la taille t , le roulage a lieu par a' , ensuite par la galerie inclinée fk. p et par la galerie A' A; pour une taille supérieure t", il s’opéreroit d’une manière analogue par a , f f k p et A' A.

La/f/.j indique suffisamment qu’à partir de la ligne pk, des tailles peuvent être dirigées vers AA', de même que nous venons de voir le mineur s’avancer de pk vers x&.

A 2jo mètres du point p sur la galerie e e, tant vers x& que ver» y z , on pratique une nouvelle galerie inclinée, telle que p k f f, et on dispose, de la même manière, des tailles qui lui correspondent.

L’airage s’opère, dans cette mine, à l’aide de la galerie principale A A', sur laquelle sont pratiqués deux petits puits d’airage, et à l’aide de portes battantes qui sont placées dans les galeries d’alongement. Nous ne nous y arrêterons pas, parce que ces dispositions sont analogues à celles que nous aurons occasion de considérer dans d’autres mines où l’airage est plus difficile.

Schlénrh. pays ( Fig. 4.) Ce plan indique la méthode que l’on suit le plus ordinai-

de h AUrck. Pi. rement dans le pays de la Marck , pour exploiter une couche de houille »», if- 1 qui se rapproche de la situation horizontale , lorsque sa puissance n’excède pas 4 pieds { , et que d’ailleurs les localités n’offrent pas de facilités particulières pour une extraction par galeries. L’exemple est tiré de la mine dite Schlebusch.

Imaginons que tout le plan x y z & , en tournant autour de x y , comme charnière, se relève de manière à prendre une inclinaison égale à p n in de la jig. /. Ce plan étant dans la position indiquée , comme un pupitre en face du spectateur, imaginons encore que la portion supérieure

Z & tourne autour de la ligne z&, en s’éloignant du spectateur, jusqu’à ce quelle ait pris une situation horizontale.

Les choses étant dans cet état, l’espace z& représentera une section horizontale laite dans une couche inclinée , telle que celle qu’on voit jig. j , et l'espace z & x y sera l’image des travaux d’exploitation exécutés dans cette couche au-dessous du niveau z (St d’une ancienne galerie d’écoulement.

Nous supposons que la couche xyz& se prolonge dans le même plan incliné, au-dessus de z &; mais la jig. 4 n’a pour objet de représenter que le fond des travaux. Au moyen de l’explication qui va suivre, 011 se figurera facilement leur disposition au-dessus de la coupe horizon-

ExrLOITiTI SH de lu Houille, PL 15 & {o, 4 1 ter.

taie Z &.

Après avoir fait parvenir une galerie transversale d’écoulement jus- Mode d’ciploiqu’au point le plus bas de l’espace qu’on se propose d’exploiter au-des- utlonsous d’un niveau Z & , on approfondit, depuis ce meme niveau jusqu’au mur de la couche, le puits vertical abc, dans lequel a indique l’emplacement des échelles de descente , b et c les voies séparées des deux tonnes. A partir du point auquel ce puits atteint le rrTur de la couche à exploiter, on pratique une galerie d’alongement S , qui s’étend à droite et à gauche du puits, et l'on établit une taille t et une voie?, d’une manière analogue à ce qui a été dit ci-dessus au sujet de la mine de Duttweiler. Q.uand cette taille t est parvenue à une certaine distance du puits, on pratique, pour faciliter l’airage, une seconde galerie d’alongement q, sur laquelle on établit une taille t', de manière que la pre- # mière soit toujours un peu en avance sur la seconde. Il reste ainsi, entre ces deux tailles, un massif de houille, auquel on donne d’autant plus de largeur que le toit est moins solide. La galerie S et la galerie q , qui servent à reconnoitre la couche et à faciliter l'airage, sont continuées horizontalement à droite et à gauche du puits abc, de chaque côté jusqu’à une distance qui varie, suivant les localités, de 100 à 180 toises. A cette distance, la couche s’étant bien maintenue, on approfondit de chaque côté un autre puits sur elle; et par le moyen de ces puits et galeries, ainsi que de quelques voies pratiquées de distance en 2. 62

Exploitation distance, parallèlement à v, dans le massif de houille qui sépare la ga- PLij à (0^41 «r. ler'e s de la galerie tj, on établit le plutôt possible la libre circulation

de l’air dans le fond des travaux. Cela fait, il s’agit de continuer la voie

v , en montant sur la couche, et, parce moyen, d’établir , au-dessus du niveau z & , de nouvelles tailles parallèles à r et t', ce qui s’exécute àpeu-près comme nous l’avons déjà vu au sujet de la mine de Duttweiler. Mais, dans le pays de la Marck , les tailles situées au-dessus des galeries Set (f ne sont poussées, à partir du puits abc, que jusqu’à moitié de la distance qui le sépare du puits suivant, parce que de celui-ci on vient à la rencontre de ces mêmes tailles, en opérant comme nous venons de le voir à l’égard du puits abc, mais seulement en sens inverse.

On voit, par ce qui précède, qu’il vient un moment où toute la couche de houille, ou plutôt toute la portion de cette couche qu'il s’agit d’exploiter, se trouve divisée en massifs qui sont séparés par des galeries horizontales; c’est lorsque les tailles qui fournissent à l’extraction de l’un des puits ont atteint celles qui fournissent à l'extraction de l'autre : alors, il s’agit d’exploiter les massifs intermédiaires; pour cela, les ouvriers qui pratiquoient les tailles t,t' , en s’éloignant du puits a bc, s’en rapprochent, en reprenant la houille qu’ils avoient laissée entre une taille et l'autre, et ceux qui, d'un puits suivant, venoient à leur rencontre , s’en retournent, en opérant de la même manière, vers le puits d’où ils étoient partis.

C’est ainsi, par exemple, que la fig. g présente enlevé jusqu’en p le massif situé à gauche du puits abc, et une taille en p‘ , près de rejoindre la taille p que l'on ne poussera pas plus loin vers le puits, pour ménager l'emplacement de celui-ci.

La même figure fera concevoir qu’à mesure qu’une taille t s’éloigne " du puits abc, on soutient le toit de la couche par des pièces de bois

placées verticalement, et que l’on ménage, dans la partie inférieure des travaux, une rigole pour l’écoulement des eaux. Cette rigole est V recouverte, ainsi que nous l’avons expliqué ailleurs, de petites pièces de bois, et rechargée de déblais qui forment un muraillement le long de la galerie s; il existe un semblable muraillement dans la galerie tj , et en général dans toutes les galeries supérieures. On s’en procure les

matériaux en entaillant le mur, autant qu’il en est besoin pour que le

sol des galeries devienne horizontal : de cette disposition il résulte éco- PLlji |0t4, 'Kr-

nomie de bois et facilité d’opérer le roulage de la houille dans de grands

chariots, ainsi que cela se pratique dans le pays de la Marck. Quelquefois un tel chariot est traîné par un cheval sur un chemin de fer, propre à faciliter l’extraction d’une grande quantité de houille à chaque voyage.

(Vtye^, pl 30 , ce qui concerne le roulage sur les voies de fer.)

La fi g.; fait voir, d’après une échelle plus grande que celle de la fig. de quelle manière on arrache la houille de son gîte. Dans cette figure , m indique le mur de la couche, qui est de grès ; d , le toit d’argile schisteuse; e, l'entaille inférieure parle moyen de laquelle on détache la couche de houille par-dessous, en havarft\ ivec le pic, dans le sens qu’indiquent, sur \zfig- 4. les courbes ponctuées en r e g 11. Ici, nous supposons le mur ni hérissé d'aspérités, ainsi qu’il arrive souvent, ce qui oblige à placer l’entaille de dépouillement e un peu au-dessus du mur; les deux lignes g, Il indiquent les entailles verticales qu'on pratique dans la houille, après avoir havi ;

/indique le massif de houille qu’il s’agit d’abattre dans la taill tt.fig.g. en chassant des coins entre le toit et la couche de combustible.

( Fig. 6.) Ce plan a pour objet de montrer commenton procède, dans Autrest«mpla, le pays de la Marck, à l’exploitation d’une couche de houille, quelle que soit sa puissance, quand elle s’éloigne beaucoup de la situation horizontale.

Imaginons que, dans la fig. 6, le plan X y Z & tourne autour dexy comme autour d’une charnière, et qu’il s’élève ainsi, vers l'oeil du spectateur, jusqu’à ce que l'inclinaison soit égale à celle qu'indique l’angle p n m dans la fig. y; imaginons qu’alors la portion située , dans la fig. 6, au-dessus de Z &, tourne autour de cette ligne comme charnière, en s’éloignant de l’œil du spectateur, jusqu’à ce que a b c soit dans un plan horizontal. Dans cet état de choses, z& a b c représentera une section horizontale faite dans une couche inclinée, telle que celle qu’on voit fig. y, et l’espace xy Z &sçra l’image des travaux d’exploitation exécutés

ExpioitatioS dans cette couche au-dessous du niveau z& d’une ancienne galerie dcbHouilic. d’écoulement,

PI. s; » 10,41 ur. ... . .a-, ...

JLa principale diHcrence qu il y ait entre ces travaux et ceux que nous

venons de considérer, d'après les ftg. g et/, c’est que, dans la jig. 6, le puitsd bc est approfondi dans la couche meme, et par conséquent incliné comme elle, et que d’une taille à l’autre on établit, pour faciliter les communications et l’airage , des voies y qui sont inclinées comme le puits. Du reste, le percement des deux galeries inférieures jusqu’à la distance à laquelle doit être approfondi un autre puits, la division de l’espace à exploiter en massifs qui séparent les tailles t, t' , & c. , la pour-

suite des tailles, à compter de riet au-dessus, jusqu’à moitié de la distance qu’il doit y a^oir entre deux puits, la conservation d’une rigole dans la galerie inférieure pour l’écoulement des eaux , le boisage et le nturaillement, enfin la reprise des massifs , tels que q et y', qu’on enlève en revenant vers le puits, tout s’exécute, dans le cas que nous considérons, d’une manière analogue à ce que nous avons dit ci-dessus au sujet des fig. g. et/.

Il en est de meme à l’égard de l’arrachement de la houille dans une taille telle que g h : on le voit représenté par la fig. y, dans laquelle les memes lettres rappellent les mêmes objets que sur les ftg. 6, / et g ; mais nous remarquerons, à l’aide de la fig. 6. que, lorsque la houille offre assez de consistance , et lorsque le toit de la couche à exploiter est assez solide pour permettre de donner à la taille une largeur de 2 toises , on divise cette taille en deux parties qui se suivent : c’est ce qu’indique la fg. 6 en t et t' , quoique , d’après son échelle, chacun des espaces t et 1' n’ait que 3 pieds de face. Quand cette disposition est applicable, l’extraction en va plus vite, parce que, dans la portion la houille qui se présente à l’ouvrier est déjà libre sur deux faces.

Remarquons encore qu’en reprenant les massifs q ,q' , on commence ordinairement parles massifs inférieurs, et qu’on laisse intact le massif qui longe la galerie du tond, pour maintenir cette galerie tant qu’elle sert à l’ééoul entent des eaux.

On a soin de respecter les portions de massifs telles que q , lorsqu’on se rapproche du puits d’extraction , et on ne les enlève qu’au moment où l’on se propose d’abandonner ce puits.

La méthode d’exploitation qui est usitée dans le pays de Liège, atteste à chaque pas les dangers auxquels les exploitans se voient exposés de la pan des eaux et des gaz délétères. Ces dangers sont la suite naturelle des désordres et des dissensions auxquels les mines de Liège ont été livrées dès long-temps.

A la surface du sol, rien de plus hasardeux que le choix de l’emplacement d’un puits, tant on redoute de tomber sur les abîmes inconnus de l’intérieur: aussi, dès qu’un exploitant se voit en possession d’un emplacement qui présente quelque sûreté, pratique-t il un puits assez vaste pour qu’on puisse en extraire 60 quintaux de houille à-la-fois, ce qui entraîne plusieurs inconvéniens graves dans l’économie de l’exploitation.

A l’intérieur, ce n’est que la sonde à la main que le mineur pénètre dans une couche de houille, toujours tremblant de rencontrer quelqu’un de ces énormes amas d’eaux que, d’une part, l'aveugle parcimonie du moment , et , de l’autre , le défaut de police souterraine, ont laissé se former à des époques plus ou moins reculées, soit dans des mines en activité dont la relation physique avec d’autres exploitations voisines n’est pas bien connue, ou dont les droits réciproques ne sont pas réglés avec la promptitude et la précision qu’exige la nature des choses, soit dans des excavations aujourd’hui délaissées , dont on ignore l'état actuel , et souvent mente jusqu’à l’emplacement.

C’est ainsi qu’aux obstacles que la nature avoit déjà si fortement multipliés dans le sein de la terre, se sont joints les obstacles, plus périlleux encore, dont une longue incurie a environné le mineur, et par suite tout le pays de Liège.

La nature, qui tôt ou tard revendique ses droits avec usure, accumule aujourd'hui, sur un court espace de temps, les périls que l’art, privé de l’appui des lois, n’a pu qu’éluder ou pallier pendant une longue -suite d’années: elle contraint les exploitans des mines à lui restituer, en un moment, les efforts et les sacrifices pécuniaires qu'eux ou leurs devanciers ont négligé de répartir à temps sur les époques antérieures de l'exploitation; elle exige que le mineur laisse désormais ensevelie dans le sein de la terre une portion considérable des richesses qu’elle lui

Exploitation de la Houille, PI, *5 à J.o(4« ter.

Pays de Liège.

Exploitation de U Houille, Pi. i j à 30,41 ur,

PI. if) , Fig. S çtp.

destinoit tout entières, s’il eût eu la prudence de se les ménager. Pour peu qu’on vienne à ébranler un de ces derniers remparts qui protègent encore quelques exploitations , la nature punit à-la-fois et les fautes du passé et celles du présent.

De là ces terribles catastrophes qui, depuis quelques années, se sont multipliées dans les mines du pays de Liège, avec une force et 1111e fréquence dont on ne trouvera d’exemples dans l'histoire d’aucune exploitation soumise à la surveillance active du Gouvernement, c’est àdire, aune surveillance fondée sur les principes qui ont été développés dans le tom. I." de la Richesse minérale.

En considérant les mines du pays de Liège d’après leur état actuel, on ne peut cependant s’empêcher de rendre justice à l’adresse avec laquelle quelques-uns des exploitans, au milieu du désordre qui compromet l’existence de l’ensemble, disposent leurs travaux particuliers, de manière à souffrir le moins possible des torts de leurs devanciers ou de leurs voisins; mais quelques efforts que fasse le mineur, tant qu’une régularisation générale ne coordonnera pas tous les intérêts particuliers entre eux et avec l’intérêt public , sa marche ne pourra être qu’incertaine et périlleuse, la propriété de l’exploitant ne sera que précaire, et il ne résultera de ses travaux qu’une foible partie des avantages durables que le pays devoit en attendre.

Quoiqu’il en soit, examinons la disposition habituelle d’une exploitation considérée seule, dans le pays de Liège, et pour cela commençons par expliquer les différentes parties des^-. 8 et p de la pi. 29.

La fg. 8 est le plan des travaux auxquels donne lieu l’exploitation d’une couche de houille. Si l’on imagine que le plan xy z & , en tournant autour de xy comme charnière, se relève vers l’œil du spectateur jusqu'à ce qu’il ait pris une inclinaison égale à celle qu’indique l’angle axk dans \if'g- p, ce plan présentera une coupe horizontale faite dans la couche de houille 11 h“, que nous nous proposons de considérer.

La jig. p est une coupe verticale sur cette même couche et sur une partie des travaux qui se rapportent à son exploitation, suivant la ligne y & de la fig. 8. Dans cette coupe verticale, nous avons supprimé, aux

points b et f, des portions du terrain et du puits, qui n’auroîent oflert que la continuation des portions adjacentes. Par la même raison, nous n'avons fait voir qu’une partie h' de la couche de houille , en coupe verticale, parce qu’on peut sans peine se la représenter prolongée indéfiniment, tant au-dessus qu’au-dessous du puits a, qui est indiqué par la même lettre sur l*f g. 8.

On distinguera, dans les deux figures , les objets suivans, savoir : a, puits principal d’extraction [A\t grand hure, dans le pays de Liège), muraillé en brique et arrondi dans les angles:

C , réservoir inférieur pour les eaux , dit hougnou ; e , grande chambre pour le chargement des tonnes d’extraction ( chargeage);

d , cheminée d’airage ( cletture ) ; h , couche de houille, dite veine;

h', h" , massifs de houille réservés, dits places Je serrement; n n' , galerie principale d’alongement, dite niveau de bure; galerie horizontale qui correspond au fond du puits a ; r , remblais, parties remblayées, dites stoppes ;

V , galerie inclinée comme la couche, au-dessous du fond du puits (vallée);

x, galerie des eaux , qui aboutit au hougnou C ( niveau du hougneu ) ; l, galerie horizontale qui correspond à la vallée V ( coistresse) ; a o t o, voie d’^irage ;

d , fourneau mobile, cage de fer (toc-feu), propre à contenir un brasier, et suspendue à une chaîne qui s’enroule sur un treuil ;

p , p , portes d’airage:

q, q,xo\es de roulage; galeries inclinées comme la couche, et dites montées;

s, rcnflemens, dits serres, ménagés à l’entrée de chaque taille, dans les massifs de houille qui les séparent les unes des autres , et destinés , en cas d’affluence des eaux, à servir d’appui à des digues en bois, dites serremens ;

F.xmottation de b Houille, PI. $0,41 rrr.

Exploitation de b Houille,

PI. à jo, 4* Ur-

Mode d'exploitation.

Àraonl-pcndage.

t, tailles situées au-dessus du fond du puits 3 ; tailles de l’amentpendage ;

' t' , tailles situées au-dessous du fond du puits a; tailles de l'avalpendage;

t“ , tailles idem , dites tailles de grades.

Lorsque.au moyen du puits a, on est parvenu à la couche qu’il s’agit d'exploiter, on commence, dans la houille, le percement du niveau de bure n , en réservant, à droite et à gauche de cette galerie horizontale, les massifs II', II*1, qui , à cette époque , s’étendent encore au-delà de a et de x, les galeries qu’indiquent ces lettres n’étant pas encore percées. Les massifs il , 11* sont destinés à soutenir, en cas de besoin, un serrement ou barrage , formé de pièces de bois convenablement disposées , qu’on élève si l’on rencontre les eaux. Ces massifs étant traversés , on établit la galerie x en II" ; puis aussitôt on procède à l’extraction de la houille au delà du point n , sur toute la largeur II' h” x. A mesure qu’on s’avance vers le point /, on boise I espace excavé et l’on remblaie , comme l’indique la fig. 8, ménageant ainsi l’ouverture des galeries n et x. Jusqu’à ce moment, l’airage s’opère, provisoirement, au moyen d’une petite voie formée de planches, qui est établie dans la galerie n ; mais quand on est parvenu au point i, on commence aussitôt à élever la première montée q, suivant l’inclinaison de la couche, et en même temps on perce la voie d’airage a. Le niveau de bure s’avançant toujours vers n', comme nous l’avons vu ci-dessus, on élève successivement les montées q , «partir des points a, j , q, en poussant chacune des tailles auxquelles ces montées correspondent; on ne leur donne qu’une largeur moindre que celle quelles doivent avoir par la suite , afin de ménager les serres s, s, qui sont disposées pour servir d’appui à un barrage, en cas que les eaux viennent à affluer dans les tailles.

En meme temps, on conduit le remblaiement r et le boisage, de manière à conserver le passage dans les montées , pour le roulage , et dans les voies adjacentes, pour l’airage.

Considérons maintenant (es travaux d’exploitation situés au-dessus du fpnd du puits a, dans l’ctat qu’indiquent les Jig. 8 et g. Les eaux qui

ruintent habituellement des travaux, se réunissent dans b galerie x et se Exploitation

rendent dans le réservoir C, qui leur suffit, s’il n’y a pas d’affluence pj I*.

extraordinaire : de ce réservoir, elles sont épuisées par des pompes. L’air — —

qui entre par le puits a suit la route qu’indique la flèche située en e

( fi g. 8), ne pouvant passer dans la galerie V, qui est fermée quand on

travaille dans l’amont -pendage. Ainsi , l’air frais venant de l’extérieur

suit le cours de la galerie n n', d’où il ne peut entrer dans les montées q,

fermées par des portes p; de là, il circule dans les voies d’airage o, o,

passe devant toutes les tailles r,r, puis enfin se rend dans la cheminée nd ,

où , sans cesse raréfié par le feu situé en d, il s’élève et sort de la mine,

emportant avec lui les gaz délétères.

Les ouvriers étant ainsi protégés contre l’eau et les gaz nuisibles, le remblaiement s’exécute comme nous l’avons vu , dans les tailles t, à mesure que l’arrachement de la houille s’y poursuit : la houille obtenue est transportée vers le puits a, par les montées ou galeries de roulage q, et ensuite par la galerie horizontale n ri , dont les portes p s’ouvrent et se referment facilement. Parvenue à la place d’assemblage C , la houille est chargée dans les tonnes d’extraction, et élevée jusqu’au jour, par le moyen d’une machine à molettes attelée de chevaux.

A Liège, on est dans l’usage de pratiquer le puits d’extraction a, Puits dcxinetioa. non pas suivant une même ligne verticale , mais en deux parties parallèles et situées à peu de distance l’une de l’autre : ainsi , la première partie du puits descend verticalement jusqu’à une certaine profondeur, où il se trouve une galerie de quelques toises qui conduit à la seconde partie : et celle-ci , qu’on distingue par le nom de bouxtai , descend verticalement depuis ce niveau jusqu'au fond des travaux. Le motif de cette disposition est le poids énorme de la quantité de houille dont on charge les tonnes d’extraction , ainsi que nous l'avons déjà remarqué: une seule machine , quoique attelée de neuf chevaux, ainsi que cela se voit souvent à Liège, ne suffirait pas pour élever une telle masse et la chaîne de fer à laquelle elle est suspendue, depuis le fond des travaux jusqu’au jour, qui en est souvent éloigné de plus de i oo toises.

Par ce motif, il existe ordinairement, à la surface du sol, auprès de

Exploitation l’orifice du puits d’extraction , deux semblables machines , pour chacune Pti desquelles deux chaînes de fer descendent verticalement dans la pre-

— — mière partie de ce puits , qui est le bure d'extraction proprement dit.

Parmi les quatre chaînes dont il vient d'être question, deux, en passant sur des rouleaux et des poulies disposés convenablement pour les recevoir dans la petite galerie qui sépare les deux portions du puits vertical, vont pendre au-dessous de cette galerie, dans le bouxtai. Ce sont ces deux chaînes qui, à l’aide de la machine d’extraction à laquelle elles appartiennent, élèvent les tonnes de houille depuis le fond des travaux jusqu’au niveau de la galerie mentionnée ci dessus : parvenue à cette hauteur, la tonne ascendante est suspendue sous un petit chariot que l’on fait glisser jusque sous le puits qui aboutit au jour; de là, elle est enlevée par les deux chaînes qui correspondent à la seconde machine d’extraction.

Arxl-ptndigc. Après avoir décrit les travaux de Y amonl-pendage , nous n’aurons à ajouter que peu de chose concernant ceux de Yaval-pendage , qui s’exécutent au-dessous du fond du puits a. Ici la vallée V a pour objet de remplacer le niveau de bure n n ; elle conduit aux tailles t' , t‘, avec lesquelles elle est mise en communication par le moyen des coistresses qui sont poussées horizontalement, suivant la direction de la couche. On pratique aussi , dans Y aval-pendage , des tailles qui descendent sur la couche, telles que t“.

Quand on travaille dans l'aval-pendage , il faut qu’une porte d’airage soit fermée à l’entrée de la galerie n n' , et qu’on tienne ouverte la porte d’airage p , qui se voit ,Jig. 8 , à l’entrée de la vallée V , tandis que les portes situées à l’entrée des coistresses jsont fermées; de cette manière , l’air venant de l’extérieur est toujours dirigé sur celui des deux pendages où l’exploitation a lieu.

Lacs souterrains. JJ seroit superflu de nous arrêter plus long-temps aux difficultés que présente l’épuisement des eaux dans Y aval -pend âge. Cette partie des travaux est destinée par l’usage , en cas d’affluence des eaux de l’amont, à recevoir l’inondation ; il en résulte qu’elle devient quelquefois un de ces lacs souterrains qui, sans cesse suspendus sur les exploitations voisines , menacent leur existence , comme l’ont prouvé de funestes catastrophes.

Quoique la méthode d’exploitation , qui est usitée dans le pays de Expioitation Liège, ait, avec celles que nous avons précédemment décrites, quelques traits de ressemblance qui nous ont déterminés à la classer dans — —

les ouvrages par massifs longs , elle présente cependant une différence qu’il est à propos de remarquer.

A Sarrebriick. et dans le pays de la Marck, les premières tailles pratiquées dans la couche , préparent, en quelque sorte, l’exploitation des massifs qui les séparent; mais à Liège, où le moindre ébouiement pour* roit causer l’inondation de la mine , en y faisant affluer les eaux accumulées dans les anciennes excavations dont elle est environnée de toutes parts , les massifs doivent presque toujours être respectés : ainsi , pour bien caractériser ce mode particulier d’exploitation , il faudrait peut-être Je nommer ouvrage par massifs longs réservés ou permanens.

Les tailles d’exploitation, établies entre ces massifs permanens, ne sont jamais poussées en avant sans que la partie de la couche où elles doivent pénétrer ait été préalablement reconnue par cinq trous de sonde; trois de ces trous, répartis sur le front d’une taille , sont dirigés comme elle; les deux autres, nommés pareusage, sont pratiqués obliquement dans les angles plans que forme le front de chaque taille avec les faces de deux massifs correspondans.

C’est ainsi que le mineur se tient continuellement en garde contre l'affluence des eaux accumulées dans ces lacs souterrains dont il a été fait mention ci-dessus , et qui , dans le pays, sont connus sous la dénomination de bains,

l,afg. de la pl. 29 représente un mode d’exploitation par lequel P»ysde Sitoum. on attaque, sur un grand espace à-Ia-fois , une couche de houille presque ^“rg‘ Pl’ horizontale et peu puissante. C’est un exemple tiré des mines d’Oberkirchen, dans le pays de Schaumbourg. (Voye^ tom. I." de la Richesse minérale , pag. 162 , et la carte pl. 1 , au nord de Hameln.)

Imaginons que , le plan X y Z & tournant autour de X y comme charnière , Z & se rapproche de l’œil du spectateur , jusqu’à ce que la couche de houille xyz & soit devant lui comme un pupitre foiblement incliné ( environ de $ degrés et j); alors la fig. ij fait voir la couche de houille que nous avons à considérer, coupée parallèlement à son mur. La puis-

F.vFLotTAnoN jance «Je cette couclie varie «Je 15424 pouces; quelquefois son irtcfi- Pl^jà )'™4|t«r na‘son indiquée ci-dessus augmente de plusieurs degrés, à cause des

dérangemens ou accideus de courte durée que présente la couche. Voici

comment s’opère habituellement l’exploitation d'un espace tel que

xyzSi:

Mode d’npioi On commence par foncer deux puits d’extraction n et b , et de l’un à l’autre on pratique une galerie horizontale, suivant la direction de la couche. Cette galerie est en communication avec une galerie d’écoulement, qui porte au dehors toutes les eaux de l’exploitation.

A partir de la galerie a b, on pratique les galeries Æ, / , m,n, et de proche en proche jusqu’en bd; ces galeries montent A-peu près suivant l’inclinaison de la couche. A l’extrémité de la première et de la dernière galerie montante , on fonce des puits c et <i : la libre circulation de l’air et la facilité de l’extraction se trouvent ainsi assurées. On pourroit, A la vérité, foncer les puits plus éloignés l’un de l’autre; mais l'espace qu’il faudroit alors faire parcourir à la houille, dans l’intérieur de la mine, en deviendroit plus long, ot par conséquent le transport exigeroit un plus grand nombre d’ouvriers, de sorte que les frais de roulage excéderoient ceux qu’entraîne le foncement des puits : joignez A cela que l’airage nécessiterait des dispositions coûteuses , si la distance d’un puits A l'autre étoit plus considérable que ne l'indique la fig. ij. Tels sont les motifs de ces dispositions préparatoires, qui dépendent des localités.

Les massifs de houille 1, 2, g , 4. jusqu’à 10, s’exploitent, A partir de la galerie et b, par la méthode connue sous le nom d’ouvrage h col tordu.

Devant chacun de ces massifs, quia 5 toises ou 10 mètres de largeur, sont placés deux ouvriers qui travaillent couchés sur le côté; chacun d’eux attaque la houille par une taille de 2 toises ~ de large , qu’il continue de bas en haut sur toute la longueur du massif, soutenant le toit derrière lui .avec des pièces de bois debout, dont la longueur varie de 1 5 à a4 pouces, comme la puissance de la couche, et dont le diamètre est d’environ trois pouces.

Le roulage de la houille obtenue s’opère dans des chariots A quatre roues , dits chiens de mine , par les galeries k, l , m , n ; la hauteur d’une telle galerie est de 4 pieds, «juoique la taille contiguc dans laquelle se

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